Hydrocarbures : face à la charge de subvention, le Burkina rehausse les prix à la pompe

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(Crédits : Pixabay)
Le gouvernement burkinabé a procédé, jeudi 8 novembre, à un nouvel ajustement des prix des produits pétroliers. Ainsi, dès ce vendredi 9 novembre, les prix à la pompe du super et du gasoil ont augmenté de 75 Fcfa alors que celui du gaz reste inchangé. Pour les autorités, il s’agit de répercuter la hausse des cours sur les marchés internationaux afin notamment de faire face à la lourde facture des subventions publiques. Toutefois, la mesure risque d’engendrer une inflation des prix du transport et des denrées alimentaires.

Retour à la réalité pour les consommateurs burkinabés qui se sont réveillés ce vendredi 9 novembre avec une hausse de 75 Fcfa des prix à la pompe du super et du Gasoil. La mesure a été adoptée la veille par le Conseil des ministres, qui a été présidé par le premier ministre Paul Kaba Tchieba, et qui a maintenu inchangé le prix du gaz.

Cette hausse, selon les explications du gouvernement, fait suite au constat que le maintien des prix à la pompe comporte une subvention d'environ 58 Fcfa par litre de super 91, et atteint jusqu'à 64 Fcfa pour le gasoil. Au Burkina, les prix des produits pétroliers sont en effet arrêtés en fonction des cours du baril de Brent et du dollar US.

Avec l'envolée des cours des derniers mois sur les marchés, la facture des subventions publiques s'est également envolée. C'est près de 14 milliards Fcfa que l'Etat débourse chaque mois dont 8 milliards pour les subventions à la pompe, ce qui en plus de grever le budget, occasionne d'importants arriérés mettant en difficultés leur trésorerie, pour la Société national d'électricité (Sonabel), et celle des hydrocarbures (Sonabhy).

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C'est pourquoi, le gouvernement a décidé, sur la base d'un rapport relatif à la sécurisation de l'approvisionnement du Burkina Faso en hydrocarbures, d'un schéma d'apurement de la dette de l'Etat vis-à-vis de la Sonabel, de l'adoption d'un mécanisme de réajustement des prix des hydrocarbures à la pompe et de la décision d'augmenter les prix à la pompe. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Remis Fulgence Dandjinou, a rappelé, qu'en 2016, le gouvernement a baissé les prix de 50 Fcfa sur le litre, une baisse qui s'est ajouté à celle de 2015, alors que les prix au niveau international connaissaient déjà une légère hausse. « Le gouvernement espérait que cette hausse allait se ralentir pour qu'on ne soit pas obligé de faire cette péréquation », a expliqué Remis Dandjinou, à l'issue du conseil des ministres.

Facture salée

Selon les détails donnés par le porte-parole du gouvernement, la subvention de l'Etat est d'environ près 14 milliards Fcfa chaque mois, pour les prix à la pompe, le gaz domestique et la Sonabel qui produit l'électricité à partir des hydrocarbures. « Pour éviter que les variations au niveau international affectent le prix du KWH, le gouvernement a décidé de conserver la subvention au gaz, la subvention à la Sonabel, mais de réduire la subvention que nous apportons à la pompe », a expliqué Rémis Dandjinou, qui a fait cas du poids faramineux de la facture de ces subventions. « Aujourd'hui, nous devons à peu près 240 milliards Fcfa à la Sonabhy et les banques ne sont plus prêtes à prêter de l'argent à la Sonabhy pour acheter le carburant que nous allons consommer », a justifié le ministre, qui a imputé cette situation à l'envolée des cours sur les marchés internationaux.

« Il y a notamment une situation internationale que nous ne maîtrisons pas. Tous ces éléments font qu'il y a une envolée des prix qu'on ne peut plus soutenir. Mais le gouvernement a décidé de ne pas toucher au gaz et à la subvention au niveau de la Sonabel », a indiqué, Remis Fulgence Dandjinou, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement burkinabé.

Si le gouvernement du président Roch Marc Christiant Kaboré, ne manque pas d'arguments pour justifier sa décision, il reste que cette mesure risque de provoquer une hausse des prix des transports et aussi des produits de base. En mai 2016, à la suite de la réduction des prix à la pompe, le prix des tickets de transports a également connu baisse. Avec cette hausse, nul doute que les transporteurs vont aussi répercuter l'augmentation sur les tickets, une inflation qui va également concernées les autres produits de première nécessité comme l'anticipent déjà, certaines associations de consommateurs qui jugent, « la hausse excessive ».

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