RDC / Minerais stratégiques : accord de partage de production entre un géant chinois des batteries et la Gécamines

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(Crédits : Gecamines)
La société étatique congolaise Gécamines signe un contrat de coopération avec le chinois Hongkong Excellent Mining Investment pour la production du cuivre et du cobalt. L’accord de partage de la production minière devrait garantir une part « significative » à Gécamines de la production annuelle issue des gisements de Kingamyambo et de Kilamusembo. Le partenariat intervient alors que la RD Congo tente une reprise en main de ses minerais.

En RD Congo, la fameuse société étatique Générale des Carrières et des Mines (Gécamines), a annoncé ce lundi la signature d'un accord de partenariat avec la compagnie chinoise Hongkong Excellent Mining Investment (une société affiliée à l'actionnaire majoritaire de la société cotée chinoise Shanghai Putailai New Energy Tech Co Ltd, Putailai) pour la production de cuivre et de cobalt. Une prime de signature de 40 millions de dollars devrait être versée par la société Hongkong Excellent d'ici la fin de l'année, selon le président de la Gécamines, Albert Yuma.

« Gécamines se félicite de la conclusion de ce projet novateur avec un acteur de référence de la fabrication de batteries lithium-ion et de leurs divers composants, qui confirme, en tant que de besoin, l'attractivité de la République Démocratique du Congo pour les groupes internationaux privés, y compris pour les consommateurs finaux de minerais dans le cadre de partenariats innovants, à rebours des discours alarmistes des principaux acteurs du secteur minier dans le pays », indique la société congolaise dans son communiqué.

La République démocratique du Congo (RDC) est le premier producteur de cuivre d'Afrique et le principal producteur de cobalt utilisé dans la fabrication de batteries de voitures électriques. De son côté, la Chine est devenue en quelques décennies le premier importateur mondial de métaux industriels. Le pays asiatique a renforcé sa présence dans le secteur minier au niveau de nombreux pays africains, pour soutenir sa croissance économique.

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La Gécamines a déjà eu à créer des coentreprises avec des multinationales présentes dans le pays comme Glencore et China Molybdenum, mais les recettes engrangées ont été jugées insuffisantes par les autorités de Kinshasa. Lesquelles optent désormais pour des accords de partage de la production, une méthode courante dans le secteur.

«Les accords de partage de la production alignent les intérêts des deux partenaires car le risque pèse désormais davantage sur l'investisseur que sur la Gécamines», a déclaré Stéphane Cormier, conseiller économique à la Gécamines à l'agence Reuters.

A la reconquête de sa souveraineté dans l'industrie minière

La Gécamines a indiqué dans un communiqué que les réserves de Kingamyambo et de Kilamusembo pourraient dépasser 1 million de tonnes de cuivre et 100 000 tonnes de cobalt. Depuis son apogée dans les années 1980, alors qu'elle produisait près de 500 000 tonnes de cuivre par an, la Gécamines s'est fortement endettée et a produit moins de 16 000 tonnes l'an dernier. La Générale se charge aussi du traitement des substances minérales provenant de ces gisements, de la transformation des produits issus du traitement, de la commercialisation et de la vente des substances minérales. L'accord de partenariat entre la société chinoise et celle étatique du Congo intervient alors que le pays essaie de réorganiser son secteur minier au grand dam des compagnies minières internationales qui ont longuement profité d'un système peu contraignant.

« Les investisseurs étrangers ont davantage profité du boom du secteur des ressources naturelles à partir de 2007 que le Gouvernement et les producteurs locaux », selon la Banque Mondiale dans un rapport en avril 2016.

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