Pétrole : au Nigeria, Mele Kolo Kyari nommé à la tête de la puissante NNPC

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Au cours de l’année 2017 la direction de la NNPC a annoncé que la société a fourni 10% de la demande mondiale de gaz naturel liquéfié. Ce qui en fait le 19e producteur mondial de pétrole et de gaz.
Au cours de l’année 2017 la direction de la NNPC a annoncé que la société a fourni 10% de la demande mondiale de gaz naturel liquéfié. Ce qui en fait le 19e producteur mondial de pétrole et de gaz. (Crédits : DR)
Mele Kolo Kyari actuellement directeur marketing, prend la direction de la Société pétrolière nationale nigériane (NNPC). Succédant à Mainkanti Baru, il hérite d’une compagnie pressée de mettre en place des mécanismes adéquats afin de couvrir la demande intérieure nigériane en matière d’hydrocarbures et de lutter efficacement contre la corruption dans son secteur.

3 mois après sa réélection à la tête du pays pour un second mandat de 4 ans, le président nigérian Muhammadu Buhari procède aux premiers réaménagements de ses équipes dirigeantes à la tête des entreprises stratégiques. L'un des premiers changements a été annoncé ce jeudi 20 juin avec la nomination de Mele Kolo Kyari, comme nouveau Directeur général de la National Nigerian Petroleum Corporation (NNPC). L'information a été annoncée par voie de communiqué de presse publié par le porte-parole de la NNPC, Ndu Ughamadu. Créée en 1977, la NNPC, la compagnie pétrolière nationale du Nigeria est un acteur majeur de l'industrie pétrolière du groupe jusque-là dirigé par Maikanti Baru.

La NNPC, une entreprise stratégique pour l'économie nigériane

La NNPC couvre l'ensemble des activités pétrolières et gazières nigérianes et a aussi pour mission de réguler et de superviser l'industrie pétrolière du pays, premier producteur de pétrole en Afrique. Les ventes de brut fournissent environ 90% des devises du Nigeria. Une absence de diversification économique, décriée mais jamais solutionnée qui a fait qu'avec la chute des prix du pétrole en 2015 le pays est aussitôt entré en récession.

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Désormais, la lourde gestion de cette société clé de l'économique nigériane incombe à Kyari, qui devrait prendre ses nouvelles fonctions le 8 juillet 2019. Le nouveau DG de la NNPC, géologue de formation, a été auparavant directeur général de la division de la commercialisation du pétrole brut de la NNPC. Il est également depuis 2018 représentant du Nigeria auprès de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Sa nomination intervient en parallèle de celle de sept directeurs généraux adjoints, au moment où la NNPC doit relever des défis relatifs à son expansion, à la satisfaction de la demande intérieure en matière d'hydrocarbures, mais aussi à la lutte contre la corruption dans le secteur.

La NNCP en pleine restructuration

A veille de cette nomination, la NNPC a annoncé qu'elle allait reprendre l'exploration dans le bassin du Tchad dès qu'elle obtiendrait l'autorisation des agences de sécurité du pays, selon le directeur sortant, Maikanti Baru. Ce dernier s'est prononcé au cours d'une visite dans l'Etat de Bauchi. Par cette annonce, la NNPC étale sa volonté de développement et d'extension de son périmètre d'intervention en Afrique. Un chantier ardu à combiner avec le développement d'une politique de mise en place d'infrastructures pour couvrir les besoins locaux en gaz et pétrole.

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Au Nigeria, la consommation de carburant est estimée à environ 40 millions de litres par jour pour une population de près de 200 millions d'habitants, alors que les quatre raffineries du pays disposent uniquement d'une capacité de raffinage de 445 000 baril/jour, en attendant l'entrée en service de la mégaraffinerie de Dangote. Les insuffisances sont comblées par des importations de carburant que le Nigeria cherche à réduire, à travers un programme de réaménagement de ses raffineries. Le tout dans un contexte de lutte contre la corruption qui plombe l'industrie pétrolière et gazière du pays depuis plusieurs décennies. Muhammadu Buhari en a fait une promesse électorale lors de ses campagnes présidentielles. Ce qui a donné lieu à des procès et arrestations, jugés insuffisants et inefficaces par les détracteurs du régime.

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