Ghana  : les nouvelles autorités veulent renégocier le plan d'aide du FMI

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(Crédits : DR)
Les nouveaux dirigeants ghanéens veulent renégocier le programme d'aide de 918 millions de dollars conclu en 2015 avec le FMI, a-t-on appris du ministre Yaw Osafo-Maafo. Face à une commission parlementaire où il devait convaincre les parlementaires de sa nomination au poste de ministre d'Etat, Osafo-Maafo a déclaré que le programme ne laissait aucune marge de manœuvre budgétaire.

Le nouveau président ghanéen Nana Akufo-Addo est décidé à honorer ses promesses électorales et semble être prêt à tout faire pour y arriver. Afin d'asseoir ses projets pour le pays, le gouvernement ghanéen songerait à renégocier le programme d'aide de 918 millions de dollars que son prédécesseur avait conclu en avril 2015 avec le Fonds monétaire international (FMI). « Le programme d'aide du Fmi doit être révisé, il sera certainement révisé... L'actuel programme comprime l'espace budgétaire, et du point de vue du New Patriotic Party (NPP, le parti au pouvoir, ndlr), ce programme doit être revu », a déclaré face aux parlementaires ghanéens, le ministre d'Etat Yaw Osafo-Maafo. A en croire ces déclarations, le plan d'aide du Fmi ne permettrait aucune marge de manœuvre au gouvernement ghanéen, alors même que le président Akufo-Addo doit se baser sur le budget pour honorer ses engagements électoraux.

En effet, quand il se faisait élire en décembre dernier, le nouveau président ghanéen Nana Akufo-Addo avait promis aux électeurs de consacrer un million de dollars, chaque année à chaque circonscription pour financer le développement, de construire un barrage dans chaque village et une usine dans chaque district. Outre les aspects matériels, le nouveau locataire de la Flagstaff House a promis aussi rehausser le niveau de l'économie en déployant des investissements publics ici et là. L'objectif est de redonner au Ghana sa place de nation en pleine croissance de l'Afrique de l'ouest. Et pour y arriver, les nouveaux dirigeants ont besoin de compter sur le budget du pays (les dépenses publiques) et sur les prêts internationaux. Un paramètre que le programme d'aide du FMI ne prend pas forcément en compte.

Le plan d'aide du FMI n'est pourtant pas si mal

Le 13 janvier dernier, le FMI approuvait le déblocage d'une troisième tranche de son aide de 918 millions de dollars. Élevée à 114,6 millions de dollars, la troisième tranche porte le total des décaissements du FMI dans le compte du programme à 343,7 millions de dollars. Selon les termes de l'accord, le Ghana devait en contrepartie effectuer des réformes économiques dans le but de retrouver une croissance soutenue.

Dans un communiqué, le FMI souligne que « les autorités [ghanéennes] devraient poursuivre leurs efforts d'assainissement budgétaire. À cet égard, il est essentiel que le gouvernement s'engage dans une politique rigoureuse de contrôle des dépenses à travers le maintien de la masse salariale dans les limites prévues par le budget de l'Etat, la réduction des dépenses discrétionnaires et  la sauvegarde des dépenses prioritaires».

Le Ghana devra donc travailler à rétablir la viabilité de la dette, à limiter l'inflation et à réduire le déficit budgétaire avec des objectifs très stricts en matière de mobilisation de financements et de dépenses publiques imposés par le Fmi. Une politique qui empêchera Nana Akufo-Addo de mettre en œuvre ses promesses.

En chute libre depuis 2013, l'économie ghanéenne n'est plus si rayonnante à cause de la forte dégradation des comptes publics. Aujourd'hui elle culmine avec un ratio dette-PIB d'environ 70%. Un désastre pour le pays le plus démocratique de l'Afrique de l'ouest.

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