CAN 2019 : la FIFA suspend la FECAFOOT et met le Cameroun au pied du mur

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(Crédits : LTA)
C’est un nouveau coup dur pour le Cameroun dans son élan d’organiser la CAN 2019 en dépit de la polémique qui l’oppose encore et toujours à CAF. Dans une décision datée du 23 Août, la FIFA a décidé de nommer un comité de normalisation en lieu et place du bureau de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Si, les raisons ayant motivé cette décision remontent à la régularité du processus d’élection du bureau présidé depuis 2015 par Tambo A. Roko, cela va indiscutablement perturber les préparatifs de la CAN 2019 alors que la CAF est à l’affût du moindre argument pour retirer au pays l’organisation du plus grand tournoi sportif continental comme l’estime une partie de l’opinion camerounaise. A tord ou à raison ? Eléments d’analyse.

Cette fois, la Confédération africaine de football (CAF) et son président, le malgache  Ahmad Ahmad n'y sont pour rien... ou presque. C'est la Fédération international de football (FIFA), « l'ONU du ballon rond » qui s'est invitée dans la guerre larvée mais acharnée que se livrent le Cameroun et la CAF sur l'organisation de l'édition 2019 de la Coupe d'Afrique des nations (CAN 2019).

Dans une décision prise ce mercredi 23 Août 2017, le bureau du conseil de la FIFA a décidé, de nommer un comité de normalisation au sein de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). En clair, exit le bureau fédéral national actuellement en exercice et présidé par Tombi A. Roko depuis 2015, année où il a été mis en place à la suite d'un processus très polémique, où le gouvernement du pays a dû intervenir pour avaliser l'élection alors que le dossier atterrissait devant les instances internationales notamment la CAF, la FIFA et le Tribunal arbitral du sport (TAS). C'est en tout cas ce qu'explique la FIFA dans le communiqué qu'elle a publié à cet effet.

« Cette décision est liée d'une part à la confirmation par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) du jugement de la Chambre de Conciliation et d'Arbitrage du Comité Olympique et Sportif du Cameroun, laquelle a annulé la procédure électorale ayant mené à l'élection en 2015 de l'actuel comité exécutif de la FECAFOOT et, d'autre part, aux récentes tentatives infructueuses de la FIFA visant à rapprocher les différentes parties prenantes du football camerounais et ainsi sortir de l'impasse ». FIFA

Dans le même temps, la FIFA a établit le cahier de charge du comité de normalisation , dont le mandat expirera au plus tard le 28 février 2018, qui va devoir suppléer l'actuel bureau de la FECAFOOT et qui consisteront entre autres, à la gestion des affaires courantes de la Fédération, à l'élaboration de nouveaux statuts pour les différentes structures nationales et régionales ainsi qu'à superviser l'organisation de nouvelles élections pour l'installation du prochain comité exécutif de la FECAFOOT.

« Le comité de normalisation se composera d'un nombre opportun de membres, qui seront désignés par une mission conjointe de la FIFA et de la CAF prévue très prochainement. Il œuvrera par ailleurs en qualité de commission électorale et aucun de ses membres ne sera éligible pour les postes à pourvoir lors des élections » précise le communiqué.

FIFA CAMEROUN

Coup dur pour le Cameroun

La décision de la FIFA a été perçue comme un véritable camouflet pour le gouvernement camerounais, au delà de la FECAFOOT. D'autant plus que ce sont les autorités à travers le ministre du sport Pierre Ismaël Bidoung Mpkwatt qui ont soutenu et entériné le bureau élu en 2015 dans des conditions assez discutables. En dépit de la contestation de certains acteurs du foot camerounais et après la décisions de la Chambre de conciliation et d'arbitrage du comité olympique et sportif camerounais de novembre 2015 et du jugement du tribunal arbitral des sports (TAS) rendu en février 2016, l'équipe dirigée par Tombi A. Roko a été maintenue à la tête de la FECAFOOT.

Mieux encore, il y a quelques jours, dans un sursaut national visant à prouver à l'opinion internationale que le pays est bien engagé à organiser la CAN 2019 contrairement aux inquiétudes soulevées par le président de la CAF Ahmad Ahmad, le président Paul Biya a confié, par décret présidentiel , au président  sortant de la FECAFOOT, l'un des premiers postes de responsabilité au sein du comité national d'organisation de la CAN 2019 en plus de la gestion, depuis début août, de l'académie nationale du football du Cameroun.

Plusieurs membres du comité exécutif du bureau démis de la FECAFOOT sont également membres du comité local d'organisation de la CAN 2019, ce qui converge pour compliquer la tâche au Cameroun avec la perte de leur qualité suite à cette décision. Le prochain comité exécutif ne pourra de toute évidence être mis en place qu'en 2018 soit à un an de l'organisation de l'événement alors qu'une course contre la montre est déjà engagée pour rattraper le retard accusé notamment dans la construction d'infrastructures devant abriter les compétitions.

La CAN 2019 de nouveau remise en cause

Si officiellement, l'organisation de la CAN 2019 reste toujours attribuée au Cameroun, cette décision de la FIFA risque de fortement perturber les préparatifs alors que le pays accuse déjà un sérieux retard dans l'organisation du plus grand événement sportif du continent. Après la polémique soulevée par la décision prise par la CAF en juillet dernier au Maroc de faire passer le nombre des équipes de 16 à 24 puis les déclarations de son président, Ahmad Ahmad, sur l'incapacité du pays à organiser la prochaine CAN, l'horizon s'assombrit pour le Cameroun.

Le président Paul Biya s'est certes engagé personnellement à assurer la réussite de l'événement mais les choses se compliquent de plus en plus pour le Cameroun d'autant que la décision de la FIFA est intervenue en pleine nouvelle polémique sur les raisons du désistement du cabinet PwC à la mission d'audit commanditée par la CAF pour jauger le niveau de préparation du pays. La mission qui devait intervenir le weekend dernier a été ajournée à la dernière minute sur fonds de fausses déclarations attribuées à un membre de la mission d'audit mais relayée par la presse locale proche du pouvoir.

Décision en septembre prochain

La mission d'audit n'ayant pas pu avoir lieu, il va falloir attendre la prochaine réunion du comité exécutif de la CAF prévue fin septembre prochain pour définitivement statuer sur la suite des événements. Cependant, avec la multiplication des couacs qui s'abattent sur le Cameroun alors que le pays semblait reprendre la main ces derniers temps, le retrait de l'organisation de la compétition au pays redevient de nouveau à l'ordre du jour. Le président de la CAF a maintes fois soutenu que l'instance qu'il dirige sera « intraitable » avec le pays organisateur ce qui laisse entendre que le gouvernement camerounais aura fort à faire pour maintenir son organisation de la CAN 2019.

Depuis le début de la polémique, le Maroc, où Ahmad Ahmad séjourne régulièrement ces derniers temps, et qui s'est montré disposé à organiser à tout moment la compétition, revient au devant de l'actualité. Au point de faire dire à une certaine opinion que le retrait de la CAN 2019 au Cameroun est une opération orchestrée en raison notamment de la rivalité, jamais avouée mais qui ne fait aucun doute, entre l'actuel président de la CAF et son prédécesseur, le camerounais Issa Hayatou.

Au Cameroun en tout cas, cette affaire de la CAN devient de plus en plus une affaire d'Etat. Pour certains, le pays ferait mieux de surseoir à l'organisation de cette épreuve au vu de ses difficultés financières du moment et du retard pris dans les préparatifs, alors même que le pays devrait organiser des élections générales en 2018 et que la situation sécuritaire, particulièrement dans le nord du pays, reste précaire avec les récurrentes attaques de Boko Haram. Avec cette nouvelle donne, le Cameroun est plus que jamais dans des eaux troubles pour l'organisation de la CAN 2019.

Verdict, en septembre prochain à l'issue de la prochaine réunion du comité exécutif de la CAF même si dans un cas comme dans l'autre, le pays n'a pas fini de s'acoquiner avec l'instance continentale qui va devoir superviser le processus d'élection du nouveau bureau de la FECAFOOT.

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Commentaires
a écrit le 25/08/2017 à 15:41 :
Mince un Pays ou on tolère que quelqu'un d'illégale continue de travailler ... au point d'être meme décoré.
Depuis le début on savait tous que cela allait finir comme cela. Tout ce temps perdu. on aurait pu corrigé les textes de la Fecafoot et refaire les elections en mois de 3 mois... Et je suis sûr que les mêmes personnes aurait été reélu.
Onparle de complot sur quoi ... on a tout donné à la CAF et la FIFA pour ce faire tirer dessus.
a écrit le 25/08/2017 à 11:44 :
J'aurais préféré que vous nous énonciez des fait et non des supputations.
Quel pays à plus d'un an d'une compétition a été prêt? que le Pr de la CAF nous prouve par ses actions qu'il est incapable de trouver une belle raison pour évincer le Cameroun au profit de ses amis marocains.
Je tiens à préciser que le président Paul BIYA a vu venir toute cette mascarade en nommant le ministre des sports comme président du comité d'organisation...
Réponse de le 28/08/2017 à 14:19 :
la can n'est pas la coupe du cameroun mon ami, regarde là où tu as peché et non là où tu tombes
Réponse de le 03/09/2017 à 22:23 :
je vous avais averti que les enfants du nord cameroun sont tres sages sauf que monsieur biya connait mais fait l'ignorant .c'est joseph owona qui modifie' la constitution du cameroun avec la benediction de biya bi nvondo apres tout ceci il est revenu a la fecafoot regardez ce qui s'est passe' apres son organisation du bordel . j 'attir votre attention apres le president HAMADOU AHIDJO c est joseph owona qui a ete a l'oriugine de vendre toutes les societes de develloppements rurales et industrielles que LE PRESIDENT HAMADOU AHIDJO AVAIT CREAIT POUR LE BIEN DU PAYS. maintenant,OWONA GUINI DIT QU'il est opposant a biya et il est complice de la mort de GRAND CAMARADE ATEBA YENE .OU EST LE SERIEUX ALA MANGEOIR DE la fecafoot de la nation et du football,?
a écrit le 24/08/2017 à 16:33 :
dans un complot les coût dur ne vient pas toujours du côté ou l'on attend
a écrit le 24/08/2017 à 14:35 :
N'importe quoi cet article

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