Corruption au Nigeria  : des dirigeants d'Eni sur la sellette après un audit interne

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Eni et son homologue anglo-néerlandais Royal Dutch Shell sont jugés pour avoir versé 1,1 milliard de dollars en pots-de-vin en vue de l’obtention du gisement pétrolier offshore OPL 245 du Nigéria en 2011.
Eni et son homologue anglo-néerlandais Royal Dutch Shell sont jugés pour avoir versé 1,1 milliard de dollars en pots-de-vin en vue de l’obtention du gisement pétrolier offshore OPL 245 du Nigéria en 2011. (Crédits : Alessandro Bianchi)
Poursuivi pour corruption dans le cadre de ses activités au Nigeria, le groupe pétrolier Eni a mené des enquêtes internes pour diffamation, qui pourraient entrainer des changements de direction, selon des informations relayées par Reuters. Cette affaire, l'un des plus gros scandales de l'industrie pétrolière, a également scandalisé le Nigeria qui a entrepris une vaste campagne d'assainissement du secteur sous la présidence de Muhammadu Buhari.

L'Italien Eni a mené des audits internes dans une affaire de diffamation portant en partie sur un scandale de corruption au Nigeria. Selon les informations obtenues par Reuters, cet examen pourrait entraîner des changements de direction chez le major pétrolier. Eni et son homologue anglo-néerlandais Royal Dutch Shell sont jugés pour avoir versé 1,1 milliard de dollars en pots-de-vin en vue de l'obtention du gisement pétrolier offshore OPL 245 du Nigéria en 2011.

C'est l'un des plus importants cas de corruption dans l'industrie pétrolière. En effet, en 2018, la justice milanaise a ouvert une enquête sur une possible implication des dirigeants du groupe, qui auraient entravé les actions de la justice pour élucider l'affaire. Quelques dirigeants d'Eni sont, accusé d'avoir joué un rôle dans l'exploitation de fausses déclarations afin de discréditer et de diffamer les témoins impliqués dans l'affaire de corruption.

Lire aussi : Nigeria : la dette publique s'est envolée de 12,25% en 2018

Tout a commencé en décembre 2017, lors que les deux multinationales pétro-gazières, ENI et Shell ont été appelées à comparaitre devant la justice italienne en mai 2018 ; pour répondre à des accusations de corruption au Nigéria. Selon, l'information rapportée à l'époque par l'AFP, treize personnes physiques et morales étaient impliquées.

L'affaire fait suite aux révélations de Global Witness et un réseau international de journalistes d'investigation, Finance Uncovered. Ces derniers ont mené des enquêtes qui ont abouti à des rapports accablants sur les deux sociétés pétrolières et gazières.

Toujours, selon les informations de Reuters, le major pétrolier Eni a mené au moins deux audits sur l'affaire concernant de fausses déclarations et avait demandé des avis juridiques à des avocats extérieurs. Et « les audits pourraient conduire à un remaniement de la gestion du groupe », a déclaré la source de Reuters.

Assainir le secteur des hydrocarbures au Nigeria

Eni n'est pas la seule entreprise impliquée dans des affaires de corruption au Nigeria où les scandales liés à la corruption dans le secteur pétrolier sont récurrents. Le secteur des hydrocarbures qui représente les trois quarts des recettes budgétaires du pays, reste miné par la corruption et les malversations. Une pandémie que l'actuel président, qui vient d'être réélu pour un mandat de 4 ans a promis d'éradiquer dans son pays.

Depuis, son arrivée au pouvoir, en 2015, le chef de l'exécutif Nigérian, Muhammadu Buhari a suspendu plusieurs haut dirigeants impliqués dans de présumées affaires de corruption, en passant par la Commission nigériane pour les crimes économiques et financiers (EFCC). Le grand ménage dans le secteur des hydrocarbures qui a emporté l'ancien ministre du Pétrole, Dan Etete, a cependant montré ses limites. Les pertes liées à l'opacité de dans gestion du secteur, ont été chiffrés à des milliards de dollars en 2018.

Lire aussi : Pétrole : 16 milliards de dollars perdus par le Nigeria au profit des compagnies

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Commentaires
a écrit le 07/04/2019 à 18:04 :
16 G$ ? C'est tout ?

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