Le Togo frappe à la porte du Commonwealth

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(Crédits : Reuters)
Le processus d’adhésion du Togo au Commonwealth s’accélère avec la mission que vient de conduire l’Organisation dans le pays. Pour les autorités togolaises, cette adhésion revêt des enjeux stratégiques, mais également économiques. Il reste toutefois à attendre la réaction des autres Etats anglophones membres du Commonwealth sur l’accueil d’un pays francophone, ce qui pourrait ouvrir une brèche que certains pays comme le Rwanda ont déjà franchit…

Mais que cherche le Togo dans sa quête d'adhésion au Commonwealth, l'organisation qui regroupe les anciennes colonies anglophones ? C'est la question qui agite désormais le landerneau politique togolais à la suite de la mission que vient d'effectuer dans le pays, une délégation de l'organisation basée à Londres. Le Togo, pays francophone de l'Afrique de l'Ouest, avait pourtant soumis sa demande depuis 2014 et cette mission du Commonwealth, qui a rencontré plusieurs officiels du pays, ce prouve que l'organisation accorde un intérêt à la question. En tout cas, le processus engagé par les autorités togolaises suit son cours puisque la nature de ces missions préliminaires consiste à mesurer le respect de certains critères qui détermineront si le pays pourrait être accepté ou non. Il s'agit notamment des questions relatives au respect des droits de l'Homme ainsi qu'à la qualité des institutions démocratiques

Au final donc, il appartiendra aux autres pays membres de l'organisation de statuer sur la demande d'adhésion du Togo, qui soulève des interrogations au delà même du pays.

Enjeux diplomatiques et économiques

Selon le ministre togolais des affaires étrangères, Robert Dussey, cette adhésion vise surtout à diversifier ses partenaires économiques tout en enrichissant l'influence diplomatique du pays au delà de l'espace francophone surtout que le pays entretient d'excellentes relations avec certains pays membres de l'organisation qui a vu le jour en 1949. Forte d'une cinquantaine de membres, le Commonwealth est un gigantesque marché de plus de deux milliards de consommateurs. « Ce sera également l'occasion pour le Togo de côtoyer la vision et la perception britanniques de la politique internationale, une autre culture forcément enrichissante des enjeux internationaux », a expliqué le chef de la diplomatie togolaise dans les médias locaux. Ainsi, a-t-il ajouté qu'« au point de vue économique, le Commonwealth, à travers le Fonds pour la Coopération Technique (CFTC) et l'Association des pays du Commonwealth, joue un rôle important dans le progrès économique et social de ses membres, en agissant sur leur rythme de croissance économique. Sur le plan commercial, le Commonwealth constitue un vaste marché extérieur pour les exportations des produits nationaux togolais ».

Précédents africains

La demande d'adhésion du Togo est donc portée par des enjeux diplomatique et économique. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que des pays n'ayant pas été colonisés par l'ancien empire britannique sont admis au sein de cette organisation intergouvernementale. Après le Mozambique en 1995, le Rwanda a intégré le Commonwealth en 2009. Le premier pays qui est une ancienne colonie portugaise est lusophone même s'il a également intégré par la suite l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) en tant que membre observateur, alors que le Rwanda a d'abord tourné le dos à cette dernière avec notamment l'adoption de l'anglais comme langue officielle. Pour le moment, le Togo n'a pas estimé nécessaire d'entamer de tels processus même si certains proches des autorités de Lomé estime que l'anglais y est enseigné dans les établissements scolaires. Selon toujours ces mêmes avis, l'influence de l'anglais dans le monde, notamment dans le monde des affaires, constitue aussi un autre argument stratégique qui peut étayer la thèse des autorités. Il reste toutefois à attendre la suite du processus pour se prononcer mais déjà cette demande n'est pas sans soulever des débats au sein de la classe politique.

Pour le pouvoir de Lomé, au delà des enjeux diplomatiques et économiques, c'est un pari sur l'avenir car l'examen de la candidature du pays va se traduire par une analyse du processus démocratique en cours dans le pays. Ce qu'attend l'opposition politique de pied ferme, car tout rejet de cette demande sonnera comme une douche froide pour le gouvernement.

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Commentaires
a écrit le 28/02/2017 à 15:24 :
Felicitation,
mon president. C'est ce que je rêvais depuis. Cela permettra au pays de rayonner et de retrouver son unité. Fort longtemps on a été trop marginaliser voir même aneanti. Je suis disposer à travailler avec vous dans ce projet. Encore felicitation.

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