Togo  : Nana Akufo-Addo a reçu l'opposition togolaise à Accra

 |   |  569  mots
(Crédits : DR)
Invitée en marge de la célébration de l'indépendance, une délégation de la coalition des 14 partis politiques de l'opposition au Togo a été reçue ce mardi par le médiateur de la crise politique le président ghanéen Nana Akufo-Addo à Accra. Une rencontre qui a été précédée par un bref échange avec le président nigérian Muhammadu Buhari toujours en présence de Nana Akufo-Addo. Même si à Lomé on attend encore le contenu concret des échanges, on sait néanmoins que les débats ont vraisemblablement porté sur la suite du dialogue.

Ce mardi 6 mars 2017, au Ghana, le président Nana Akufo-Addo a reçu une délégation de la coalition des 14 partis politiques de l'opposition togolaise. Les deux parties ont échangé sur la suite du dialogue politique entre l'opposition et la majorité présidentielle, interrompu le 23 février dernier et reporté sine die. Il s'agit déjà du troisième déplacement à Accra de l'opposition togolaise depuis le début de la crise, après ceux du 29 décembre 2017 et du 15 janvier 2018.

Lundi soir, à l'annonce du voyage, aucun détail n'a filtré sur le motif du déplacement. La presse a dû se contenter d'une réponse laconique du chargé à la communication de la coalition, Eric Dupuy qui a mis ce déplacement sur le coup d'une ''consultation'' du président ghanéen afin de mieux réussir le dialogue engagé. La rencontre s'inscrit dans le cadre d'une promesse du président ghanéen le 23 février dernier, de recevoir séparément à dans la capitale ghanéenne Accra, chacune des parties, vu les positions très tranchées sur la question du retour à la constitution de 1992, revendiquée par l'opposition.

Mais ce n'est pas la seule audience qu'a eue l'opposition au Ghana. Peu avant de rencontrer le président ghanéen, la délégation a pu rencontrer le président nigérian invité d'honneur de la commémoration de l'indépendance du Ghana. Dans son allocution circonstancielle, après ses déclarations qui ont fait écho à Lomé, Muhammadu Buhari a appelé les parties à s'entendre. « J'appelle les parties en conflit à véritablement, s'asseoir pour aplanir leur divergence et permettre au Togo d'avancer vers le développement », a exhorté le chef d'Etat nigérian, tout en félicitant son homologue ghanéen pour tous ses efforts dans sa médiation.

Une rencontre qui tombe à pic

Cette rencontre avec le médiateur arrive au bon moment, pourrait-on dire. A Lomé, les esprits ne semblent pas actuellement sereins. Sur le terrain, l'opposition accuse Lomé II d'avoir ''violé'' les accords acquis avant le dialogue à travers les dernières décisions.

En effet, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 février, des militaires ont été débarqués et ont violenté les populations de Kparatao, village d'origine du président du Parti National Panafricain (PNP), Tikpi Atchadam. En dehors de cette descente militaire, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dont les activités devraient être suspendue selon les accords, a procédé le 1er mars dernier, à la nomination des présidents des Commissions électorales locales indépendantes (CELI). Ceci « montre la volonté du gouvernement de continuer à conduire de manière solitaire et unilatérale le processus électoral, malgré la demande contraire émise par le dialogue... Cette posture constitue une rupture flagrante et inacceptable avec les engagements pris par le régime dans le cadre des mesures d'apaisement », s'est indigné l'opposition qui a ensuite annoncé des manifestations. « Nous avons décidé de reprendre nos manifestations la semaine prochaine pour quatre jours : mardi, mercredi, jeudi et samedi, le gouvernement n'ayant pas honoré son engagement de surseoir à la poursuite unilatérale du processus électoral qui va conduire aux prochaines élections », a expliqué Eric Dupuy à l'AFP, indiquant son indignation. Quant au gouvernement il a répondu assurant que les manifestations restaient interdites dans les villes de l'intérieur telles que Sokodé, Bafilo et Mango, ''tant que ces armes'' perdues ''ne rentrent pas à la maison''.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :