Ce que cache l’offensive israélienne en Afrique

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Abdelmalek Alaoui, Editorialiste
Abdelmalek Alaoui, Editorialiste (Crédits : LTA)
«Keep your friends close, but keep your enemy closer». Benyamin Netanyahou a repris à son compte l’un des leitmotivs de Michael Corleone dans le film «Le Parrain», en lançant une vaste offensive continentale dont le point d’orgue devrait être le sommet Afrique-Israël de Lomé qui se tiendra du 23 au 27 octobre prochain. Au-delà des traditionnels domaines de coopération que sont le renseignement, les mines, la santé et l’agro-industrie, que va réellement chercher l’Etat hébreu sur le continent noir ?

A Tel-Aviv comme à Lomé, les organisateurs du sommet sont dans les starting-blocks. Leur objectif, «réussir» cet événement réunissant pour la première fois des dirigeants africains avec l'Etat hébreu. S'il est à peu près certain que la majorité des chefs d'Etat du continent ne feront pas le déplacement, Tel-Aviv n'en est pas moins extrêmement mobilisée afin de démontrer qu'Israël peut normaliser ses relations avec une partie de l'Afrique. Pour cela, les grands moyens ont été déployés depuis plusieurs mois et les rendez-vous bilatéraux entre Netanyahou et certains de ses pairs africains ont été multipliés afin de les convaincre de se rendre au rendez-vous togolais.

A date, outre l'hôte du sommet, Faure Gnassingbé, il est à peu près certain que Paul Kagamé sera du rendez-vous, aux côtés d'une probable dizaine de chefs d'Etat et de gouvernement du Continent. Il faut dire que le Premier ministre israélien a pu récemment mesurer la faiblesse de sa cote de popularité africaine, lorsque sa présence lors du sommet de la CEDEAO, début juin, avait contraint un certain nombre de dirigeants à annuler leur participation à la toute dernière minute.

De ce fait,  lorsqu'il examine une carte de l'Afrique, Benyamin Netanyahou connaît les zones qu'il lui est impossible d'investir. Tout d'abord, l'Afrique du Nord et l'arc sahélien -proximité avec la cause palestinienne oblige- sont presque totalement imperméables à toute tentative de rapprochement avec l'Etat hébreu, que ce soit dans un cadre bilatéral où à travers une plateforme multilatérale continentale.

D'ailleurs, aucun pays de la zone n'entretient de relations diplomatiques avec Tel-Aviv, à l'exception du cas très particulier de l'Egypte, avec laquelle l'Etat hébreu est frontalier. Israël entretient également des relations complexes avec l'Afrique du Sud, car il lui est toujours reproché son engagement aux côtés du régime afrikaner de l'apartheid. Ajoutons à cela la proximité idéologique et historique entre l'ANC et l'OLP, et l'on comprend mieux pourquoi Netanyahou et Shimon Pérès avaient été contraints de ne pas se rendre aux obsèques de Nelson Mandela en 2013.

Un terrain de jeu fragmenté

En Afrique centrale et de l'Est, l'Etat hébreu peut espérer trouver des relais plus dynamiques au niveau de ses terrains de jeu traditionnels que sont les mines, le renseignement, la santé et l'assistance technique à l'agro-industrie. Ces quatre éléments ont dessiné depuis trente ans les lignes de force de la projection de puissance israélienne sur le Continent. Si les mines et le renseignement sont essentiellement portés par des acteurs privés très actifs, la coopération dans l'agro-industrie et dans la santé est quant à elle soutenue par l'agence MASHAV, bras armé d'Israël en matière de coopération internationale, dépendant du ministère des Affaires étrangères. A travers elle, de nombreuses initiatives en direction de l'Afrique ont été lancées au cours des dernières années, renforçant les positions de Tel-Aviv dans de nombreux pays et balisant la voie à la grande offensive diplomatique initiée par Benyamin Netanyahou depuis la montée en puissance de la représentativité de  l'Etat palestinien dans les institutions internationales.

Le nouveau terrain de bataille du «Soft Power» israélien : la technologie

Car en bon politicien, Netanyahou sait compter. Et l'Afrique, ce sont pas moins de 54 pays et donc autant de voix à l'ONU. Dans un contexte où il est de plus en plus difficile pour Tel-Aviv de continuer à défendre ses positions dans les institutions multilatérales en se basant sur ses alliés traditionnels, l'Afrique est donc devenue le champ de bataille prioritaire de la diplomatie israélienne afin de tenter de mobiliser de nouveaux soutiens. Et pour cela, il apparaît clairement que la doctrine poursuivie jusqu'alors ne suffit plus, d'où la volonté pour le leadership israélien de se positionner sur de nouveaux thèmes porteurs d'avenir : la technologie et l'éducation .

Ce n'est donc certainement pas un hasard si le futur Sommet de Lomé a choisi pour thème l'innovation et la formation comme axes centraux des échanges. En effet, Israël a cette particularité d'être l'Etat au monde -hors Etats-Unis- ayant le plus de sociétés cotées (96) au sein du Nasdaq, l'indice américain des valeurs technologiques. Et pour ce pays qui se rêve en «Nation start-up», l'Afrique constitue le laboratoire idoine afin de lancer une vaste offensive digitale en mettant en première ligne les entreprises israéliennes, à la pointe mondiale de ce domaine.

En  investissant le numérique plutôt que les industries extractives ou l'énergie, traditionnellement convoitées par les grandes puissances américaine ou chinoise , Israël a tout à gagner sans exacerber de dynamique concurrentielle avec l'Oncle Sam. En outre, investir le terrain de la technologie nécessite infiniment moins d'investissements et n'est pas aussi dépendant des aléas politiques. A tous les niveaux, ce positionnement constitue un avantage.

Toutefois, c'est au niveau du second volet, l'éducation, qu'Israël semble vouloir sortir de sa zone de confort. Jusque-là, seul un petit millier d'Africains se rendent en Israël chaque année pour étudier. Lors du prochain Sommet de Lomé, des annonces substantielles devraient être faites pour intensifier ce volet, ce qui n'est pas sans soulever certaines craintes. En effet, un certain nombre de pays voient d'un œil suspect cette volonté israélienne de se positionner sur le terrain de l'éducation, que l'on sait extrêmement sensible. De là à y voir une volonté de mettre en place un système de «formatage» des jeunes esprits africains, il n'y a qu'un pas...

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a écrit le 17/07/2017 à 14:26 :
"Un formatage des jeunes esprits" le fantasme des ignorants. Je n'ai pas connaissance, sauf les Etats Unis, d'un brassage culturel aussi intense qu'en Israël sur une période aussi courte. Il y réside même une communauté Bahai de quelque centaine de personnes totalement intégrée dans la société. Quelle ironie de savoir que plus de 30000 "clandestins" essentiellement d'origine africaine vivent sur le territoire israelien et ne veulent surtout pas en partir.
Le risque le plus violent pour ces certains de ces "jeunes esprits africains" sera de surmonter le conflit cognitif produit par la confrontation de la réalité israélienne au formatage idéologique dans lequel ils auront été éduqués
a écrit le 17/07/2017 à 9:08 :
Disons que le problème majeur d’Israël depuis de nombreuses années c'est que c'est un régime d'extrême droite, particulièrement violent envers les minorités et entièrement recroquevillé sur lui même il va de soi que cela ne peut qu’avoir des conséquences sur le commerce extérieur à terme.

On n'a pas envie de faire des affaires avec quelqu'un qui nous montre ouvertement son mépris, alors oui cela peut-être une forme de stratégie expansionniste culturelle, cela reste un régime extrémiste par contre cela peut être également une recherche d'air frais, une nécessité vitale.

Avec internet la demande de contact social des citoyens du monde explose et un régime totalement fermé, aussi extrémiste soit il, se voit forcément contraint, sous la contrainte populaire, de s'ouvrir. Les oligarchies commencent à être secouées car remises en question un peu partout dans le monde.

"Bâillonner la gauche: Israël à l’heure de l’Inquisition" http://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/ENDERLIN/54916 (article gratuit)
Réponse de le 17/07/2017 à 12:46 :
quelques données sur ce régime totalement fermé : balance commerciale excédentaire de 10mds US$ en 2015, tout va bien merci.
un pays fermé : 15 millions de touristes en 2016
un pays d'extrême droite et violent contre les minorités : la seule Gay pride du moyen orient (allo la Turquie) plus de 10% des députés sont Arabes (combien en France?)
eh oui le régime est de droite libérale et il est plébiscité par les citoyens israéliens. Qu'en est il de l'opinion des citoyens vénézuéliens sur le régime de gauche de l'ancien chauffeur de bus Maduro?
se référer à Charles Enderlin et le monde diplomatique pour informer sur Israël cela revient à convoquer l'Arabie Saoudite pour témoigner des droits de l'homme
Réponse de le 17/07/2017 à 16:52 :
"Qu'en est il de l'opinion des citoyens vénézuéliens sur le régime de gauche de l'ancien chauffeur de bus Maduro?"

"plus de 10% des députés sont Arabes "

Donc je critique Israêl et je suis forcément un gauchiste palestinien ! :D

Manqué ! Ah les dogmes ça aide pas à penser hein.

Vous êtes une véritable caricature. Arrêtez de défendre ce pays vous générez l'inverse de ce que vous pensez faire.

"Michelangelo"

Bien entendu j'ai signalé vos tissus d'insultes auxquelles forcément on n'a pas envie de répondre hein, vous le comprendrez bien. Arrêtez d'écouter votre peur.

Je me suis toujours demandé d'ailleurs si les réactions de ce genre n'étaient pas là pour générer une aversion envers Israël car sans aucune nuance, tout dans l'agression de l'interlocuteur.

Mais vous n'y arriverez pas je sais pertinemment que la grande majorité des israéliens sont des gens très biens. C'est comme dans tous les pays, une minorité de possédants qui sèment la misère et la mort un peu partout derrière eux.

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