Bénin : en tournée ouest africaine, Talon défend le CFA

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De retour d'une visite de travail en France, le président béninois est arrivé à Ouagadougou lundi dernier première étape d'une tournée ouest africaine, où il s'est entretenu avec son homologue burkinabé Marc Roch Christian Kaboré.
De retour d'une visite de travail en France, le président béninois est arrivé à Ouagadougou lundi dernier première étape d'une tournée ouest africaine, où il s'est entretenu avec son homologue burkinabé Marc Roch Christian Kaboré. (Crédits : Présidence Bénin)
La polémique CFA n’arrête pas d’enfler en dépit des positions affichées dernièrement par plusieurs chefs d’Etat de la région ainsi que les ministres des finances de la Zone Franc. En visite à Ouagadougou dans le cadre d’une tournée diplomatique en Afrique de l’ouest, le chef de l’Etat béninois a été de nouveau interpellé sur la question. Patrice Talon a réitéré sa position, estimant que la monnaie communique se porte bien. Pour le président béninois, la priorité actuelle c’est le renforcement de l’intégration sous-régionale, un vaste chantier qui risque de connaitre quelques couacs en raison des divergences sur certains dossiers comme celui de la boucle ferroviaire.

Ce n'était pas au menu de la visite mais comme lors de la dernière réunion des ministres de la zone franc de Paris, le président Talon n'a pas échappé à l'interpellation de la presse sur la question du Franc CFA qui continue à alimenter la polémique sur le continent. Mardi lors de la conférence de presse qu'il a conjointement animé avec son homologue Roch Marc Christian Kaboré à l'issue de son séjour en terre burkinabé, le chef de l'état béninois a dû de nouveau prendre position dans le débat ambiant qu'il a lui-même qualifié de « philosophique ». Pour le président Talon,  c'est au sein des  instances habilitées que seront données « les réponses appropriées pour apaiser tout le monde » ajoutant que le débat est désormais devenu « une affaire » qui a été amplifiée  « depuis que quelques personnes en parlent ».

 « Notre monnaie se porte très bien. (...).Nous n'avons pas de problèmes d'échange sur le plan international. Nous comprenons qu'il y a lieu de donner une réponse forte à la communauté internationale, à nos concitoyens, sur d'abord la santé du CFA, sur le chemin parcouru par le CFA et sur l'avenir du CFA ».

Ce n'est pas la première fois que Patrice Talon s'exprime sur la question et affiche les mêmes positions mais la polémique est telle que le sujet cristallise presque toute l'actualité des pays membres de la zone CFA actuellement.

Tournée diplomatique en faveur de l'intégration

Il y avait pourtant d'autres sujets aux enjeux plus stratégiques pour le président Talon qui a entamé le mois avec un agenda diplomatique. De retour d'une visite de travail en France, le chef de l'Etat béninois est arrivé à Ouagadougou lundi dernier première étape d'une tournée ouest africaine qui devait par la suite le conduire à Abidjan, où il est arrivé mardi soir pour deux jours de visite également, avant de mettre le cap sur Accra au Ghana ce mercredi 11 octobre.

Selon la présidence béninoise, le président Talon fera également escale à Lomé au Togo après l'étape ghanéenne même si l'étape pourrait être annulée à la dernière minute au regard de la situation politique qui prévaut dans le pays.

La Boucle ferroviaire en panne

 Au cours de cette tournée diplomatique et au delà des relations bilatérales avec les pays visités, le chef de l'Etat béninois entend échanger avec ses pairs sur les voies et moyens permettant d'accélérer la mise en œuvre de grands projets intégrateurs routiers, ferroviaires et énergétiques dans l'espace UEMOA.

A Ouagadougou, Talon et Kaboré ont ainsi, à l'issue de leurs échanges, réaffirmé leur engagement à œuvrer à la levée de toutes les entraves à la libre circulation des personnes et des biens dans l'espace communautaire. «Les présidents béninois et burkinabè ont réaffirmé leur ferme volonté de voir se concrétiser le projet de la boucle ferroviaire Cotonou- Parakou- Dosso-Niamey-Ouagadougou-Abidjan  dans l'optique de favoriser les échanges commerciaux  et l'intégration régionale » rapporte le communiqué publié à l'issue de l'étape burkinabé de la tournée de Talon.

Le sujet est à l'heure du temps et sera également au cœur de ses entretiens avec son homologue ivoirien Alassane Dramane Ouattara. Sauf qu'en dépit des bonnes intentions affichées, ce chantier phare attendu depuis des années bute sur quelques divergences qui bloquent actuellement sa réalisation. Si pour l'axe Abidjan-Ouagadougou, aucun problème ne se pose, ce n'est pas le cas de l'autre coté de la jonction. « L'épine dorsale », qui part de Cotonou à Parakou au Bénin puis à la frontière nigérienne avant de rejoindre Niamey en passant par Dosso et continuer vers le Burkina, constitue actuellement une pomme de discorde entre les deux pays qui n'arrivent pas encore à accorder leurs violons sur le concessionnaire du projet. Le dossier a été en effet l'objet d'un contentieux judiciaire complexe et à multiple rebondissements entre le groupe Pétrolin de l'homme d'affaires béninois Samuel Dossou et le français Bolloré. Pendant que la justice béninoise a donné raison à Pétrolin, qui a visiblement le soutien de Cotonou, le Niger lui préfère confier les travaux au groupe Bolloré Africa Logistics (BAL) qui a déjà construit près de 140 kilomètres de rails entre Niamey et Dosso avant que les travaux ne soient arrêté.

Un temps, Talon a été annoncé à Niamey durant sa tournée, ce qui aurait permis aux deux pays de s'accorder sur la suite à donner au projet actuellement suspendu, mais le chef de l'Etat béninois ne se rendra finalement pas dans la capitale nigérienne. Mahamadou Issoufou est d'ailleurs depuis lundi en visite à Sydney en Australie.

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Commentaires
a écrit le 11/10/2017 à 18:35 :
Faute : communiqué à la place de commune. Dommage !

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