Serge Laurent Adjovi détaille les ambitions du Bénin dans le numérique

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Serge Laurent Adjovi , DG de l'Agence de développement numérique du Bénin.
Serge Laurent Adjovi , DG de l'Agence de développement numérique du Bénin. (Crédits : DR)
Représentant le Bénin à la 3éme édition AITEX 2018 à Rabat, Serge Laurent Adjovi, Directeur général de l'Agence de développement du Numérique (ADN-Benin) a expliqué les ambitions de son pays en termes de développement numérique. Il est revenu sur l'utilité et la mission des agences de développement du numérique en Afrique, sur les projets phares du Bénin dans le secteur dont la Sémé City ou la Cité de l'innovation.

Le Bénin a lancé un ambitieux programme de développement de l'économie numérique visant à positionner le pays comme la référence en matière de plateforme de services numériques en Afrique de l'Ouest à l'horizon de 2021 et de faire des TIC le levier de son développement socio- économique. L'Agence de développement du Numérique béninoise (ADN-Benin) est chargée de la mise en œuvre de la stratégie nationale du numérique, en particulier le volet relatif aux infrastructures, tel que défini par le Conseil du Numérique et le Gouvernement.

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« Il faut mettre en place ces agences pour plusieurs raisons. La première raison est que ces agences comme ADN-Bénin permettent de mettre en exécution les stratégies, les projets et qu'elles ont plus de flexibilité pour agir qu'une administration classique », a expliqué Serge Laurent Adjovi, répondant aux questions sur le rôle des agences lors de la troisième édition d'AITEX 2018. Le deuxième point qui fait l'importance des agences du numérique est « qu'elles offrent des cadres de réflexions transversales dans tous les domaines de développement. Tous les secteurs ont besoin de ces agences du numérique pour casser les barrières, les verrous afin d'exécuter de manière harmonieuse leurs programmes », a-t-il ajouté.

Dans le cas du Benin, l'Agence est chargée de la conception, de la planification, de la programmation des activités à mener en vue de la généralisation de l'usage du numérique. Elle contribue également à la recherche des financements nécessaires pour la réalisation des projets dans le secteur, en appuyant notamment l'aménagement numérique du territoire via le désenclavement numérique des communes.

Dans sa stratégie d'exécution, l'agence béninoise travaille en collaboration avec les startups. Mais quels rôles joue-t-elle auprès de ces startups ?

« Au Bénin, l'agence n'a pas de mainmise sur l'accompagnement, le développement des startups. On considère que c'est une responsabilité qui est partagée entre les ministères. Nous travaillons ensemble pour apporter ce qui convient», a-t-il précisé.

Cet accompagnement se traduit sur le terrain par la mise en place de projets numériques d'envergure. L'un des projets les plus en vue dans le développement du numérique au Bénin est la Sémé City.

Le projet phare de la Sémé City ou la cité du savoir et de l'innovation

Bâtie sur près de 100 hectares non loin de la frontière avec le Nigéria, la Sémé City sera composée de plusieurs pôles d'activités. Elle sera constituée d'abord d'un pôle enseignement supérieur, recherche et incubation. Un deuxième pôle va intégrer cinq grappes disciplinaires à savoir les sciences, les technologies, les ingénieries et mathématiques, mais aussi les arts, le design, les sciences humaines et sociales, l'agriculture, sans oublier la santé et les sciences de la vie, le management, l'administration et l'entrepreneuriat.

Il est question d'une Cité internationale de l'innovation et du savoir (CIIS), un modèle de centre d'excellence régional pour la formation, la recherche scientifique et l'entrepreneuriat. Le projet comprend également des programmes immobiliers résidentiels, commerciaux et de loisirs, conçus dans le cadre de la smart City. Évoquant ce projet Sémé City, Serge Laurent Adjovi précise qu'il est davantage question de mettre ensemble des universitaires, des startups et des personnes du secteur agricole, du transport, de l'aéronautique, de l'industrie, de la culture entre autres qui ont des spécificités pour répondre à des besoins locaux. « Nous les mettons ensemble pour qu'ils puissent développer et mettre sur le marché des solutions pour résoudre des problèmes du pays et même au niveau continental. On ne peut pas être une nation reconnue dans le domaine du numérique si on n'a pas de sociétés reconnues au niveau local et à l'international », a-t-il rappelé. L'Afrique a des besoins et un marché spécifique et le Benin en est conscient selon Serge Laurent Adjovi.

« Le Bénin qui est un petit pays, un petit marché pense beaucoup en terme sous-régional. (...) Et je pense que c'est ce tandem privé-public qui va développer de différentes manières le numérique », a-t-il conclu.

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