Patrimoine : des « butins de guerre » de l'époque coloniale restitués au Bénin et au Sénégal

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Des statues royales d'Abomey, des prises de guerre de l'armée française en 1892, actuellement la propriété du musée du Quai Branly en France.
Des statues royales d'Abomey, des prises de guerre de l'armée française en 1892, actuellement la propriété du musée du Quai Branly en France. (Crédits : Reuters)
Les députés français ont approuvé hier, à l'unanimité, la restitution de 26 pièces-statues du « Trésor de Béhanzin » provenant du pillage du palais d'Abomey en 1892.

Les députés français ont approuvé mardi soir à l'unanimité un projet de loi restituant au Bénin et au Sénégal des biens culturels amenés en France à l'époque coloniale au titre de « butins de guerre ».

Le transfert au Bénin porte sur 26 pièces -statues, siège royal, portes ouvragées notamment- du « Trésor de Béhanzin » provenant du pillage du palais d'Abomey en 1892. Elles sont aujourd'hui au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris. Le Sénégal doit récupérer la propriété d'un sabre et son fourreau attribués à El Hadj Omar Tall, grande figure militaire et religieuse ouest-africaine du XIXe siècle.

Détenues par le Musée de l'Armée à Paris, ces pièces sont exposées à Dakar dans le cadre d'un prêt de longue durée. Le texte adopté par 49 voix pour et aucune contre doit maintenant être examiné par le Sénat.

Le projet de loi répond à une volonté de refonder les relations culturelles avec l'Afrique exprimée par le président Emmanuel Macron en 2017 à Ouagadougou. La restitution de ces « butins de guerre » s'inscrit dans le cadre d'une « volonté renforcée de coopération » avec ces deux pays, a déclaré le ministre au Commerce extérieur Franck Riester, cité par l'AFP.

Le ministre a insisté le caractère ponctuel de ces restitutions, qui dérogent au caractère inaliénable des collections françaises, en réponse aux craintes qu'elles n'ouvrent la voie à une multiplication des réclamations et à la perte d'un grand nombre d'œuvres détenues par les musées français. Le projet « ne vaut que pour ces cas spécifiques » et ne vient « nullement déroger au principe général » sur le caractère inaliénable des collections publiques françaises, a-t-il dit.

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