BEAC : Lumière sur Abbas Mahamat Tolli, le prochain gouverneur

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(Crédits : Afrique Entreprise)
Dans trois mois, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) changera d’équipe dirigeante. A sa tête siègera désormais le Tchadien Abbas Mahamat Tolli qui succédera ainsi à l’Equato-guinéen Lucas Abaga Nchama. Qui est donc cet habitué des hautes fonctions financières ?

N'jamena l'a proposé pour le prochain mandat de gouvernance de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) et les chefs d'Etats de la sous-région ont validé sa candidature le 30 juillet dernier lors d'une conférence extraordinaire à Malabo. Abbas Mahamat Tolli prendra ses fonctions de gouverneur de la banque sous-régionale en janvier 2017 et sa nomination officielle n'est plus qu'une simple formalité.

Abbas Muhamat Tolli, prochain gouverneur de la BEAC dont le siège est à Yaoundé (Cameroun).

Né en avril 1972 à Abéché à l'Est du Tchad, Abbas Mahamat Tolli affiche un parcours bien fourni. Après un Bachelor en Administration des Affaires de l'Université de Québec, il a occupé plusieurs hautes fonctions dans son pays. D'abord directeur des Douanes et droits indirects, il passe par la direction du Cabinet civil du président Idriss Deby Itno, avant de devenir entre 2005 et 2008 ministre des Finances du Tchad. Après une brève expérience de ministre des infrastructures et des équipements, il est, pendant trois ans, secrétaire général de la Commission bancaire d'Afrique centrale (COBAC), avant sa nomination en 2015 à la présidence de la Banque de développement des Etats de l'Afrique Centrale (BDEAC).

Challenge

Fils de la sœur aînée du président tchadien, Abbas Mahamat Tolli est souvent taxé de produit du népotisme. Mais ceux qui le connaissent rejettent de telles allégations. « Il faut arrêter avec le délit de parenté. Plus que tout, son intelligence et son management collaboratif le qualifient pour le poste [de gouverneur de la BEAC] », déclarait récemment à Jeune Afrique Rigobert Roger Andely, ancien ministre congolais de l'Économie et ex-vice-gouverneur de la BEAC, qui a côtoyé le nouveau gouverneur de l'institution sous-régionale.

Dans tous les cas, une chose est certaine, Abbas Mahamat Tolli -qui sera secondé par le Camerounais Evou Mekou- a du pain sur la planche. Il devra relever le défi de maintenir la BEAC en bonne santé financière après le travail abattu par son prédécesseur l'Equato-guinéen Lucas Abaga Nchama.

Alors que ce dernier prenait les rênes de la banque sous-régionale en janvier 2010, l'institution de Yaoundé allait mal, éclaboussée par de nombreux scandales financiers. Mais quatre ans après sa prise de fonction, les retombées positives des mesures prises par Lucas Abaga Nchama commençaient déjà se faire ressentir. « Je suis très heureux. Beaucoup de gens le reconnaissent, la banque a retrouvé sa crédibilité », déclarait-il dans une interview accordée à Africa 24 en février 2014, soulignant qu'avec son équipe, il menait des actions de « redressement », dans le but de « hisser [la BEAC] au niveau des meilleures pratiques des banques centrales modernes ». A fin 2015, la bonne santé de la BEAC s'est confirmée avec un résultat net record de 160,7 milliards de francs CFA, soit le sextuple des 25,1 milliards dégagés au terme de l'exercice précédent. Abbas Mahamat Tolli devra pérenniser cette dynamique et s'attaquer aux dossiers chauds, notamment en ce qui concerne le débat sur le Franc CFA qui prend de plus en plus d'ampleur...

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