[Afrique-France] Des hommes de réseau (3/12) Stève Gentili : Le précurseur de la francophonie des affaires

 |   |  478  mots
(Crédits : DR)
C'est surtout en coulisses que Steve Gentili opère, et le tableau de chasse -discret- de ses réalisations au cours des deux décennies passées est impressionnant. Il sera ainsi celui qui mettra sur rampe de lancement un certain Yayi Boni, bien avant son élection à la tête du Bénin...

Du haut de son bureau spartiate au dernier étage de la tour de la BRED-Banque populaire quai de la Rapée, où il ne s'autorise comme décorations que quelques masques bantous et un buste de Napoléon, Stève Gentili a mis en place au cours des vingt dernières années un réseau panafricain atypique. A ce titre, il reçoit, consulte, irrigue de ses conseils tout ce que l'Afrique compte comme capitaines d'industrie, politiques ou membres de la société civile qui se rendent régulièrement pour deviser avec celui qui est également le patron du Forum francophone des Affaires (FFA), un réseau qui accompagne les entreprises en français à l'international.

Depuis sa création en 1987, le FFA, présent dans les 77 pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sur tous les continents, a pour ambition de fédérer les acteurs économiques autour de sujets d'intérêts communs. C'est sous son égide que se tiennent depuis plusieurs années les Assises de la Francophonie économique, le Prix du livre économique ainsi que les Forums économiques francophones. Des manifestations destinées -officiellement- à faciliter les échanges et à promouvoir les affaires entre les opérateurs économiques, qui font de Stève Gentili et du FFA une plaque tournante de la francophonie économique.

Lire aussi : [Afrique-France] Des hommes de réseau (1/12) Franck Paris : l'homme du « nouveau paradigme »

Mais c'est surtout en coulisses que Gentili opère, et le tableau de chasse -discret- de ses réalisations au cours des deux décennies passées est impressionnant. Il sera ainsi celui qui mettra sur rampe de lancement un certain Yayi Boni, bien avant son élection à la tête du Bénin, en ouvrant les portes de l'Élysée à celui qui dirigeait alors une banque régionale, la BCEAO. Il récidivera peu après en introduisant au Tout-Paris un opposant nigérien du nom de Mahamadou Issoufou...

La force du « système Gentili » repose sur un principe simple : jamais d'intermédiation. Si l'homme se retrouve mécaniquement au cœur des grands deals du Continent en sa double qualité de patron de la BRED et du FFA, il a toujours refusé de jouer les intermédiaires, ce qui lui confère la force du « prestige moral » au sein d'un écosystème souvent miné par des affairistes. Réputé d'une loyauté sans faille à l'endroit de ses amis, très bien introduit dans les réseaux de droite et au sein du « clan corse » de l'appareil d'État et de renseignement français, il est également apprécié pour sa modération et sa capacité à jouer les médiateurs -toujours avec une discrétion à toute épreuve- dans certains conflits entre gouvernements africains et grandes entreprises françaises.

>>> Première partie de notre dossier spécial Afrique-France : LES FAISEURS DE PONTS

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :