Pétrole : 16 milliards de dollars perdus par le Nigeria au profit des compagnies

Au Nigeria, « Le coût raide de l'inaction » a été chiffré à coups de milliards de dollars par le rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives du Nigéria (NEITI). Ces pertes de l’Etat nigérian au profit des compagnies pétrolières et gazières ont été enregistrées sur la période 2008-2017 et font resurgir l’urgence d’un réexamen des contrats du secteur.
Selon le rapport de la NEITI, le réexamen des conditions d'exploitation des compagnies pétrolières et gazières aurait dû être activé en 2004, lorsque les prix du pétrole ont dépassé la barre des 20 dollars le baril.
Selon le rapport de la NEITI, le réexamen des conditions d'exploitation des compagnies pétrolières et gazières aurait dû être activé en 2004, lorsque les prix du pétrole ont dépassé la barre des 20 dollars le baril. (Crédits : DR)

16 milliards de dollars, c'est le montant des pertes enregistrées par la fédération du Nigéria à la faveur des compagnies pétrolières du pays sur une période de 10 ans. Des pertes pouvant même atteindre 28 milliards de dollars, si l'on inclut des recettes du partage des bénéfices en provenance de deux licences supplémentaires non comptabilisées. C'est la conclusion du nouveau rapport de l'Initiative pour la transparence des industries extractives du Nigéria (NEITI).

Le rapport intitulé.« Le coût raide de l'inaction », a été présenté par le ministre du pétrole nigérian, Ibe Kachikwu, le dimanche 3 mars à Abuja. L'étude, qui couvre la production et les transactions sur une décennie du pays ouest-africain, indique que les pertes sont dues à la non-révision des contrats de partage de production de 1993 avec les sociétés pétrolières. Elle a été menée conjointement avec Open Oil, un organisme pour la transparence dans le secteur extractif basé à Berlin.

Poids des compagnies pétrolières privées au Nigéria

A lumière de ces révélations, la NEITI a appelé à un examen urgent des guichets uniques afin de limiter les énormes pertes de revenus subies par le pays. Une révision qui s'impose d'autant plus qu'au Nigéria, les compagnies incriminées font partie des entreprises du secteur privé (PSC). La part de ces dernières dans la production de pétrole dépasse celle des entreprises où l'Etat est partenaire et elle constitue la plus grande source de revenus du Nigeria.

« Entre 1998 et 2005, la production totale des entreprises du secteur privé (PSC) était inférieure à 100 millions de barils par an, tandis que les entreprises de la joint-venture produisaient plus de 650 millions de barils par an (...). En 2017, la production totale des sociétés PSC s'élevait à 305,800 millions de barils, soit 44,32% de la production totale», a précisé le rapport de la NEITI.

Par contre, la production totale des entreprises en joint-venture a été évaluée à 212,850 millions de barils, soit 30,84% de la production totale sur la même période.

L'urgence d'une révision des contrats pétroliers au Nigeria

Selon, la NEITI, en 1993 les textes régissant les activités des sociétés privées pétrolières et gazières ont été élaborés, avec des avantages pour les inciter à investir dans l'exploration et la production de gisements offshore, en tenant compte des risques associés aux bas prix du pétrole. « Ainsi, les contrats PSC étaient supposés être plus avantageux pour les entreprises ». Mais ces textes devraient être soumis à des révisions, lorsque les entreprises bénéficiaires récupéraient leurs investissements après plusieurs années d'exploitation et grâce à une hausse des prix. Des révisions qui n'ont pas été exécutées conformément à la loi, occasionnant ces pertes, selon le rapport.

Lire aussi : Soupçons de subventions illégales : la compagnie pétrolière nigériane dans le collimateur du Sénat

Afin de déterminer les pertes, l'analyse a été réalisée au niveau de sept champs pétroliers et gaziers régis par les textes de 1993. Lesquels sont exploités par Eni, Chevron, Total et South Atlantic Petroleum, Shell ou encore ExxonMobil, Addax.

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