Ethiopie : 9,2% de croissance attendue en 2019

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(Crédits : Reuters)
L’économie éthiopienne devrait maintenir son rythme de croissance au cours des prochaines années, selon les chiffres officiels du pays. Une continuité dans les tendances économiques alors que le pays a amorcé un virage vers le libéralisme économique, sous la houlette du nouveau Premier ministre Ahmed Abiy qui devrait aussi réconcilier un pays en proie à des violences communautaires.

L'économie éthiopienne devrait connaître une croissance de 9,2% en 2019-2020, contre 7,7% l'année précédente, selon le Premier ministre Abiy Ahmed. «L'économie va croître de 9,2% pour le prochain exercice», a-t-il déclaré. L'information révélée au cours d'un discours devant le Parlement éthiopien, ce lundi 1 juillet 2019. Le pays de 1 104 300 km² - pour une population de 105 millions d'habitants selon le recensement de 2017, dépend essentiellement de son agriculture (34%) et des services à hauteur de (43,1%). L'annonce d'une croissance presque à deux chiffres n'est pas une nouveauté pour l'Ethiopie dont le PIB connaît depuis une dizaine d'années une augmentation de l'ordre de 10% par an, ce qui a fait doubler le PIB sur la période et a permis au pays de réduire de manière significative le niveau de pauvreté, pour aspirer à figurer dans la liste des pays à revenu intermédiaire en 2025.

Un modèle axé sur l'investissement public

Le pays mise sur un soutien à la demande intérieure à travers l'investissement public de l'ordre de 23% du PIB, selon les chiffres officiels. Le pays investit principalement dans les infrastructures, dont la plus emblématique est le très controversé barrage de la Renaissance édifié sur les eaux du Nil. Autres projets majeurs, la mise en place de parcs industriels gourmands en main-d'œuvre, ainsi que des infrastructures de transport dont la ligne ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti. En sus, les autorités d'Addis-Abeba ont consenti à réduire les inégalités et la pauvreté de manière significative en consacrant notamment 70% de leurs dépenses publiques à des programmes sociaux.

Les faiblesses du modèle économique

Ces investissements qui ne doivent pas occulter les difficultés de l'économie éthiopienne liées à la sécheresse, à sa relative dépendance aux cours du café et de la demande chinoise. Aussi, le modèle économique éthiopien est parmi les plus fermés au monde. Il ne favorise pas le climat des affaires pour le pays classé à la 159e place mondiale en 2018 dans le Doing Business de la Banque mondiale. Ce qui plombe tout développement du secteur privé avec des recettes fiscales qui ne représentent que 12,7% du PIB. Des faiblesses auxquelles le Premier ministre Ahmed Abiya a promis de trouver des solutions en priorité lors de sa nomination l'année dernière en juin 2018, lorsqu'il avait annoncé une évolution du modèle économique éthiopien avant d'entamer une politique de développement du secteur privé à travers des privatisations partielles d'entreprises symboliques, comme Ethiopian Airlines et Ethio Telecom ou encore l'Ethiopian Electric Power.

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Outre la révision du modèle économique éthiopien, le gouvernement devrait faire face à la montée des conflits opposant à la fois les groupes ethniques, mais aussi les populations et l'Etat. Les derniers incidents remontent le 22 juin dernier dans la région Amhara. Dans une tentative de coup d'Etat, un commando armé avait tué le président de la région d'Amhara, un de ses conseillers et le procureur général de la localité, à Bahir Dar, la capitale régionale. Quelques heures plus tard, le chef d'état-major des armées éthiopiennes allait être tué dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Plus de 250 personnes ont été arrêtées en Ethiopie à la suite de cette tentative de coup d'Etat.

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