Togo : la reconstruction du grand marché de Lomé coûtera trois fois plus cher

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(Crédits : DR)
Initialement évalués à 7 milliards de Fcfa, les travaux de reconstruction du grand marché de Lomé devront finalement coûter 22 milliards, à en croire le rapport de l'étude du budget 2017. Le marché avait pris feu en janvier 2013, au même moment que celui de Kara. Les populations attendent déjà désespérément la réouverture du marché.

L'incendie du grand marché de Lomé, capitale togolaise, en janvier 2013 risque de coûter bien plus cher que prévu au Togo. Afin de procéder le plus rapidement possible à la réouverture du marché, le gouvernement togolais avait déclenché un processus de reconstruction estimé initialement à 7 milliards de FCFA. Un processus pour lequel la direction nationale du contrôle des marchés publics avait donné son avis de non-objection. Mais seulement voilà, d'après le rapport d'étude du budget 2017, on apprend que les travaux de reconstruction devront coûter plus de trois fois plus cher que prévu. « Le problème de financement a bloqué le lancement de l'avis d'appel d'offres. Initialement évalué à environ 7 milliards de francs Cfa, le coût de la reconstruction du marché de Lomé s'est chiffré à environ 22 milliards de francs Cfa suite aux études architecturales et de maîtrise d'œuvre qui ont pris aussi en compte les observations de tous les acteurs », dit en substance le document. Un gros écart que le rapport explique par la prise en compte totale, par l'étude, des mesures sécuritaires, sanitaires et environnementales. Dans ses aspects techniques, les nouveaux bâtiments devront être améliorés par rapport aux anciens.
A en croire les autorités togolaises, le nouveau projet prévoit une bâtisse à 5 niveaux (sous sol, rez-de-chaussée et 3 étages), érigée sur les décombres de l'ancien marché. Le nouveau sera un peu plus haut compte tenu de l'exiguïté de la surface de construction. Il sera aussi équipé, d'un sous-sol qui servira de parking et locaux techniques, d'un rez-de-chaussée de distribution populaire, des locaux de sécurité, etc. En ce qui concerne les étages, le premier sera de grande distribution, le second servira de centre de négoce et le dernier pour les services et technologies. Mais afin de faire émerger ce bâtiment du sol, il subsiste un manque de financement de 15 milliards que le pouvoir de Lomé devra combler.

La BAD à la rescousse

Le projet de construction du plus grand marché au Togo ne date pas d'aujourd'hui. Véritable comptoir pour le commerce de pagne (les Nana Benz de Lomé) ou pour plusieurs autres articles, dans la sous-région ouest-africaine, sa reconstruction requiert l'attention des partenaires financiers du Togo.
En effet, en novembre 2014 déjà avec le lancement par le ministre du commerce du Togo du projet d'appui à la reconstruction des marchés et aux commerçants de Lomé et de Kara (PARMCO), le Togo avait bénéficié d'un prêt et don de la Banque africaine de développement (BAD) de plus de 10 milliards de Fcfa. Les fonds ont été accordés pour la reconstruction de deux marchés du Togo, celui de Lomé et de Kara, qui avaient subi des incendies criminels en 48 heures d'intervalle. De suite, le Togo avait organisé une compétition d'idée ou de projets architecturaux, remportée par  le groupement Sara Consult pour un prix de cinq millions de francs Cfa pour le marché de Lomé. Le reste des fonds auront pu suffire si cette nouvelle étude du budget 2017 n'avait pas été faite. Le marché de Lomé allait coûter 7 milliards tandis que celui de Kara allait coûter 3 milliards. Soit dans la fourchette du prêt de la BAD.
Depuis trois ans, près de 10.000 revendeuses togolaises du marché s'impatientent à l'idée de relancer leurs activités dans les nouveaux locaux. Originalement fixé en décembre 2017, il faudra maintenant revoir le délai de fin des travaux qui n'ont même pas encore débuté.

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