Destination Afrique : du tourisme d'affaires et plus si affinités...

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(Crédits : DR)
Ces dernières années, le secteur touristique africain a été durement touché par le fléau terroriste, même s'il a su faire preuve de résilience en hissant le niveau de ses normes de sécurité et en comptant sur la fidélité de la clientèle d'affaires qui porte à bout de bras ses performances. Un segment stratégique qui garantit aux autres secteurs économiques les conditions d'accueil optimales de leurs investisseurs et partenaires d'affaires potentiels. Toutefois, le tourisme africain ne saurait être réduit à ce segment et peut se targuer d'un potentiel indéniable qui reste à concrétiser en garantissant les conditions nécessaires à son essor.

Tunis, Ouagadougou, Abidjan et inévitablement Bamako. L'Afrique a payé dans sa chair le lourd tribut du fléau terroriste. Le point commun entre les attaques de ces dernières années : elles prennent pour cible des lieux touristiques et des installations hôtelières qui connaissent une grande affluence de touristes et d'hommes d'affaires internationaux. Une manière pour la nébuleuse jihadiste de priver les pays qu'elle vise des importantes rentrées en devises du secteur touristique et d'attaquer le cœur battant de leurs économies en faisant fuir les investisseurs et partenaires d'affaires potentiels.

Mal leur en a pris puisque comme l'atteste Mossadeck Bally, fondateur du groupe hôtelier ouest-africain Azalaï, lors d'un entretien accordé à «La Tribune Afrique», « les touristes deviennent de plus en plus résilients, surtout ceux qui voyagent pour les affaires ». L'argument a d'autant plus de poids qu'il émane du patron d'un groupe qui a souffert de l'impact des attaques qui ont notamment touché la capitale malienne ces dernières années.

Résilience et développement

Alors, en attendant de résoudre la problématique sécuritaire au niveau des Etats de la région et de leurs partenaires internationaux, au premier rang desquels figure la France -espérons que la récente mise en place de la force commune G5 Sahel y contribue grandement, les professionnels du secteur se mettent au diapason des normes et standards internationaux pour garantir au maximum la sécurité de leurs clients. Car faute d'arrêter le fléau terroriste qui agît désormais même au cœur des capitales occidentales, il faut savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur et avancer dans le sens du développement d'un secteur touristique africain résilient. Il en va du développement de tous les autres secteurs économiques des pays africains.

En effet, mises à part quelques destinations à l'aura internationale, le secteur reste porté par le tourisme d'affaires sur le continent. Un segment stratégique qui bénéficie de l'attractivité renouvelée de l'économie africaine et qui garantit aux autres secteurs les conditions d'accueil optimales de leurs investisseurs et partenaires d'affaires potentiels.

Un potentiel à concrétiser

Toutefois, le tourisme africain ne saurait être exclusivement réduit à son segment MICE et les pays du continent se doivent de déployer des stratégies touristiques qui leur permettent d'accroître aussi bien le nombre d'arrivées, que les dépenses de voyage des touristes internationaux et locaux. Au vu de son riche patrimoine culturel et de la variété de ses innombrables sites naturels, le potentiel touristique africain est indéniable. Reste à le concrétiser en garantissant les conditions nécessaires à son essor.

Développement de la capacité litière, formation des ressources humaines à haute qualification, connectivité aérienne, diversification de l'offre, stratégie de promotion efficace mettant à profit les technologies de l'information et de la communication, ... Les chantiers préalables sont nombreux et chacun d'eux doit être mené de front et de concert par les autorités et les professionnels.

Promotion mutualisée

Certains pays vont même plus loin dans la logique de concertation en promouvant une offre touristique mutualisée avec leurs voisins. C'est le cas du Rwanda et de ses voisins éthiopiens et tanzaniens qui font même des émules en Afrique de l'Ouest. Ainsi au Bénin, on ne cache pas sa volonté de s'inspirer de l'exemple rwandais comme nous l'expliquait, il y a quelques mois, José Pliya, directeur de l'Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme. Reste à convaincre les pays voisins des vertus et bénéfices d'une telle démarche.

In fine, la concertation est plus que nécessaire en la matière. Car, s'il est difficile pour chaque pays d'être visible seul sur les radars internationaux, il est beaucoup plus aisé pour la destination Afrique dans son ensemble de faire valoir ses arguments auprès des prescripteurs les plus importants. Ce faisant, la destination gagnerait en visibilité et en attractivité et pourrait même s'offrir le luxe de faire la pédagogie et la promotion efficace de sa riche mosaïque naturelle et patrimoniale.

D'ici là, rien n'empêche les hommes et femmes d'affaires en séjour dans les capitales africaines, même pour les plus studieux d'entre eux, de décrocher le temps d'une virée au dépaysement garanti.

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