Transport routier : le Niger dépoussière son ambitieux plan de réformes

6ème pays le plus étendu d’Afrique et parmi les plus enclavés, le Niger est contraint d’assainir et de réguler son secteur routier qui lui permet de relier ses différentes régions et de communiquer avec des voisins sur le littoral. Depuis 2003, le pays a entamé un programme de réformes progressives de son secteur des transports routiers. Lesquelles passent par l’amélioration de la sécurité routière, la création d’un guichet unique centralisant les données et la réduction de la logistique dans le transport de marchandises en provenance des ports voisins.

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Sur le pont Kennedy à Niamey la capitale nigérienne, le 20 février 2016.
Sur le pont Kennedy à Niamey la capitale nigérienne, le 20 février 2016. (Crédits : Reuters)

Etendu sur une superficie de 1,2 million de Km², le Niger est un vaste pays enclavé dans le Sahel qui souffre d'un cruel manque d'infrastructures routières indispensables à la connectivité entre ses différentes régions, mais aussi du pays avec le reste du monde. Ce qui a poussé les autorités de Niamey à lancer, il y a une dizaine d'années, des réformes pour réorganiser le secteur des transports routiers. Samaila Dan Issa, Directeur des transports routiers au Ministère des Transports est revu largement sur les ambitions et les réalisations nigériennes dans le cadre de ce programme dont l'objectif est « d'assainir le transport routier» pour le rendre compétitif, sécurisant et conforme aux normes communautaires.

Une série de mesures drastiques en faveur de la sécurité routière

Il y a 15 ans, le ministère des transports a sorti un arrêté qui détermine un guide d'examen du permis de conduire pour l'évaluation théorique et pratique des candidats, afin d'assurer une meilleure sécurité routière.

« Désormais, ne sera pas conducteur qui le veut, nous comptons mettre en vigueur des permis biométriques informatisés qui seront renouvelés périodiquement », explique Samaila Dan Issa, Directeur des transports routiers au Ministère des Transports à l'Agence nigérienne de presse (ANP).

En 2010, le Niger s'est doté d'une Autorité de Régulation du Secteur des Transports (ARST), laquelle vise à assurer « le service public de régulation des activités exercées dans les sous-secteurs de transport routier, ferroviaire, maritime, fluvial et aérien sur le territoire du Niger conformément aux lois et règlements en vigueur », selon le directeur des transports. Mais, ladite institution n'est toujours pas opérationnelle précise le responsable. Le dispositif a été renforcé par une loi portant code de transport au Niger et adoptée en 2014. Puis en 2015, le Niger a adopté un décret relatif aux réformes d'immatriculation. Le dernier décret adopté pour le secteur en 2018 porte sur les conditions de transports de matières dangereuses.

L'innovation par le Guichet unique automobile du Niger

Parmi les réformes majeures dans le secteur du transport, figure l'instauration du Guichet Unique Automobile du Niger (GUAN), en 2014 et mis en œuvre en 2016. Il a fait l'objet d'un contrat de partenariat public privé entre le gouvernement du Niger et la Société Nigérienne de Logistique Automobile (SONILOGA). Le Guichet unique vise la constitution d'un fichier unique des véhicules importés au Niger. Il permet également l'installation de dispositifs de facilitation des contrôles douaniers, d'identification et d'évaluation de véhicules importés d'occasion sur l'ensemble du territoire nigérien. Aussi le GUAN a permis la création de 260 emplois directs et plus de 1000 emplois indirects, estime le DG des transports.

L'intégration régionale par les initiatives de Postes Juxtaposés de Contrôle (PJC)

Le programme routier nigérien comporte également un volet dédié à l'intégration régionale, à travers les initiatives de Postes Juxtaposés de Contrôle (PJC). Les installations ont pour objectif de « faciliter les échanges commerciaux, de faciliter les passages des marchandises et des personnes à la frontière avec des procédures de passage souples », explique le directeur. A terme, les marchandises en destination du Niger -un pays enclavé et dépendant des ports de ses voisins- ne passeront que par trois contrôles.

« Au départ de la marchandise c'est-à-dire au port de desserte, au poste de contrôle juxtaposé avec les autorités des deux pays concernés, et au poste de destination, donc point de tracasseries routières le long du trajet », précise Samaila Dan Issa.

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