Madagascar : le FMI décaisse 44,5 millions de dollars pour accompagner les réformes économiques

Le conseil d’administration du FMI a approuvé, mercredi 6 décembre, un décaissement de 44,5 millions de dollars en faveur de Madagascar. L’enveloppe s’inscrit dans le cadre du versement convenu dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) en vue d’accompagner la réforme de l’économie malgache.
(Crédits : Reuters)

La République de Madagascar a passé avec succès la deuxième revue du programme appuyé par une Facilité élargie du crédit (FEC) que le FMI lui a accordé en juillet 2016. Dans le même cadre et à la suite de l'évaluation, le FMI a estimé que le pays a continué de mettre en œuvre de manière solide son programme économique appuyé par la FEC. Le Conseil d'administration du Fonds a ainsi décidé, ce mercredi 6 décembre, un nouveau décaissement de 44,5 millions de dollars, ce qui porte à 174,1 millions de dollars le montant total des versements déjà approuvés pour le pays. «Madagascar a continué de mettre en œuvre de manière solide son programme économique appuyé par la FEC. Tous les critères de réalisation quantitatifs et tous les objectifs indicatifs ont été atteints à fin juin 2017, et le programme structurel progresse aussi», a ainsi souligné le FMI dans le communiqué qui a suivi la décision du Conseil.

Selon les détails sur la situation économique du pays, la reprise économique graduelle se poursuit, avec une croissance solide et une stabilité macroéconomique persistante, en dépit de la sécheresse et du cyclone qui ont frappé le pays au début de 2017. «Les résultats budgétaires ont été globalement conformes aux prévisions, la bonne tenue des recettes ayant compensé des dépenses imprévues en 2017», relève la même source en soutenant que «la politique monétaire et la politique de change ont permis de bien gérer les risques liés à l'évolution extérieure, et l'inflation a été stable en dépit de conditions climatiques défavorables».

Selon toujours le FMI, le solde des transactions extérieures courantes s'est affaibli en 2017 par rapport à 2016, en raison du déficit commercial. Cependant, le solde extérieur global est resté solide, car les transferts et les entrées de capitaux ont compensé dans une large mesure le déficit courant. En conséquence, l'ariary, la monnaie nationale, s'est apprécié légèrement en valeur effective réelle et la Banque centrale a accru sensiblement ses réserves de change pour les porter bien au-delà des objectifs fixés dans le programme, selon l'institution de Bretton Woods.

Des défis pour 2018

Sur la base des consultations et des échanges avec les autorités financières du pays lors de la mission à Antananarivo, le FMI a souligné que la loi de finances 2018 accompagne l'objectif principal du programme, à savoir une croissance vigoureuse et inclusive. «Une masse salariale plus élevée que prévu et la vigueur de l'ariary ont créé des pressions sur le financement» ont cependant noté les services du FMI pour qui, afin de faire face à ces pressions, tout en améliorant la composition des dépenses, «les autorités ont établi des mesures visant à limiter les dépenses moins prioritaires et à accroître les recettes, notamment en relevant les taxes sur les carburants». Les dépenses d'investissement financées sur ressources intérieures ou extérieures devraient augmenter fortement selon les prévisions, même si elles vont demeurer inférieures aux objectifs fixés en raison des contraintes en termes de capacités.

Pour le FMI, les principaux objectifs de la politique budgétaire à moyen terme consistent à accroître régulièrement les recettes, à réduire progressivement les transferts à la JIRAMA, la société publique d'électricité en pleines turbulences, ainsi qu'à augmenter l'investissement public. «Les autorités devraient veiller à ce que les incitations fiscales qu'elles envisagent d'offrir ont un bon rapport coût-efficacité et ne mettent pas en danger les objectifs fondamentaux du programme en ce qui concerne les recettes et l'investissement public», a aussi recommandé le Fonds.

Les autorités malgaches ont également été invitées à continuer leurs efforts visant à améliorer la gouvernance et à intensifier la lutte contre la corruption.

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