Togo : le gouvernement marche sur la manifestation de l'opposition

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(Crédits : Reuters)
Annoncée en réponse « au refus du gouvernement d'arrêter le processus électoral », la manifestation de la coalition de l'opposition ce mercredi 11 avril n'a pas pu se dérouler. Les militants attendus aux points de rencontre dès le matin déjà par les forces de sécurité, ont été accueillis par une pluie de gaz lacrymogènes engendrant une débandade dans la capitale et occasion une trentaine de blessés.

C'était la course-poursuite à Lomé et dans quelques autres villes togolaises ce mercredi 11 avril. Les militants de l'opposition, appelés par leurs leaders à sortir massivement dans la rue pour protester contre le gouvernement, ont été cueillis à froid par les forces de l'ordre mobilisées par l'autorité.

A Lomé, dans la capitale togolaise, ces dernières ont très tôt assiégé les points de départ et de chute de la manifestation de la Coalition. Elles ont dispersé toute tentative de rassemblement à coup de bâtons et de gaz lacrymogènes. Même les leaders de la coalition qui tentaient de rejoindre le point de départ de la Plage ont été accueillis à coup de gaz lacrymogènes.

Une seconde tentative pour rallier un autre point de départ n'a pas été plus chanceuse pour eux. Dans les villes de l'intérieur du pays comme Kpalimé, le même scénario s'est reproduit avec des échauffourées qui ont eu lieu entre les forces de sécurité et les manifestants qui ont dressé des barricades et brûlé des pneus sur les routes. « Ils ont tiré sur nous les leaders de l'opposition à la plage devant Santa Maria, à Totsi devant le domicile d'Adébayor ; puis à Adidogomé rond-point Ave Maria, alors que nous ne faisons qu'exercer notre droit constitutionnel », s'est indigné Brigitte Adjamagbo-Jonhson, la coordinatrice de la coalition de l'opposition lors d'un point de presse en fin d'après-midi au siège de la coalition à Lomé. Selon elle, la répression a fait 25 blessés au total et plusieurs arrestations et des dégâts matériels. « La coalition va porter plainte contre les auteurs de la barbarie d'aujourd'hui », a indiqué la responsable politique.

Interdiction formelle

Du côté du gouvernement, cette répression n'est qu'un devoir accompli de la part des forces de sécurité. Déjà la semaine dernière, alors que la coalition avait écrit au gouvernement pour l'informer de la tenue les 11, 12 et 14 avril 2018 comme la loi l'indiquait, le gouvernement a répondu en interdisant les manifestations.

Le pouvoir a expliqué qu'il ne laisserait pas faire l'opposition en raison des engagements qu'elle a pris devant le médiateur de la crise, Nana Akufo-Addo, de suspendre des manifestations pendant la durée du dialogue. En contrepartie de cet engagement, le gouvernement aussi devrait suspendre les préparatifs des élections législatives. Une promesse qu'il peine à tenir, selon l'opposition, qui a surpris un courrier du ministre de l'administration territorial demandant aux préfets d'envoyer des noms pour les commissions électorales locales indépendantes (CELI).

C'est suite à cela que la coalition a fait constater une violation de l'accord et a appelé à mobilisation de la rue. Malgré ce qui s'est passé la veille, la coalition de l'opposition veut maintenir son programme. « Nous n'allons pas nous soumettre à leur interdiction. Nous allons toujours manifester », a déclaré Jean-Pierre Fabre, le chef de file de l'opposition qui a dénoncé « une tentative d'assassinat ».

« Un coup isolé n'arrête jamais le combat. Ils ont voulu m'avoir. Ils ne m'ont pas eu. On ne tire jamais sur un buffle quand on pas sûr de le tuer. La lutte continue demain, la résistance continue. Tous dans la rue jeudi », a renchérit Brigitte Adjamagbo-Johnson qui est allée jusqu'à citer quelques phrase de l'hymne du pays. Des mots qui sonnent comme une déclaration de guerre. Avec ces derniers développements, c'est le président ghanéen, médiateur dans la crise qui doit être embarrassé. Une chose est sûre, il sera désormais bien plus difficile encore de pouvoir réunir les protagonistes. « Ce qui s'est passé aujourd'hui ne peut manquer d'avoir des suites sur les discussions », a prévenu Jean-Pierre Fabre

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