Gambie : Adama Barrow administre une cure d’austérité aux dépenses publiques

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(Crédits : DR)
Le président gambien a décidé une série de mesures d’austérités visant à réduire le train de vie de l’Etat afin de créer des marges pour le budget. Pour le budget 2019, ce n’est pas moins d’un milliard de Dalassi que vise à économiser le gouvernement gambien, qui se satisfait des perspectives de croissance du pays.

Cure d'austérité en vue en Gambie ! Le gouvernement du président Adama Barrow vient, en effet, d'annoncer des mesures de réduction de train de vie de l'Etat, qui seront mises en œuvre dès 2019. Le projet de loi des finances, actuellement en cours d'élaboration, va se traduire par une série de mesures fiscales mais aussi de réduction des dépenses publiques, pour permettre à l'Etat de dégager des marges de manœuvre budgétaires, qui seront réorientées vers des investissements socio-économiques.

Selon les explications données par le ministre des Finances, fMambury Njie, le gouvernement vise à économiser plus d'un milliard de Dalasi, la monnaie nationale, à travers une nouvelle discipline budgétaire et une prudence financière pour la gestion des affaires de l'Etat. Ainsi, le conseil des ministres, qui s'est réuni jeudi 8 novembre à la State House, a décidé, entres autres, un gel temporaire de tous les recrutements dans la fonction publique, « sauf en cas de nécessité extrême », mais également la limitation des déplacements des officiels. Au titre des mêmes mesures d'austérité, la réduction des achats de véhicules pour l'administration, ainsi que le contrôle de l'utilisation des moyens des services publics, afin notamment de rationaliser les dépenses de l'État. Dans le cadre des mesures destinées à la réduction des coûts de fonctionnement de l'Etat, le gouvernement a également annoncé, le déclassement ou la fermeture de certaines missions consulaires et ambassades gambiennes à l'étranger.

6,6% de croissance attendue en 2018

Le gouvernement gambien envisage également de maximiser ses revenus et ainsi minimiser les pertes et les évasions en matière d'entrée de devises pour le Trésor. Ainsi et pour ce faire, il a été ordonné qu'à compter de janvier 2019, aucun paiement en espèces ne serait autorisé pour tout ce qui est des paiements qui seront effectués par le Trésor public. Tous les paiements seront désormais effectués à travers les banques, après l'émission d'une facture en bonne et due forme, a expliqué le ministre des Finances, qui a annoncé une vaste opération de numérisation du système de paiement des impôts, taxes et autres redevances dus à l'Etat. « Les Gambiens ont pris cette initiative audacieuse, de voir un changement du mode de gestion de l'économie, et de la manière dont le pays est gouverné. Nous nous attendons à ce que cette initiative reflète le changement de système qui consiste à passer d'une économie monétaire à une économie numérique », a expliqué le ministre de l'information, Ebrima Sillah, à l'issue du Conseil. Selon le ministre, cela répond aux directives données par le tombeur de Jahya Jammeh, qui entend insuffler une nouvelle dynamique à l'économie du pays, afin notamment d'apporter des solutions concrètes des difficultés socioéconomiques de la Gambie.

Pour le gouvernement gambien, cette rationalisation des dépenses publiques va, en plus de donner un signal fort du régime, permettre une meilleure utilisation de finances publiques afin notamment d'accompagner la relance de l'économie gambienne. Cette dernière, selon le gouvernement, se porte bien et selon les prévisions, elle devrait connaître une croissance de 6,6% à la fin de 2018, après les 4,6% enregistré en 2017. Les perspectives sont notamment portées par le bon comportement du secteur agricole, d'une dynamique favorable pour le commerce, un secteur touristique qui se relève de plusieurs années de crise, ainsi que les mesures prises par le gouvernement pour promouvoir la bonne gouvernance. Des mesures qui ont contribué à renforcer la confiance dans l'économie, en plus d'améliorer le climat des affaires, a expliqué le gouvernement gambien.

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