Togo : une nouvelle marche de l'opposition dispersée par les forces de l'ordre

Le second jour de la marche de l'opposition au Togo pour exiger des réformes constitutionnelles et le départ du chef de l'Etat n'a pas eu l'effet escompté. Les partisans de l'opposition ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes après avoir décidé de quitter l'itinéraire de la marche décidé de concert avec les autorités.
A Lomé, la capitale togolaise, de nouvelles manifestations de l'opposition ont été observées dès ce mercredi et devraient se poursuivre jusqu'à ce samedi 30 décembre.
A Lomé, la capitale togolaise, de nouvelles manifestations de l'opposition ont été observées dès ce mercredi et devraient se poursuivre jusqu'à ce samedi 30 décembre. (Crédits : Reuters)

C'était la débandade ce jeudi 28 décembre à Déckon, au cœur de Lomé, la capitale togolaise. Il fallait courir pour éviter les gaz lacrymogènes. Organisée pour la deuxième fois en deux jours par l'opposition, la marche de l'opposition a été dispersée par les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. Le gouvernement justifie son intervention par une sortie de l'itinéraire qui avait été décidé la veille de la manifestation.

Initialement prévue pour échouer à la plage en face de l'hôtel Santa Maria, la marche de ce jeudi, comme celle de la veille, s'est arrêtée à Déckon, le carrefour commercial de la capitale. Le ministre togolais de la Sécurité et de la protection, le lieutenant-colonel Damehame Yark, a indiqué que la gendarmerie a été obligée de prendre le contrôle parce que les organisateurs n'avaient pas «respecté les clauses des rencontres préparatoires de ces marches».

«Il n'était pas question de faire un meeting à Déckon, car c'est un centre commercial où certains compatriotes font leurs affaires», a déclaré le ministre, ajoutant par la même occasion qu'un parti politique -dont il n'a pas donné le nom- a demandé à ses militants, lors de sa réunion hebdomadaire, de sortir de l'itinéraire.

Le responsable sécuritaire est allé jusqu'à assimiler cette décision de «comportement criminel». «Ils [les responsables des partis politiques, NDLR] ne peuvent pas rester derrière et demander aux jeunes d'avancer ... Le gouvernement n'a aucune intention d'empêcher les manifestations», a ajouté le ministre de la Sécurité.

Dans les rangs des manifestants de ce jeudi, on décompte plusieurs blessés dont certains graves. Mercredi, premier jour de ces nouvelles marches qui seraient maintenues jusqu'à ce samedi, le mouvement de la foule s'est arrêté au niveau de la place commerciale de Déckon. Une stratégie qui a failli coûter la vie à plusieurs manifestants.

«Yark a décidé de m'assassiner »

Les tirs de gaz lacrymogènes n'ont épargné personne. Eric Dupuy, chargé de communication de l'Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre et de la coalition des quatorze partis de l'opposition, estime avoir été visé par une tentative d'assassinat. «Je considère que Monsieur Yark, sous les ordres de Faure Gnassingbé, à décider de m'assassiner aujourd'hui. C'est un choix volontaire de tuer Eric Dupuy, si je n'avais pas le Bon Dieu derrière moi aujourd'hui je serai mort», a-t-il déclaré dans une interview à la presse locale.

Dupuy, la soixantaine, a rapporté qu'il a été obligé de courir sur environ 300 mètres pour échapper aux gaz lacrymogènes avant d'être récupéré par son chauffeur. Mais, précise-t-il, sa voiture a été prise pour cible par des tirs de gendarmes qui les suivaient à bord d'un véhicule. «Une dizaine de gendarmes à bord d'un véhicule ont tiré sur nous à plusieurs reprises à une distance de deux ou trois mètres. Puis, une grenade a été jetée à l'intérieur de la voiture avant d'exploser à mes pieds, rendant la respiration et la visibilité impossibles. Le chauffeur aurait pu perdre le contrôle du véhicule et nous aurions pu mourir asphyxiés. J'étais obligé d'ouvrir la portière avec l'idée de sauter, alors le chauffeur roulait à tombeau ouvert. Les jeunes de la sécurité m'en ont empêché sinon je ne serais pas avec vous aujourd'hui », a-t-il ajouté.

Ce vendredi, la coalition des partis de l'opposition a invité ses partisans à «faire du tintamarre sur toute l'étendue du territoire entre 13h et 14h» et le samedi à «sortir massivement pour dire que nous n'acceptons pas cette situation. Nous nous opposerons toujours à ce régime jusqu'à ce qu'il s'en aille», a déclaré le porte-parole de la coalition.

Les femmes africaines face au saut technologique

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.