Changement climatique : un monde sans Trump

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(Crédits : DR)
Il y a un peu plus de six mois, l'élection de Donald Trump à la magistrature suprême américaine avait jeté un froid sur les travaux de la COP 22, organisée à Marrakech. Une COP qui se voulait comme celle de l'action, en se donnant comme objectif de concrétiser l'Accord de Paris, obtenu de haute lutte lors de la précédente édition. D'aucuns craignaient que le nouveau locataire de la Maison Blanche, climato-sceptique convaincu, ne saborde toutes les avancées à mettre à l'actif de l'Administration Obama en matière de lutte contre le changement climatique. C'est désormais chose faite !

Le président américain a mis sa promesse électorale à exécution en annonçant officiellement le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris. Une mauvaise nouvelle pour les autres pays signataires qui n'ont pas manqué d'exprimer leur regret face à la décision du président à la «crinière» orange. Mais là où la réaction s'est voulue la plus virulente, c'est bien en Afrique !

Trump

L'Afrique en première ligne

Le continent noir est à la fois celui qui pollue le moins et qui subit le plus les effets du réchauffement climatique. L'Union africaine (UA) n'a d'ailleurs pas tardé à réagir. Si l'institution panafricaine exprime un regret à peine voilé face à cette décision, elle tient à garder bon espoir de faire changer le président Trump d'avis : «L'UA mettra à profit le sommet du G20 pour sensibiliser davantage le Président des Etats-Unis Donald Trump à propos des enjeux du réchauffement climatique, pour l'intéresser à cette question et impliquer davantage son pays dans l'effort mondial pour faire face à ce défi qui interpelle plus encore les nations africaines que celles du reste du monde».

L'Afrique qui se propose de refaire l'instruction climatologique du cancre Trump ? Rien que cela ! En fait, si l'UA veut garder espoir, même de manière illusoire, que l'administration américaine change de position, c'est bien parce que les Etats Unis représentent l'un des principaux pollueurs de la planète, mais aussi et surtout, l'un des principaux bailleurs de fonds de la cagnotte climatique de l'Accord de Paris.

Les milliards de la COP

Pour rappel, pas moins de 100 milliards de dollars devaient être alloués aux pays en développement, notamment africains, en appui à leur effort de lutte et d'adaptation au dérèglement climatique. Même si ces milliards sont encore à l'état de promesse, le désengagement américain porte un coup sévère au processus de mobilisation des ressources. Certes, le monde n'est pas suspendu à la volonté du seul Donald Trump, mais sa position peut contribuer à disloquer le front climatique et pousser chaque partie dans ses retranchements.

Or, pour l'Afrique qui est à peine aux balbutiements de sa transition énergétique, cela peut représenter un très mauvais signal. En effet, sans les fonds de l'Accord de Paris, le continent ne pourra pas supporter les investissements colossaux nécessaires pour installer une production significative en énergies renouvelables. L'Afrique n'aura alors d'autres choix que d'exploiter à outrance les fossiles de son riche sous-sol au péril de la durabilité planétaire. Et pour peu qu'il réussisse son pari de développement sans prendre en compte la donne climatique, le continent se rangerait du côté des plus grands pollueurs mondiaux dans les prochaines années.

Photo de famille COP 22

Bout de planète

Alors si le président Trump estime que l'Accord de Paris désavantage les Etats Unis, le sabordage de celui-ci pourrait représenter un coup fatal à la volonté africaine d'engager une transition énergétique sereine vers un développement durable, au bénéfice du continent et de la planète. Gageons que les engagements renouvelés des autres grands signataires de l'Accord de Paris, notamment l'Union européenne et la Chine, permettront d'en sauver la teneur et d'en concrétiser les termes, même sans les Etats-Unis. Car après tout, si Trump n'a d'yeux que pour son bout de planète, le monde de demain se fera sans lui !

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Commentaires
a écrit le 09/06/2017 à 8:21 :
Belle analyse!
Pour ma part, je suis tenté de sympathiser avec Donald Trump dans sa décision de "saborder" l'accord de Paris. Beaucoup trop souvent des pays occidentaux (et j’indexe la France cette fois-ci) font la campagne médiatique d'accords dont-ils ne sont que des contributeurs minoritaire. Le soucis de Trump, à mon avis, se situe à la part de chaque pays signataire. Contrairement au ''socialiste'' Obama, Trump est un capitaliste avéré, voilà ce qui explique ses prises de position même au sujet du financement de l'OTAN.

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