Pourquoi je soutiens la candidature d'Audrey Azoulay à la tête de l'Unesco (Kakou-Gervais)

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(Crédits : DR)
L'UNESCO est à un tournant de son histoire. L'élection, dans quelques semaines, du prochain Directeur général de l'organisation onusienne est l'occasion de redonner un second souffle à une institution vieillissante, parfois déconnectée des enjeux modernes et souvent prisonnière des stratégies diplomatiques des États.

Avant tout, je voudrais préciser que mes propos n'engagent que ma personne et nullement les Autorités ivoiriennes. Du 4 au 18 octobre aura lieu, à Paris, la 202e session du Conseil exécutif de l'UNESCO. Les représentants des 58 États membres vont se réunir pour voter à bulletin secret pour celui qui prendra la tête de la prestigieuse institution pour un mandat de 4 ans.

Diplomate de carrière et ancien ministre des Affaires étrangères de Côte d'Ivoire, je connais l'importance de l'UNESCO dans les relations multilatérales et le développement de la Science et de la Culture, notamment sur le continent africain. Aujourd'hui, l'institution est mal comprise, souvent sous-estimée et étonnamment réduite au label de protection du « patrimoine mondial de l'UNESCO ».

Une institution en quête d'un nouveau souffle

Pourtant, c'est une organisation dotée d'un formidable potentiel, qui a su par le passé favoriser les rencontres et les échanges sur l'ensemble du globe, au profit du progrès humain. L'UNESCO doit retrouver ce rôle d'aiguillage et de soutien pour le développement de tous les savoirs. Je crois profondément qu'Audrey Azoulay est la candidate la plus qualifiée pour relever ce défi.

C'est, évidemment, son expérience en tant que Ministre de la Culture et de la Communication qui m'inspire confiance. La connaissant, j'ai une absolue certitude dans ses qualités et ses compétences pour sauver cette prestigieuse institution du marasme. Mais Audrey Azoulay, c'est aussi une personnalité singulière, attachante et multiculturelle, à cheval, par son histoire familiale, entre les deux rives de la Méditerranée, au croisement des trois monothéismes.

A la déconvenue générale, l'UNESCO pâtit de son instrumentalisation : ses difficultés actuelles viennent surtout du mauvais usage qu'en ont fait certains États, désireux de transformer cette belle organisation en outil politico-diplomatique. La personnalité et le parcours d'Audrey s'inscrivent précisément au-dessus de ces tensions et de ces oppositions stériles, qui ont bloqué l'institution pendant tant d'années. N'appartenant à aucun des « camps » qui paralysent l'organisation depuis si longtemps, je sais que la candidate française saura la redynamiser et la rendre audible auprès des États membres. Des Etats qui ont oublié que l'UNESCO n'était pas un outil au service de leurs intérêts, mais un partenaire au service des populations de la planète.

Un programme en phase avec les enjeux modernes

Enfin, c'est aussi la jeunesse et le projet d'Audrey Azoulay qui me rassurent : l'organisation doit définitivement s'inscrire dans le XXIe siècle, se moderniser et même avoir un temps d'avance. Audrey Azoulay représente cette génération qui connaît le monde d'aujourd'hui et qui affrontera celui de demain. Or, je suis ravi de voir que la candidate française prépare justement le futur, avec un programme particulièrement centré sur les défis du changement climatique et ceux de la préservation de notre écosystème.

En proposant de rétablir l'UNESCO dans son rôle de catalyseur des talents et des avancées scientifiques pour stimuler la recherche, la candidate française veut placer l'institution en première ligne pour la défense du climat et de la biodiversité. Un pari audacieux, auquel j'adhère avec enthousiasme. Mais la principale mission de l'UNESCO concerne la scolarité des enfants. Je suis particulièrement sensible au souhait d'Audrey Azoulay d'amplifier l'immense soutien financier et humain que l'UNESCO procure aux pays d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Asie pour les aider à mettre sur pied des programmes d'Éducation ambitieux et adaptés.

L'UNESCO doit sortir de sa longue léthargie, défendre ses multiples actions et façonner l'avenir. Le symbole est beau : une candidate idéale pour dynamiser une institution parisienne trop longtemps assoupie. Toutes ces raisons expliquent mon soutien personnel à la candidature d'Audrey Azoulay à la direction générale de l'UNESCO.

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