Télécoms : l'Angola s’apprête à chambouler son paysage concurrentiel

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Vue sur Luanda, la capitale de l'Angola.
Vue sur Luanda, la capitale de l'Angola. (Crédits : Reuters)
Les autorités angolaises ont annoncé l'arrivée prochaine d'un quatrième opérateur télécoms dans le pays. Le gouvernement va lancer un appel d'offres international en ce sens et s'active pour finaliser le cahier des charges. Mais la presse y voit une menace du nouveau pouvoir aux intérêts de la famille de l'ancien président qui contrôle le secteur.

Le gouvernement angolais a décidé d'ouvrir le secteur de la téléphonie du pays à un quatrième opérateur. Selon le département d'Etat en charge du secteur des télécommunications, les dispositions sont entrain d'être prises dans ce sens. « Le gouvernement va lancer un appel d'offres international pour un quatrième opérateur de télécommunications, incluant les réseaux fixe, mobile et de télévision par abonnement », a indiqué le ministre José Carvalho da Rocha cité par la télévision nationale.

Selon lui, cette décision du gouvernement est motivée par sa volonté de renforcer la concurrence pour améliorer le service, afin de pouvoir agir sur la tarification et la qualité de la prestation dans le secteur. Alors que deux sociétés privées se partagent actuellement le secteur de la téléphonie mobile en Angola à savoir Unitel et Movicel, le ministre a également annoncé la privatisation de 45 % du capital d'Angola Télécom, la compagnie publique de téléphonie, qui gère actuellement le seul réseau fixe. José Carvalho da Rocha a précisé que la société publique allait désormais, elle aussi, opérer dans le secteur du mobile.

Cette ouverture pourrait permettre d'améliorer le taux d'abonnés dans le pays. Aujourd'hui estimé à un peu plus de 11 millions, soit 40%, ce taux pourrait grimper avec la concurrence sur les prix et les services, portée par une agressivité commerciale qui augmente avec le nombre de concurrents.

Une attaque envers les dos Santos ?

Suite à l'annonce du gouvernement plusieurs sources ont commencé à voir en la manœuvre, une tentative du nouveau pouvoir de marquer son territoire et de frapper les finances de la famille de l'ancien président angolais José Eduardo dos Santos. Les deux sociétés de téléphonie mobile du pays sont en effet, majoritairement détenues par les proches de l'ancien homme fort de Luanda. Isabel dos Santos, sa fille aînée, détient plus de la moitié du capital d'Unitel, le premier opérateur du pays. Alors que sa demi-sœur Welwitschia dite ''Tchize'' détient des parts dans celui de son concurrent Movicel.

Déjà à la mi-novembre 2017, de manière inattendue, quelques mois seulement après le départ de son père du pouvoir, Isabel dos Santos avait été relevée de ses fonctions à la tête de la Sonangol, la puissante compagnie publique de pétrole, alors qu'elle croyait y rester encore pour quelques années. Alors que plusieurs personnes ont voulu y voir un coup porté à son père, des sources proches du pouvoir indiquent que d'autres facteurs comme la fragilité de la compagnie face à la baisse du prix du baril de pétrole sur le marché mondial pourraient expliquer cette éviction. Pour la première fois de l'histoire du pays, en décembre 2016, la Sonangol avait annoncé qu'elle était incapable de verser des dividendes à l'Etat angolais.

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