Togo  : plus que jamais, le blackout menace !

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Quand l'électricité fait défaut, il ne reste souvent que la bougie comme alternative d'éclairage, notamment pour les enfants qui doivent faire leur devoirs.
Quand l'électricité fait défaut, il ne reste souvent que la bougie comme alternative d'éclairage, notamment pour les enfants qui doivent faire leur devoirs. (Crédits : Reuters)
Le Togo fait face à une crise énergétique depuis quelques semaines. Parfois, ou trop souvent, plongées dans le noir, avec un arrêt momentané des activités, les populations se remettent aux lanternes à pétrole. Pour y remédier le gouvernement a intensifié ses actions en vue de promouvoir l'énergie solaire. Mais il faudra faire un peu plus vite.

Au cœur de Lomé, en pleine capitale du Togo, un délestage vient de survenir. Radio Victoire qui est un média commercial voit ses activités s'estomper quelques minutes avant le démarrage de son groupe électrogène. En l'espace de 10 heures de temps, deux délestages ont survenu. Et le courant n'est toujours pas rétabli. Le groupe électrogène ne peut pas tenir éternellement. Contacté par la direction de la radio, le bureau de la Ceet n'a pas pu s'expliquer et s'est contenté de répondre sèchement, « ça viendra ». Mais Radio Victoire n'est pas la seule entreprise et Lomé n'est pas la seule localité.

Vers l'intérieur du pays, plusieurs villes et plusieurs entreprises sont soumises à la rude épreuve du déficit énergétique au Togo. « Nous avons des problèmes de trop ici. Dès fois toute la journée on coupe, parfois c'est toute la nuit. Et on ne sait même pas pourquoi. Nos activités commerciales chutent comme ça. On ne peut pas écouler certains produits, puisque il faut l'électricité pour les congeler », se plaint Agbodjalou Missode, à Tabligbo, zone minière pourtant. Selon lui le gouvernement devrait plus communiquer avec les citoyens pour expliquer le pourquoi des ''délestages intempestifs''.

Le problème énergétique du Togo n'est pourtant pas difficile à exposer ou à comprendre. Le pays ne produit que 40% de ses besoins énergétiques (plus de 1600 Gigawatts) et doit se baser sur les approvisionnements faits auprès des pays alliés comme le Nigeria et le Ghana. Les deux fournissent le reste des besoins. Mais avec les problèmes au Nigeria occasionnant une crise énergétique, Abuja a dû suspendre sa fourniture alors que le Ghana a réduit son approvisionnement de moitié. Le Togo afin d'y remédier, presse actuellement son projet du barrage d'Adjarala, un projet qui traînait jusqu'alors. Par ailleurs, selon la Ceet, Nangbéto, le seul barrage du Togo, ne fournit à plein potentiel qu'à partir d'octobre où l'eau atteint son niveau maximal. En temps ordinaire donc, sans les approvisionnements des partenaires, le déficit énergétique au Togo pourrait plonger près des 2/3 de la population dans le noir.

L'énergie solaire, la solution

Dans sa stratégie de croissance accélérée et de promotion de l'emploi (SCAPE) le gouvernement togolais a noté que « des mesures relatives à la biomasse, aux énergies renouvelables, à l'économie d'énergie et aux hydrocarbures seront prises pour accompagner le développement de l'électricité ». Cet engagement répond à un certain nombre de défis d'assurer de manière stable, à la fois un meilleur accès et une autonomie substantielle nationale d'approvisionnement, à un coût raisonnable, tout en diversifiant les sources d'énergie, surtout les énergies propres et renouvelables.

Ambition soutenue par la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) qui en octobre dernier a accompagné le Togo avec une aide substantielle de 6 milliards de FCFA pour une extension du réseau électrique solaire. Récemment, le gouvernement a lancé un appel d'offres pour 3 centrales solaires, s'inscrivant dans le cadre du Programme de développement des énergies renouvelables et d'efficacité énergétique.

Un peu plus tôt, la Saber (Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables) a réalisé 13 000 lampadaires solaires au Togo destinés à électrifier des zones sombres du pays. Un geste qui permet aujourd'hui d'éclaire les voies dans les milieux reculés et d'éviter le black-out total.

Les autorités doivent vite agir pour éviter le pire. Si la situation perdure, le pays perdra beaucoup plus financièrement, économiquement et humainement.

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