« Smart Cities »  : relever le défi d'un financement complexe

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(Crédits : Reuters)
La contribution exclusive des États ayant montré ses limites, l'heure est désormais aux partenariats public-privé, et, surtout, à la participation des banques et des fonds d'investissement privés pour financer les villes intelligentes.

Favoriser l'émergence de villes intelligentes en Afrique nécessite du financement stratégique. Une approche sur laquelle toutes les expertises s'accordent. « Les projets de ville intelligente sont souvent complexes, se déroulent sur le long terme, associent de multiples partenaires et comportent de nombreux risques », justifie le Kényan Mukhisa Kituyi, secrétaire général de Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) dans un rapport de mai 2016. Au regard de ce qui se fait ailleurs, la question du financement des smart cities suscite beaucoup de réflexions. Si l'investissement exclusif de l'État a démontré ses limites, le défi reste majeur, car si l'on s'en tient uniquement aux infrastructures, socle de la smart city, les besoins annuels en financement sont estimés à 170 milliards de dollars en Afrique, alors que l'échéance des objectifs de développement durable (ODD) pour le Continent, fixée à l'horizon 2030, se rapproche à grande vitesse.

Les PPP, une option à privilégier

Dans une étude récente, Smart Cities Funding and Financing in Developing Economies, Deloitte conclut que le financement en partenariat public-privé (PPP) est l'option à privilégier pour concrétiser les smart cities dans les économies en développement. Le bémol qu'apporte toutefois le cabinet international est la nécessité de garantir un rendement adéquat aux investisseurs privés lorsqu'ils acceptent de s'associer au public. Sur le terrain, les institutions multilatérales comme la Banque africaine de développement (BAD) portent désormais dans leur ADN l'accompagnement de la smart city dans les pays, engagement rehaussé par le projet d'intégration régionale de l'Union africaine.

Cependant, une tendance encore timide observée récemment est l'engagement des banques et des fonds d'investissement. C'est le cas de Société Générale qui, aux côtés de cinq autres entreprises - dont le leader mondial de communication extérieure, JCDecaux, et Signify, le géant de l'éclairage pour les professionnels, les particuliers et l'Internet des objets -, a officialisé à Nairobi, en mars 2019, l'Alliance mondiale pour les villes intelligentes en Afrique (ou Global Alliance for Smart Cities in Africa, Gasca). Objectif : promouvoir la construction de solutions innovantes et durables pour le développement des smart cities. Son premier grand projet consiste à installer des lampadaires intelligents dans les milieux urbains et ruraux afin de répondre notamment aux problèmes d'électrification et de connectivité.

Présent dans 19 pays du Continent, Société Générale contribue à cette alliance en mettant à profit son savoir-faire en matière de financement de l'énergie et des infrastructures. Le groupe bancaire français a notamment participé au financement du pôle urbain les Sphères ministérielles de Diamniadio, à Dakar, au Sénégal, une smart city équipée de bâtiments intelligents. Au-delà, la finance verte comme solution de financement des villes intelligentes en Afrique éveille les esprits. Mais jusqu'ici, peu d'initiatives portent particulièrement cette piste au niveau régional. Les expériences restent dispersées entre les pays. En revanche, l'accréditation en mars 2019 d'Attijariwafa Bank - leader de la banque au Maroc et quatrième au sein de l'Union monétaire ouest-africain - par le Fonds vert pour le climat des Nations unies pour exécuter des financements verts en Afrique pourrait changer la donne.

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