Kenya : de nouveaux billets pour lutter contre les flux financiers illicites

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Le pays va retirer l'ancienne version de son billet de 1000 shillings (9,88 dollars).
Le pays va retirer l'ancienne version de son billet de 1000 shillings (9,88 dollars). (Crédits : Reuters)
Pour lutter contre les flux financiers illicites, le Kenya va retirer son vieux billet de 1 000 shillings de la circulation d’ici la fin du troisième trimestre de l’année 2019. Le pays qui a également procédé au lancement de nouvelles coupures de billets espère redynamiser sa stratégie de lutte contre la corruption, l’informel et les transferts illégaux de capitaux.

Selon une étude de l'OCDE publiée en février 2018, les flux financiers illicites (FFI) en provenance d'Afrique pourraient atteindre les 50 milliards de dollars par an, un volume plus élevé que l'aide au développement accordé au Continent. Pour lutter contre ces flux illicites et les contrefaçons, le Kenya a créé de nouveaux billets et va retirer d'anciennes coupures compromises. L'information a été donnée ce samedi 1 juin par le gouverneur de sa Banque centrale, Patrick Njoroge lors de la cérémonie de lancement de ces nouveaux billets. Le pays va procéder de manière progressive, en conservant ses anciennes versions qui resteront en circulation jusqu'au mois d'octobre de l'année 2019.

« Nous avons constaté avec une vive inquiétude que nos grands billets, en particulier l'ancienne série des 1000 shillings, sont utilisés pour des flux financiers illicites au Kenya et dans d'autres pays de la région », a déclaré Njoroge, relayée par Reuters.

La décision de la Banque centrale intervient alors que les kényans militent pour la modification de la législation bancaires afin d'assouplir les exigences du pays d'Afrique de l'Est concernant l'enregistrement des transactions supérieures à 10 000 dollars. Des revendications qui peinent à trouver un écho favorable auprès de la Banque centrale du pays. Cette dernière estime que ces changements risquent de saper les efforts déployés dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et autres activités liées aux crimes. Des fléaux autour de la corruption qui gangrènent l'économie Kenya.

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Réélu en 2013, le président Uhuru Kenyatta avait fait de la lutte contre cette corruption une de ses promesses électorales. 5 ans plus tard, les résultats jugés insuffisants poussent le gouvernement à sévir davantage. Au cours de l'année 2018, des dizaines de responsables du gouvernement kényan et du monde des affaires ont comparu devant la justice pour corruption et détournement de deniers publics. Pour le Kenya souvent victime de terrorisme, la lutte contre les flux illicites s'impose d'autant plus que selon le rapport 2018 de l'OCDE, ces mouvements illégaux de fonds alimentent les conflits et les groupes terroristes sur l'ensemble du Continent.

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