Cameroun : nouvelle opération anti-trafic d'espèces protégées

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Le trafic des écailles de Pangolin [ici, lors d'une saisie en Côte d'Ivoire] serait aujourd’hui organisé en réseaux qui acheminent leurs prises vers la Chine où l'utilisation de ces écailles est autorisée dans certains établissements hospitaliers et dans la fabrication de médicaments traditionnels.
Le trafic des écailles de Pangolin [ici, lors d'une saisie en Côte d'Ivoire] serait aujourd’hui organisé en réseaux qui acheminent leurs prises vers la Chine où l'utilisation de ces écailles est autorisée dans certains établissements hospitaliers et dans la fabrication de médicaments traditionnels. (Crédits : Reuters)
La police camerounaise a interpellé, ce samedi 11 novembre 2017, trois trafiquants, en possession de 160 défenses d'éléphant et autres restes d'espèces protégées, dissimulés dans un camion rempli de sacs de piments en partance pour le Nigéria. Rien qu'en 2012, 200 à 500 pachydermes auraient été abattus au Cameroun et le bilan risque de s'alourdir si des mesures plus efficaces ne sont par entreprises d'ici à l'avenir.

La police camerounaise a arrêté, ce samedi 11 novembre 2017 à Douala, ville au sud du Cameroun, trois trafiquants qui étaient en route vers le Nigéria voisin, avec une cargaison de restes d'espèces animales protégées. «Nous avons procédé à l'interpellation de trois trafiquants, en possession de 160 pointes d'ivoire», a déclaré à l'AFP, un policier sous couvert d'anonymat.

D'après un rapport établi par la police camerounaise, la cargaison, «soigneusement» dissimulée dans un camion rempli de sacs de piments en partance pour le Nigéria, était composée de 160 défenses d'éléphant, de 19 sacs plastiques d'écailles de pangolin, de plumes et d'une centaine de têtes de perroquets, cachées dans un autre sac en plastique.

Notons que les autorités camerounaises mènent une lutte intensifiée contre le trafic des espèces protégées, l'éléphant, le pangolin géant et le perroquet rouge en faisant partie.

Vers une extermination des éléphants pour le commerce de l'ivoire

Les espèces animales en danger et protégées en Afrique sont nombreuses. Mais le cas de l'éléphant est très préoccupant, surtout avec les revenus évolutifs du trafic de l'ivoire. La population des éléphants vivant dans les savanes d'Afrique a décliné de 30% entre 2007 et 2014. Les populations d'éléphants vivant dans les savanes du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), du nord du Cameroun et du sud-ouest de la Zambie sont menacées d'une «extinction locale».

En 2012 au Cameroun, 200 à 500 pachydermes auraient été abattus. «Mais ce ne sont que des rumeurs, il n'y a pas encore eu de vérification précise sur le terrain», insiste Ofir Drori, de The Last Great Ape Organization (LAGA), une ONG basée au Cameroun qui lutte contre le braconnage des espèces protégées.

Bien avant 2012, le parc national de Bouba Ndjida comptait entre 600 et 800 éléphants, selon Céline Sissler-Bienvenu, directrice France du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

En raison du prix du kilo d'ivoire, devenu une valeur refuge qui s'échange, au minimum, contre plusieurs centaines d'euros, les braconniers, parfois bien armés, sont de plus en plus nombreux au Cameroun. Le pays qui comptait en 2007 près de 5 000 éléphants (selon l'Union internationale pour la conservation de la nature, UICN) risque de ne plus en avoir d'ici quelques années, si rien n'est fait.

Ces dernières années, les braconniers ont déjà quasiment exterminé l'espèce au Tchad et dans le nord de la République centrafricaine. Et pour Ofir Drori, si le Cameroun veut être efficace, c'est bien jusque dans ces pays qu'il doit aller chercher les braconniers. « Il faut aller à la source, chercher les braconniers dans leur base du Tchad, voire même au Soudan», déclaré Drori.

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