Formation professionnelle : une alliance africaine pour relever les défis actuels du Continent

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La marocaine Loubna Tricha, directrice générale de l'OFPPT, a été élue à la tête de l'Alliance africaine de développement de la formation professionnelle (ADEFOP), qui compte 20 pays membres.
La marocaine Loubna Tricha, directrice générale de l'OFPPT, a été élue à la tête de l'Alliance africaine de développement de la formation professionnelle (ADEFOP), qui compte 20 pays membres. (Crédits : DR)
La capitale économique du Maroc a accueilli, le vendredi 21 juin, la première édition du Sommet africain de la formation professionnelle, à l’initiative de l’Alliance africaine pour le développement de la formation professionnelle. Plus d’une vingtaine de pays du continent ont répondu présent à l’évènement au cours duquel, un plan d’action a été mis en place afin de prendre en charge les défis de la formation des compétences et de l’employabilité des jeunes, à travers une vision commune africaine.

« Même si elle n'est pas l'unique solution, la formation professionnelle en réelle adéquation avec les besoins du marché, est l'une des voies à prioriser pour anticiper un scénario inquiétant du chômage des jeunes et renforcer la compétitivité des économies africaines ». C'est en terme que le ministre marocain de l'Enseignement supérieur et de la formation professionnelle, Said Amzazi, a contextualisé les enjeux de la formation professionnelle en Afrique, un secteur qui a été longtemps considérée comme le parent du développement du capital humain en Afrique.

Le ministre marocain intervenait à l'occasion de l'ouverture, vendredi 21 juin à Casablanca, du premier Sommet de la formation professionnelle en Afrique, une rencontre qui a été organisée par l'Alliance Africaine pour le développement de la formation professionnelle (ADEFOP), l'Office marocain de la formation professionnelle et la promotion des compétences, ainsi (OFPPT), en partenariat avec la Banque islamique de développement (BID). Pour cette première édition, le sommet a réuni les représentants de plus d'une vingtaine de pays africains ainsi que des experts internationaux, qui ont participé d'abord à l'assemblée générale de l'Alliance, le jeudi 21 juin dans la capitale économique du royaume, ainsi qu'au Sommet de la formation professionnelle, qui a été rehaussé par la présence d'une dizaine de ministres ainsi que de hauts responsables en charge de la promotion des compétences.

Au menu du Sommet, il s'agissait pour les pays membres de l'Alliance africaine d'examiner et d'échanger sur les enjeux de la gouvernance de la formation professionnelle en Afrique, ainsi que sa valeur ajoutée sur le renforcement du capital humain en Afrique, à travers une vision africaine commune, comme l'a mis en avant le ministre Said Amzazi. Selon le ministre marocain, qui est par ailleurs président du Conseil d'administration de l'Alliance, les enjeux sont des plus stratégiques pour le Continent avec l'arrivée en masse des jeunes sur le marché du travail, qui s'accompagne d'une main d'œuvre peu qualifié pour les besoins des économies africaines. De quoi amplifier les inquiétudes sur l'explosion du chômage des jeunes en Afrique, et c'est pour cette raison que plusieurs pays ont pris les devants en mettant en place des stratégies publiques et volontaristes, afin de prendre en charge ces défis. C'est le cas du Maroc, a indiqué le ministre marocain, qui a pris comme exemple, la réforme initiée sous l'impulsion du roi Mohammed VI, « qui s'est personnellement investi dans l'élaboration d'une feuille de route pour la formation professionnelle au Maroc ».

Selon les grands axes de cette nouvelle stratégie marocaine que le responsable marocain, les priorités sont d'identifier les gisements d'embauches, de mettre en place les filières adaptées notamment en milieu rural, « sans quoi, les jeunes vont venir grossir les rangs des chômeurs urbains », a indiqué le ministre Amzazi. Il a rappelé à l'occasion, la volonté du Maroc a partagé son expérience avec les autres pays africains, dans le cadre de la vision sud-sud prônée par le roi Mohammed VI, et qui s'est déjà traduite par plusieurs actions concrètes dont les plus visibles sont la construction par le Maroc de plusieurs centres de formation professionnelle et cités des métiers en Afrique, ainsi que l'accueil depuis des années, des stagiaires dans les instituts et écoles marocaines.

« La formation professionnelle sensée incarnée, le par excellence de l'employabilité des jeunes, n'a pas véritablement ses promesses. C'est pourtant un véritable levier de compétitivité et de l'insertion des jeunes, et des success stories existent comme le démontre plusieurs expériences menées par certains pays dont le Maroc. Alors pourquoi pas les généraliser et ainsi promouvoir la formation professionnelle à travers une vision commune africaine ? », a plaidé Said Amzazi, le ministre marocain de l'Enseignement supérieur et de la formation professionnelle.

Lire aussi : Le chômage des jeunes en Afrique, la bombe à retardement prête à exploser

Vision africaine commune

Une vision commune africaine pour le développement de la formation professionnelle, c'est justement ce qui a présidé à la création, en 2017, d'une alliance par 15 pays du Continent. « Le développement de la formation professionnelle est un sujet d'intérêt commun, et d'importance stratégique pour nos pays, dans un contexte marqué par des économies qui font face à de nouveaux défis », a indiqué Loubna Tricha, directrice générale de l'OFPPT, et qui a été élu la veille au cours d'une assemblée générale, à la tête de l'Alliance africaine pour le développement de la formation professionnelle.

Au cours des échanges ainsi que des débats, les participants ont tous tenu à saluer cette initiative portée par le Maroc, pour « une stratégie d'ensemble face à ces défis communs », comme l'a souligné le ministre du Niger de la Formation professionnelle et technique, Tidjani Abdoulkadri, qui a également mis en avant les résultats obtenus par son pays ainsi que grâce avec la coopération avec certains partenaires comme le Maroc. « Il est vrai que chaque pays a ses spécificités en raison notamment de ses relais de croissance, mais les défis de l'emploi des jeunes et de la formation d'une main d'œuvre qualifiée et adaptée aux besoins de nos économies, sont les mêmes partout en Afrique », a aussi estimé, Toumani Baldé, ministre de la Formation professionnelle de la Guinée Bissau, dans un entretien à LTA.

Le sommet a été marqué par des panels sur la gouvernance du secteur, la veille et l'anticipation ainsi que l'ingénierie en matière de formation professionnelle, mais aussi la problématique de la certification. Le Sommet a été sanctionné par une déclaration ainsi que des recommandations, qui viennent s'ajouter au Plan d'action 2019-2021 de l'Alliance qui a été adoptée par l'Assemblée générale. Il convient de noter qu'en marge des deux événements, cinq nouveaux pays ont fait leur entrée en qualité de membre statutaire de l'Alliance du développement de la formation professionnelle du Maroc, ce qui porte à 20, les pays qui se sont greffés à cette initiative africaine qui est destinée à prendre en charge et à apporter des solutions africaines à des problématiques africaines, particulièrement dans le domaine de la promotion des compétences.

Pays membres de l'ADEFOP : Maroc, le Bénin, le Burkina-Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, Djibouti, le Gabon, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad, Togo, Ghana, Soudan du Sud, Centrafrique, Congo Brazzaville et Madagascar.

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