Sénégal  : ouverture d'une enquête sur la hausse «spontanée» des prix du ciment

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Pour Alioune Sarr, le ministre du Commerce, cette hausse appliquée par les trois cimenteries du pays, à savoir Dangote, Ciments du Sahel et Sococim, est illégale.
Pour Alioune Sarr, le ministre du Commerce, cette hausse appliquée par les trois cimenteries du pays, à savoir Dangote, Ciments du Sahel et Sococim, est illégale. (Crédits : Reuters)
Au Sénégal, une enquête sera ouverte au sujet de la hausse « spontanée » des prix du ciment, dont la tonne est passée de 60.000 à 65.000 francs CFA au début du mois de Ramadan. L'annonce a été faite par le ministre sénégalais du commerce, Alioune Sarr, qui a dénoncé le fait que le gouvernement n'ait pas été consulté avant une telle décision. Les contours d'une entente sur les prix entre les trois acteurs de ce marché semble se dessiner...

La hausse subie par le prix du ciment au Sénégal, passant de 60.000 francs CFA la tonne, à 65.000 francs CFA, n'a pas surpris que les populations, mais également les autorités politiques. D'après des propos relayés dans la presse locale, ce lundi, le ministre sénégalais du commerce, Alioune Sarr, a exprimé son mécontentement par rapport à la situation, dénonçant une décision prise par les cimenteries sans une consultation préalable du gouvernement. Le responsable a indiqué avoir demandé à ses services d'ouvrir une enquête sur les raisons de la hausse.

« J'ai diligenté mes équipes pour qu'elles démarrent une enquête pour voir le fondement de cette hausse. Nous disons clairement que si le fondement de cette hausse n'est pas basée sur des éléments de structure des prix concrets, le gouvernement prendra ses responsabilités », a déclaré le ministre Sarr.

Intervenant en marge de la réunion des ministres du Commerce en charge des négociations relatives à la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), ouverte dimanche à Dakar, le responsable sénégalais a ajouté que le gouvernement ne peut pas accepter une « spéculation abusive » sur un quelconque prix essentiel à la consommation des Sénégalais.

Ainsi, précise Alioune Sarr, « le chef de l'Etat et le Premier ministre [seront informés] sur cette question et le gouvernement préservera le pouvoir d'achat des Sénégalais et de nos PME-PMI ». « Le gouvernement veille à ce que les entreprises soient profitables, mais veille également à ce que le pouvoir d'achat des sénégalais ne soit pas dégradé. Le secteur du ciment est un secteur important dans l'économie nationale, le gouvernement les [les cimentiers .ndlr] accompagne, mais ils ne sont pas hors la loi. Donc, à la fin de cette enquête, nous soumettrons au gouvernement une proposition qui va dans le sens de préserver l'intérêt général », a expliqué le ministre du commerce.

Augmentation illégale

Pour Alioune Sarr, cette hausse appliquée par les trois cimenteries du pays, à savoir Dangote, Ciments du Sahel et Sococim, est illégale. « Nous avons un Comité national de suivi des prix des denrées et de produits essentiels qui, chaque mois, regarde la structure des prix », a prévenu le ministre. D'après lui, aucune augmentation ne peut être faite si ce comité n'est pas consulté. « (...) C'est totalement illégal et naturellement quand une situation comme ça se présente le gouvernement prendra ses responsabilités. Il n'y a aucun secteur qui est hors la loi au Sénégal », a insisté le ministre sénégalais en charge du commerce.

Les contours d'une entente sur les prix entre les trois acteurs de ce marché semble se dessiner...

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