Entrepreneurs : Dominique Siby, un outsider dans la cour des grands

 |   |  909  mots
(Crédits : Felio Siby)
Décrit par Forbes comme l'un des entrepreneurs les plus prometteurs de Miami, le gabonais Dominique Siby chemine en grand dans le très sélect marché mondial du luxe, avec sa marque Felio Siby. L'un des sponsors les plus en vue de Formule 1, sa marque réussit le pari d'adoption en Amérique, en Europe et surtout en Afrique.

« Depuis que j'ai commencé, je sais ce que je veux faire et je sais où je vais. Je me suis construit un plan bien précis que je suis », assure Dominique Siby. C'est donc suivant méticuleusement son « plan » que le jeune entrepreneur né et élevé au Gabon a réussi à distinguer sa marque de luxe. Baptisée Felio Siby en hommage à son défunt père avec qui il portait le projet d'investir dans ce secteur, la marque est apposée sur toutes les créations que propose la société éponyme : de la maroquinerie constituée de sacs de voyage pour hommes, des sacs à main pour femme et divers accessoires dont la fourchette de prix est établie entre 2 000 dollars et 50 000 dollars l'unité ; l'horlogerie masculine lancée il y a deux ans et commercialisée entre 80 000 dollars et 200 000 dollars la pièce.

Choix stratégiques

« Felio Siby s'adresse aux personnes qui ont déjà toutes les marques et qui veulent s'offrir ce que les autres n'ont pas, voire, ce qu'elles seront seules à posséder », explique l'entrepreneur. A 95% faite à la main, sa production est en effet constituée d'une large gamme de pièces uniques. Parti pour ne produire que pour la gent masculine, il s'est retrouvé à confectionner du féminin suite aux demandes récurrentes de son entourage. « Aujourd'hui, Felio Siby est une marque mixte », se réjouit-il.

Basée à Miami aux Etats-Unis, l'entreprise fabrique sa maroquinerie en Italie et son horlogerie en Suisse, grâce à des partenariats avec des firmes locales.

« Je pars du principe qu'on ne peut prétendre faire du luxe et produire en Chine », estime Siby.

Au début de son aventure il y a quatre ans, l'homme d'affaires produisait aux Etats-Unis. « Mais quand on voit la qualité du savoir-faire italien, poursuit-il, on ne peut pas trouver mieux. Des sacs en peaux de crocodile incrustés de diamants ou imprégnés de 24 carats de poussière d'or, c'est exceptionnel !».

Un des sponsors phares en formule 1

La marque prend définitivement son envol en 2016, lorsqu'elle devient le sponsor officiel du coureur brésilien de Formule 1 Felipe Nasr et de l'écurie anglaise Sahara Force India. Pour cette dernière, l'événement a été célébré en grande pompe sur un yacht à Monaco en présence du gotha du sport business. Des contrats toujours en cours que Siby a réussi à dénicher grâce à ses « réseaux ».

Siby et la Formule 1

Il a également sponsorisé deux tennismans dont le tchèque Tomas Berdych lorsque celui-ci figurait dans le top 10 mondial. « Toutes ces collaborations m'ont ouvert beaucoup de portes », confie le businessman qui « ne pense pas » qu'il aurait eu les mêmes résultats s'il n'avait pas choisi le truchement du sport le plus cher au monde pour faire connaitre sa marque.

Très vite, il s'est attiré les projecteurs de la télévision et la presse américaines. Le magazine Forbes le présente même comme l'un des entrepreneurs les plus prometteurs de Miami. Actuellement, sa clientèle -constituée non seulement de sportif, mais aussi d'hommes d'affaires et de personnes fortunées- réside en Amérique, en Europe, et en Afrique. Jusqu'à l'année dernière, ces derniers pouvaient se rendre dans ses boutiques sur la célèbre avenue de Miami. « Je les ai fermées, car elles se sont avérées non stratégiques pour moi. Je me suis tout simplement rendu compte que les ventes hors magasin étaient beaucoup plus importantes ».

Sa plus grosse vente réalisée en Afrique !

Siby a donc recentré sa stratégie commerciale depuis un an, écoulant exclusivement sa marchandise par internet ou au sein de son réseau, qu'il continue d'étoffer en bon diplômé en relations internationales. L'entrepreneur reconnait également le coup de pouce des réseaux sociaux qui lui ont récemment permis, à titre d'exemple, de livrer à un Israélien qui avait découvert la marque sur internet. « Nous pouvons nous déplacer n'importe où dans le monde pour livrer à un client demandeur de certaines pièces. Nous le faisons pour la clientèle russe à Londres et en Afrique », explique-t-il.

Sur le Continent, quelques pays reviennent dans son portefeuille clients : Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun et Angola. Si l'homme d'affaires se veut discret sur son chiffre d'affaires, il admet toutefois le marché juteux.

« Depuis que Felio Siby existe, ma plus grosse vente a été réalisée en Afrique », confie l'entrepreneur tenue par une clause de confidentialité sur l'identité du pays. Toutefois, ajoute-t-il, « la commande concernait quelques sacs de plus de 30 000 dollars la pièces ».

Dominique Siby

Le marché est donc bel et bien là en Afrique. « Les Africains aiment se faire plaisir et dépensent beaucoup d'argent dans le luxe », fait remarquer l'homme d'affaires, rappelant les 4 milliards de dollars générés chaque année par le secteur. Siby déplore cependant qu'en dépit de cette appétence des fortunés du Continent pour le luxe, il y ait encore très peu de marques africaines qui arrivent à se creuser un sillon considérable sur ce marché. Chez Felio Siby en tout cas, « 2018 est l'année de l'Afrique ! ».

Le businessman est en train de mettre en place une stratégie qui lui permettra d'agrandir son portefeuille client sur le continent. En ligne de mire, le Nigeria, pour sa brochette fournie de milliardaires et millionnaires. Son rêve ultime, arriver un jour à produire en Afrique pour sa clientèle mondiale.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :