TIC : l'Afrique, toujours dernier de la classe...

Bien qu'on insiste partout dans le monde sur l'urgence d'une transformation digitale de l'Afrique, concrètement, peu de progrès ont été enregistré. En effet, le tableau que dresse l'Union Internationale des Télécoms dans son dernier rapport est plutôt sombre. Plus de la moitié des pays restent parmi "les moins bien connectés". Décryptage...
Mehdi Lahdidi
(Crédits : REUTERS/Tim Wimborne)

Le « leap frog » n'est pas pour aujourd'hui. A en voir les données publiées par l'Union Internationale des Télécoms (UIT), l'arriération n'est pas un avantage, contrairement à ce que suppose le concept qui est sur toutes la bouches. L'Afrique subsaharienne enregistre de loin la plus faible performance régionale de l'Indice de développement des TIC, qui regroupe des indicateurs quantitatifs pour l'accès à ces technologies, leur utilisation et les compétences des citoyens dans ses outils. C'est ce que dévoile l'organisation qui vient de rendre public son rapport intitulé « Mesurer la société de l'information ».  Seuls trois pays du continent, en l'occurrence les États insulaires de l'océan Indien de l'île Maurice et des Seychelles, ainsi que l'Afrique du Sud, tombent dans les deux quartiles supérieurs de l'indice du développement des TIC ou dépassent la valeur moyenne mondiale de l'indice en 2016.  Le Cap-Vert et le Botswana, quant à eux, dépassent la valeur moyenne pour les pays en développement. Il ne s'agit là que d'exceptions qui confirment la règle. En effet, 29 des 39 pays africains subsahariens se classent parmi les « pays les moins connectés ». Pire, le continent abrite les dix pays les moins bien connectés au monde. Un certain nombre des pays africains les moins développés ne sont pas inclus dans l'Index pour manque de données, mais selon le rapport « il est probable que certains d'entre eux auraient également des scores très bas ». Ces résultats montrent à quel point l'Afrique est en retard par rapport aux autres régions dans le développement des TIC.

Classement TIC

L'Afrique du nord se démarque

Pour les pays de l'Afrique du nord, que l'organisation classifie uniquement avec les autres pays arabes, la tendance est légèrement meilleure. Elle concerne principalement la pénétration de la téléphonie mobile à large bande. Les performances dans ce segment ont été particulièrement fortes en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Au royaume chérifien, son voisin de l'Est et en Mauritanie, la proportion de ménages ayant accès à Internet s'est drastiquement élevé. D'ailleurs, il est à noter qu'en Algérie la proportion d'internautes augmente mieux que les pays de la région.

De façon globale, les améliorations les plus dynamique du score entre 2015 et 2016 ont été observées dans les pays à revenu intermédiaire. C'est le cas de l'Algérie qui a amélioré son indice de 0,66 points et augmenté de neuf places dans le classement mondial, le Maroc (+ 0,35 point) et la Tunisie (+0,34 points).

Le tableau est encore plus sombre. Si tous les pays ont enregistré un certain progrès entre 2015 et 2016, l'amélioration moyenne enregistrée était de 0,18 point. Un taux qui reste inférieure à l'amélioration moyenne de 0,22 point pour les pays en développement. Les dix pays qui se situent en tête du classement africain ont obtenu une amélioration moyenne de 0,33 point, bien au-dessus de la moyenne mondiale de 0,20. Pendant ce temps, les autres pays de la région, tous considérés parmi les nations les moins bien connectées, n'ont amélioré leurs scores que de 0,14 point. Seuls quatre pays - le Rwanda, le Libéria, l'Éthiopie et le Burundi - ont augmenté leurs notes de plus de 0,20 point. Cela confirme que le fossé continue de s'élargir entre les pays développés et ceux en voie de développement.

La pénétration du mobile, cette bouée de sauvetage...

Pour la partie remplie du verre, il faut noter qu'il existe des segments où l'Afrique fait du progrès. Les indices qui ont enregistré la plus forte amélioration sont la pénétration de la téléphonie cellulaire mobile et la pénétration de la téléphonie mobile à large bande. Le Burundi, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée, l'Afrique du Sud et la Tanzanie ont enregistré une amélioration particulièrement prononcée de la pénétration du mobile. Par contre, dans neuf pays, l'indice a diminué. Différents facteurs peuvent expliquer ces réductions : au Mali, par exemple, la réduction se justifie par l'amendement de la loi des télécoms exigeant l'identification des abonnés mobiles. Des améliorations particulièrement importantes de la pénétration du haut débit mobile ont été enregistrées au Botswana, au Cap-Vert, en Côte d'Ivoire, Au Gabon, en Namibie et au Rwanda. Les augmentations les plus significatives de la téléphonie fixe et du haut débit fixe se sont produites en Afrique du Sud.

Mehdi Lahdidi
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Commentaires 2
à écrit le 12/01/2017 à 15:23
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Oui nous serons toujours les derniers car en Afrique en général les politiciens sont des des personnes qui ne font pas des études poussées sauf ceux qui étaient en Europe ,c'est à dire les enceins et se sont eux qui incarne l'Afrique jusqu'à présent ...

à écrit le 12/01/2017 à 15:19
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Oui nous serons toujours les derniers car en Afrique en général les politiciens sont des des personnes qui ne font pas des études poussées sauf ceux qui étaient en Europe ,c'est à dire les enceins et se sont eux qui incarne l'Afrique jusqu'à présent ...

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