Leadership en Afrique : le déclic Macron

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(Crédits : DR)
Emmanuel Macron n'était qu'un enfant lorsque nombre des dirigeants africains actuels accédaient au pouvoir. Cela pose avec acuité la question du renouvellement du personnel politique en Afrique. L'élection du nouveau président français représentera-t-elle un déclic dans ce sens ?

A peine plus d'une année. C'est le temps qu'il aura fallu à Emmanuel Macron pour quitter le gouvernement, lancer le mouvement «En Marche !», faire âprement campagne, et accéder, en ce dimanche 7 mai 2017, à la magistrature suprême. A 39 ans, il devient le plus jeune Président de la République française. Impensable, il y a encore quelques années ! C'est dire que le monde a changé et ce changement ne peut que s'accélérer. De plus en plus de jeunes sont appelés à prendre des responsabilités grandissantes. Non par jeunisme, mais plutôt par compétence et surtout grâce à une meilleure appréhension des enjeux actuels, notamment à l'aune des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Le candidat Macron ne s'y est d'ailleurs pas trompé en en faisant l'un de ces principaux arguments de campagne.

Enjeux actuels

La transformation digitale, actuellement en cours, est un sillon profond qui traverse les champs social, économique et politique de tous les pays, quel que soit leur stade de développement. C'est à la fois une opportunité de faire mieux et plus vite dans tous les domaines d'action de l'Homme, mais aussi un risque de voir ce dernier débordé par le monstre technologique qu'il a lui-même créé. Alors qui mieux que ceux qui ont grandi avec ces nouveaux outils pour en maîtriser la portée, les usages possibles et les travers inhérents ?

Ici en Afrique, ce n'est pas chose aisée de concevoir que la destinée de la France soit désormais aux mains d'un aussi jeune Président. Plus difficile encore d'imaginer qu'une telle chose puisse arriver sous nos latitudes. Emmanuel Macron n'était qu'un enfant lorsque nombre des dirigeants africains actuels accédaient au pouvoir. Le gap générationnel est de ce point de vue immense. Mais ici aussi, au gré de la transformation digitale et de la vitalité démographique, nous assistons à l'émergence d'une nouvelle génération qui aspire à prendre la pleine part de la responsabilité qui lui incombe. De jeunes ambitieux qui se fixent comme objectif de conquérir le pouvoir pour réformer leur pays et rompre définitivement avec le logiciel obsolète de leurs aînés.

Le temps de la jeunesse

La victoire de Macron vient les conforter dans leur entreprise et les aidera sans doute à convaincre leurs concitoyens que la jeunesse n'est pas forcément un obstacle dans l'exercice du pouvoir et qu'elle peut même représenter un élément décisif pour être en écho avec les aspirations de peuples largement jeunes. D'ailleurs, il n'aura pas fallu longtemps, après le premier tour de la présidentielle française, pour que certains d'entre eux affichent leurs intentions au grand jour. C'est le cas notamment de Cabral Libbi qui, à 37 ans, vient d'annoncer sa candidature à la présidentielle camerounaise de l'an prochain, en faisant même explicitement référence à l'exemple Macron.

Il n'est pas le seul à qui le succès de ce dernier donne des raisons de croire à une possible ascension fulgurante jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Il suffit de consulter les réseaux sociaux pour constater que la toile africaine déborde de jeunes aspirants, portés par des milliers de supporters. Toutefois, il faut savoir raison garder et ne surtout pas penser que la jeunesse est un argument suffisant pour remporter une élection. Plus encore, si l'outil technologique est à n'en point douter un avantage certain pour toucher une population de plus en plus connectée, il est loin d'être suffisant.

Le renouvellement de la classe dirigeante africaine est plus que jamais nécessaire, à condition que les nouvelles générations sachent catalyser les aspirations de leurs concitoyens, et mieux les incarner. C'est à ce prix que le temps de la jeunesse au pouvoir viendra aussi en Afrique et sans doute plutôt que certains ne le pensent...

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