Forum Europe-Afrique : coopération sur fond de nouvel échiquier mondial, le regard des champions

L’apport du secteur privé au développement des économies n’a jamais autant fait l’unanimité qu’aujourd’hui. Dans un contexte mondial fait de crises, mais aussi de changements géostratégiques, les champions d’Europe et d’Afrique ont leur idée du sens qu’ils souhaitent donner à la coopération entre les deux continents.

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(Crédits : LTA)

Intitulé : « le nouvel échiquier mondial : les champions Europe-Afrique », la troisième table-ronde du Forum-Europe Afrique a été l'occasion d'entendre les chefs d'entreprises sur la manière dont ils conçoivent la coopération entre les deux continents aujourd'hui, après un passé souvent critiqué et un contexte planétaire animé par diverses crises, mais aussi des changements géostratégiques où les pays africains (aussi) cherchent à se positionner dans le concert des nations.

Ainsi pour Mossadeck Bally -entrepreneur malien et fondateur et président d'Azalai Hotels Group, la coopération économique entre l'Europe et l'Afrique devrait de plus en plus être centrée sur le déploiement des petites et moyennes entreprises afin de contribuer à l'un des grands défis du continent : l'emploi des jeunes. Cela permettrait également avec les anciennes pratiques. « Le continent africain ne peut pas se développer avec le modèle de coopération selon lequel les matières premières sont extraites et exportées à l'état brut. Ce n'est plus possible. Il faudrait que nos partenaires investissent massivement dans l'appareil productif en Afrique », a déclaré l'opérateur hôtelier malien, partageant son expérience dans la sous-région ouest-africaine où son groupe a créé près de 4000 emplois directs et indirects.

« Il faut que l'UE ouvre son marché de + 500 millions de consommateurs aux produits africains »

Alors qu'une partie des investisseurs européens en Afrique attendent de voir ce que donnera la renégociation des Accords de partenariat économique (APE) souvent critiqués sur le continent pour ne pas forcément répondre à une logique gagnant-gagnant, Jérôme Fabre, président exécutif de Compagnie Fruitière, a poussé la réflexion. « Il faut envisager un partenariat privilégié entre l'Afrique et l'UE. Si l'UE veut véritablement donner sa chance à l'Afrique, il faut que l'UE ouvre son marché de + 500 millions de consommateurs aux produits africains », a-t-il déclaré. Ce Marseillais qui chapeaute l'entreprise active en Afrique depuis 80 ans, se dit « convaincu » que les exportations de fruits africains vers l'UE n'auraient pu continuer sans les exonérations d'impôt prévues par les APE. Il prône la nécessité d'« un partenariat privilégié » entre l'Europe et l'Afrique.

« L'Afrique est un continent essentiel et stratégique », a insisté Patrice Bergamini, Vice-Président Affaires publiques et contrats gouvernementaux de CMA CGM Group.

De son côté, la métropole de Marseille, hôte de l'événement, a accompagné plusieurs projets de coopération qui ont favorisé l'investissement de plusieurs PME africaines dans la ville française. Jean Luc Chauvin, président de la CCI_Aix-Marseille-Provence, est ferme à ce sujet. « Si nous travaillons ensemble, si nous structurons les économies, si nous faisons grandir les PME, c'est à la fois pour que les PME marseillaises créent des partenariats gagnant-gagnant pour aller sur le continent africain pour travailler, développer, former, mais aussi pour que les PME africaines viennent ici travailler et développer leur business », a-t-il expliqué. Et d'ajouter : « Il faut vraiment établir une coopération à double sens ».

Préparer demain

Pour Jean-Yves Kotto, Directeur Afrique d'Intelcia, l'engagement du secteur privé dans la coopération économique devrait mettre un accent sur l de la jeunesse. « Cette jeunesse est la plus grosse richesse de l'Afrique. Il faut la former durablement, efficacement, et l'orienter vers les métiers de l'avenir », afin que le continent africain puisse trouver sa place aux côtés des autres régions du monde à mesure les évolutions sociétales et économiques se construisent, a-t-il expliqué.

Cette jeunesse était représentée sur le panel par Selena Souah, entrepreneure de 29 ans qui a élu domicile au Rwanda pour lancer son projet Tech. Elle vient d'obtenir une licence télécoms dans le pays et relève « la chance » qu'ont les jeunes entreprises -d'où qu'elles viennent- d'évoluer dans des environnements d'affaires aussi ouverts en Afrique.

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