RDC : le « ce n’est pas un au revoir, mais à bientôt » de Kabila qui ravive les inquiétudes sur ses intentions politiques

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« Je préfère ne pas vous dire au revoir, je vous dis à bientôt. La démocratie n'est pas juste une réalité, c'est un processus irréversible en RDC. Merci aux actuels chefs d'Etat qui m'ont aidé à me rendre la vie facile. Et à tous qui l'ont un peu compliqué », a déclaré Joseph Kabila devant ses pairs de la SADC.
« Je préfère ne pas vous dire au revoir, je vous dis à bientôt. La démocratie n'est pas juste une réalité, c'est un processus irréversible en RDC. Merci aux actuels chefs d'Etat qui m'ont aidé à me rendre la vie facile. Et à tous qui l'ont un peu compliqué », a déclaré Joseph Kabila devant ses pairs de la SADC. (Crédits : DR)
Dans un court discours qu’il a prononcé ce vendredi 17 août au sommet des chefs d’Etat de la SADC, le président congolais s’est laissé aller à une sorte de confidence qui ravive les craintes sur ses véritables intentions politiques. Bien qu’il ait déjà désigné son dauphin et donc s’est mis hors course de la prochaine présidentielle, la petite phrase dans laquelle Joseph Kabila a annoncé à ses pairs que ce n’est pas un « au revoir » mais un « à bientôt », a enclenché une véritable polémique à Kinshasa. Il faut dire que jusque-là, beaucoup restent sceptique sur la tenue du scrutin du 23 décembre et surtout un retrait du chef de l’Etat.

On connait de longue date, le caractère mystérieux du chef de l'Etat congolais qui en a d'ailleurs fait une marque de fabrique. Ce vendredi 17 août, Joseph Kabila Kabange a encore honoré sa réputation à l'occasion de la brève allocution qu'il a prononcé à Windhoek, la capitale de la Namibie où se tient le 38e sommet des chefs d'Etat de la SADC.

Devant ces pairs, le président Kabila a prononcé quelques mots qui ont aussitôt engendré une véritable polémique à Kinshasa où l'intervention du chef de l'Etat a été particulièrement suivie. Devant ses homologues, il a expliqué ne pas vouloir faire un discours d'adieux avec des mots quelque peu ambigus tout en se laissant aller à une plaisanterie que ses opposants trouveront certainement de mauvais goût. « Est ce que vous allez me manquer ou je vais vous manquer », s'est amusé un Kabila visiblement très détendu.

« Je préfère ne pas vous dire au revoir, je vous dis à bientôt. La démocratie n'est pas juste une réalité, c'est un processus irréversible en RDC. Merci aux actuels chefs d'Etat qui m'ont aidé à me rendre la vie facile. Et à tous qui l'ont un peu compliqué », a déclaré Joseph Kabila devant ses pairs de la SADC.

C'est pourtant en tant que président sur le départ que le chef d'Etat a été invité à se prononcer puisqu'en principe, c'est sa dernière session ordinaire d'un sommet de l'organisation sous-régionale. Les propos de Joseph Kabila n'ont d'ailleurs pas manqué d'embarrasser le maître de cérémonie, le président namibien Hage Geingob.

« Notre frère Kabila a fait un court mais significatif discours d'adieu. Même si lui-même n'aime pas le mot adieu. Félicitations pour la décision de conduire ton peuple aux élections le 23 décembre prochain » s'est contenté de dire l'hôte du Sommet dans une tentative de rappel à son homologue de ses promesses et engagements.

Soupçons d'agenda caché

C'est la première intervention publique du président Kabila depuis l'officialisation, le 8 juillet dernier, de la candidature d'Emmanuel Ramazani Shadary pour le compte de la majorité présidentielle. Ce qui en principe signe la fin du glissement. Le dauphin présidentiel était d'ailleurs parmi la délégation officielle de la RDC au sommet de Whindoek pour notamment se faire mieux connaitre des autres chefs d'Etats, ses probables homologues à condition qu'il gagne les prochaines présidentielles. Là n'est pas l'enjeu, mais avec les mots prononcés par Kabila, la polémique a vite enflé à Kinshasa. Les adeptes de la théorie d'un agenda politique caché du chef de l'Etat sortant se sont retrouvés conforté dans leur thèse. Il y a de quoi en effet car si Kabila a pris de court ceux qui craignaient sa candidature pour un troisième mandat, il n'a pas démenti ceux qui l'avaient auparavant soupçonné de « glissement » à la fin de son second et dernier mandat légal, lequel est arrivé à échéance depuis décembre 2016.

Ils sont nombreux à soupçonner Kabila de faire dans "la stratégie de Poutine" et donc de Ramazani Shadary, son "Medvedev" ou, pour les plus sceptiques, à ne rien ménager pour organiser le scrutin à temps et ainsi lui offrir une nouvelle fenêtre de prolonger son bail au Palais du peuple. Autant dire que le fait que le chef de l'Etat ait fait part de son intention de ne pas briguer un nouveau mandat ne vaut encore rien signifier.

Le chef de l'Etat rwandais, Paul Kagame, qui était invité d'honneur en sa qualité de président en exercice de l'Union africaine (UA), a certes tenu à saluer la désignation d'un autre candidat que Joseph Kabila pour la majorité au pouvoir. Cependant, il n'a pas manqué d'insister sur le fait que « ce geste est un pas accompli mais que d'autres pas restent à accomplir dans l'intérêt de la population de la RDC ».

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Commentaires
a écrit le 18/08/2018 à 12:43 :
Je pense très franchement que Joseph Kabila est sincère dans sa démarche qui du reste honore l Afrique.
Mais si d aventure il veut imiter Poutine qu il sache que la RDC n est pas la Russie et que lui même n est pas Poutine...
Qu il travaille donc pour son propre salut sinon il ouvrira le crépuscule des crapules.
Et la RDC éclatera en mille morceaux.

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