CEDEAO : crises politiques et sécurité au menu du sommet d’Abuja

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(Crédits : DR)
Le 54e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO se tient ce samedi 22 décembre à Abuja au Nigeria. Au menu du conclave, la situation sécuritaire et surtout les crises politiques dans certains pays de la sous-région. Si aucune décision majeure est attendue, la position des chefs sur certains sujets, notamment la situation au Togo ou en Guinée Bissau, cristallisera l’attention de l’opinion ouest-africaine.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont en conclave ce samedi 22 décembre à Abuja, au Nigeria, où se tient le 54e sommet ordinaire de l'organisation. Plusieurs chefs d'Etat ouest-africain prennent part à la rencontre qui va se pencher sur plusieurs sujets d'importance majeure notamment des questions politique, économique, sociale, culturelle et institutionnelle.

Selon un communiqué de l'organisation, au cours de cette rencontre d'une journée, « les dirigeants ouest-africains examineront une série de rapports relatifs à la situation politique aussi bien en Guinée-Bissau, au Togo que dans la région, à la Task force présidentielle sur le Schéma de libéralisation des échanges commerciaux de l'organisation régionale, à la monnaie unique communautaire et aux infrastructures ».

Ils auront également à apprécier le rapport final de la 41ème réunion ordinaire du Conseil de médiation et de sécurité, celui de la 81ème session ordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO, de même que le Rapport annuel 2018 du président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou. Par ailleurs, il est également prévu la signature des actes et décisions de la Communauté notamment l'accession du Cap-Vert au programme du corridor Praia-Dakar-Abidjan avec l'introduction du volet maritime, une déclaration politique sur la position commune de la CEDEAO sur le retour des biens culturels en Afrique ainsi que le choix de la date et du lieu du 55ème sommet ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement.

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Les leaders ouest-africains suivront également le discours du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, ainsi que celui du président du Fonds international de développement agricole, Gilbert Houngbo, en plus d'une intervention à l'ouverture, du président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. En marge des travaux, se tient également une table ronde sur l'interconnexion énergétique pour le développement durable en Afrique se tiendra en marge de ce sommet.

Terrorisme et élections

C'est le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, président en exercice de la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation, qui a présidé la cérémonie d'ouverture du sommet. Dans son allocution, le chef d'Etat nigérien a traduit sa satisfaction de retrouver ses pairs, ainsi que les efforts individuels de chacun d'entre eux pour la stabilité et le développement dans la sous-région. Muhammadu Buhari qui a aussi salué la bonne tenue des élections au Mali et en Sierra-Léone au courant de l'année, et dans la perspective des élections présidentielles dans son pays le Nigeria en 2019, s'est engagé à garantir la tenue d'élections transparentes.

« Des avancées importantes ont été faites grâce à notre effort collectif en vue de la résolution des crises politique et institutionnelle en Guinée Bissau.Dans le cadre de notre solidarité régionale, nous avons aidé les gouvernements du Togo et du Mali à trouver des solutions aux problèmes politique et sécuritaire tout en agissant également sur les défis sécuritaires auxquels certaines localités de notre sous-région étaient confrontées. Nous avons également apporté un appui et une assistance électorale à plusieurs pays et avons agi de façon proactive à neutraliser certains conflits potentiels à travers une diplomatie préventive afin que ces crises n'éclatent. Malgré ces succès, la CEDEAO reste confrontée à de nombreux défis. La sous-région continue à connaitre des difficultés dans les domaines de l'économie, de la gouvernance, de la paix, de la sécurité et de l'humanitaire. Ces menaces appellent de notre part une réaction collective si nous voulons véritablement les éliminer toutes, de façon efficace et définitive », a déclaré le président en exercice de la Cédeao, Muhammadu Buhari, à l'ouverture du Sommet.

De son côté, le président de la Commission de la CEDEAO, Jean Claude Kassi Brou a abordé les questions concernant le schéma de libéralisation des échanges et la libre circulation des personnes, fondement du marché commun. Il a ensuite abordé les perspectives économiques de la sous-région, estimant qu'en 2018, la croissance économique est en hausse et l'état des finances est stable. Cependant, en dépit de ces avancées, la Communauté doit faire face à l'extrémisme et au terrorisme.

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Le représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau des Nations unis pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a lui salué la tenue d'élections dans la sous-région et assuré du soutien des Nations unis pour poursuivre les efforts de stabilité. Il n'a pas manqué d'exhorter les chefs d'Etat et l'organisation, «à l'intensification des efforts dans le combat contre le terrorisme et à la poursuite de la coopération avec le G5 sahel dans son combat contre le terrorisme ».

Après la cérémonie inaugurale publique, les chefs d'Etat se sont retrouvés à huis clos pour poursuivre leurs travaux. Le Sommet sera sanctionné par la lecture d'un communiqué final et si aucune décision majeure n'est attendue, la position des chefs d'Etat sur certains sujets brûlants de l'actualité sous régionale suscitera un grand intérêt. C'est le cas de la crise politique au Togo, où la CEDEAO mène la médiation, avec le boycott par l'opposition des élections législatives qui se sont tenues le jeudi 20 décembre. En Guinée Bissau également, la situation politique reste toujours pleine d'incertitudes malgré les efforts de la CEDEAO.

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