Côte d'Ivoire : 36 sociétés exclues de la commande publique depuis 2014 pour corruption

De 2014 à ce jour, pas moins de 36 entreprises en Côte d'Ivoire ont été exclues de la commande publique, un marché de près d'un milliard de francs CFA l'année. D'après les responsables de l'Autorité nationale de régulation des marchés publics ces sociétés ont été sanctionnées pour des motifs de corruption.
(Crédits : DR.)

Les autorités ivoiriennes tentent de décourager la corruption dans le milieu des affaires. Selon l'Autorité nationale ivoirienne de régulation des marchés publics (ANRMP), de 2014 à ce jour, 36 entreprises ont été exclues de la commande publique pour des faits de corruption. « Nous avons été créé en 2010, mais c'est seulement fin 2014 qu'un arrêté nous a donné tout l'arsenal juridique pour réagir », a d'abord indiqué le président du gendarme des marchés publics, Non Karna Coulibaly, à l'AFP. « En à peine trois ans nous avons sanctionné 36 entreprises pour des faits de corruptions dans les passations de marchés », a-t-il poursuivi ajoutant que ces mesures signifient la « fin de l'impunité » dans la passation des marchés publics en Côte d'Ivoire.

Il s'agit d'une sanction lourde pour les concernés d'autant plus que la commande publique représente près d'un milliard de francs CFA, environ 1,5 million d'euros par an. La commande publique est une modalité d'exécution du budget de l'Etat, laquelle concerne par exemple la construction d'infrastructures, des hôpitaux, des écoles, etc. Ainsi, la sanction consiste surtout pour l'ANRMP, à exclure les sociétés incriminées, de toute passation de marché public pendant au moins deux ans. Le but recherché est que « la peur de ses sanctions mettent fin à ces manœuvres frauduleuses », a expliqué Non Karna Coulibaly.

Des pressions sur l'ANRMP

C'est bien un travail coriace que fait l'ANRMP, lequel n'attire pas forcément la sympathie des acteurs du secteur. Non Karna Coulibaly a reconnu que l'institution subit des pressions même si elle ne cède pas. « Les pressions ne sont pas évitables, mais céder n'est pas envisageable. Nous sommes armés à faire face à ces pressions, à les contenir et elles n'ont aucun impact sur les décisions rendues », a-t-il souligné très confiant.

« Quelle que soit l'adversité, l'autorité prend ses responsabilités et au nom de l'Etat avance », avait déjà énoncé en 2016, le président du gendarme des marchés publics. Mais il faut reconnaître que la corruption en Côte d'Ivoire dans les milieux des affaires est très répandue et que les pressions ne seront que très grandes. Dernièrement en fin mars 2018, le vice-président pour l'Afrique de la Banque mondiale Makhtar Diop avait appelé les autorités du pays à poursuivre leurs efforts afin de réduire la bureaucratie et la corruption.

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