Togo / Crise politique : l'Exécutif tente de rassurer les investisseurs et les opérateurs économiques

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(Crédits : ToGo)
Face aux impacts de la crise sociopolitique qui secoue le pays depuis trois mois, les autorités togolaises prennent leurs dispositions pour rassurer les investisseurs de tous horizons et les opérateurs économiques. Lors d'une réunion tenue ce mardi, le premier ministre togolais a évoqué des mesures prises par le gouvernement. Mais ce jeudi encore et ce pour trois jours, l'opposition est encore dans la rue en dépit des annonces de dialogue.

La crise sociopolitique au Togo depuis le 19 août 2017 est évidement néfaste pour l'économie du Togo et le gouvernement en a conscience. Lors d'une réunion du Comité de concertation entre l'Etat et le secteur privé tenue ce mardi 14 novembre 2017, l'exécutif togolais faisant le constat selon lequel la situation politique est loin de favoriser une bonne marche des activités, a rassuré le secteur privé, cheville ouvrière d'une croissance économique dont les prévisions ont été révisées à la baisse.

« Présidée par le Premier ministre lui-même (Komi Selom Klassou, ndlr), la réunion du comité de concertation entre l'Etat et le secteur privé avait pour objet de discuter avec les acteurs du secteur privé et de les rassurer par rapport aux mesures prises par le Gouvernement, aussi bien, dans la loi de finances rectificative exercice 2017 que dans la loi de finances exercice 2018 en vue de favoriser davantage l'investissement, susciter la consommation et donc stimuler la croissance », précise le compte rendu du Conseil des ministre de ce mercredi 15 novembre qui revient sur le sujet.

« Il faut noter que cette rencontre qui a aussi pour objectif essentiel de prêter oreille attentive aux préoccupations des acteurs du secteur privé a permis à ces derniers d'évoquer, avec amertume, les conséquences négatives des manifestations de rues sur le bon déroulement de leurs activités », ajoute le document. Première du genre sur demande du chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé, la rencontre a permis d'informer le secteur privé sur les mesures politiques envisagées afin de régler rapidement la crise que traverse le Togo.

Au rang des mesures prises par l'exécutif togolais, le Conseil des ministre rapporte que les autorités travaillent actuellement sur un plan d'action d'urgence et un plan à moyen et à long termes pour soutenir davantage ce secteur privé en s'appuyant sur l'opérationnalisation de l'Agence nationale de la promotion des investissements et de la Zone Franche (API-ZF).

Aussi, lors de la précédente session du Conseil, celle du 8 novembre, il avait été adopté, un programme budgétaire et un projet de loi des finances exercice 2018 tenant compte de la situation politique. Selon Komi Sélom Klassou, il s'est agi de dispositions « en faveur du secteur privé de même que les mesures politiques envisagées par le gouvernement pour trouver une solution viable, et ce, dans un cadre apaisé, à la crise actuelle ».

La crise perdure malgré les annonces de dialogue

Alors le dialogue est annoncé sous la houlette du président ghanéen Nana Akufo-Addo, l'opposition réunie au sein de la coalition des 14 partis politique ne compte pas lâcher la pression sur le gouvernement. Au sortir de la rencontre tenue avec les émissaires du médiateur ghanéen, les contempteurs au régime de Faure Gnassingbé ont confirmé leur appel à la mobilisation pour battre les rues les 16, 17 et 18 novembre 2017. Initialement prévue aussi dans les villes où la mobilisation est généralement plus forte comme Sokodé et Bafilo par exemple, où elles avaient été empêchées par le pouvoir dernièrement, l'opposition a dû annuler l'appel dans ces zones pour « éviter les pièges du gouvernement », selon les propos de sources de l'opposition.

La veille déjà, dans un discours relayé sur les réseaux sociaux, le président du Parti national panafricain (PNP), membre de la coalition, Tikpi Salifou Atchadam, s'est adressé à l'armée : « La stratégie du pouvoir rappelle la démarche du bourreau qui oppose ses victimes. Le peuple l'a compris très tôt et il attend la même compréhension de la part de l'armée et des forces de sécurité ».

Le responsable politique a ensuite salué des avancées obtenues grâce à la mobilisation du peuple. « L'unité d'action comme stratégie de l'opposition a fini par souder ou consolider notre peuple face à la tyrannie nous sommes redevenus un seul et même peuple, après 50 années de dictature, basée sur la division, la corruption et la violence. Ce peuple conscient et déterminé n'a plus peur et il n'a qu'un seul objectif. L'alternance. Le peuple a pris son destin en main », estime-t-il.

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