Energies renouvelables : la BAD finance le projet CIZO au Togo

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L'entreprise britannique Bboxx, spécialisée dans les énergies renouvelables, prendra en charge la fourniture des équipements pour l'électrification des foyers, dans le cadre du projet CIZO..
L'entreprise britannique Bboxx, spécialisée dans les énergies renouvelables, prendra en charge la fourniture des équipements pour l'électrification des foyers, dans le cadre du projet CIZO.. (Crédits : BBOXX)
La Banque africaine de développement vient d'annoncer un appui financier de 975 000 dollars au Togo. Le financement provenant du Fonds des énergies durables pour l'Afrique, un fonds auprès de la Banque, sera dédié au démarrage du projet Cizo, une initiative gouvernementale pour l'électrification rurale par les kits solaires.

La Banque africaine de développement (BAD) intensifie ses actions pour la promotion des énergies renouvelables. SEFA, le Fonds des énergies durables pour l'Afrique, géré par la Banque, vient d'accorder au Togo un financement de 975 000 dollars. Les fonds serviront notamment au lancement du projet CIZO, dont l'objectif est d'apporter aux populations rurales un accès à l'électricité en leur fournissant des kits solaires.

 La BAD soutient ainsi la première phase de cette initiative qui vise à créer les conditions propices pour attirer le secteur privé, particulièrement les opérateurs des services énergétiques décentralisés. «Nous sommes heureux de soutenir le programme d'électrification rurale CIZO du Gouvernement du Togo, destiné à apporter une solution adéquate aux localités éloignées du réseau et faiblement peuplées», a déclaré Ousseynou Nakoulima, directeur du Département des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique de la BAD, en ajoutant que «le financement apporté par le fonds SEFA permettra le renforcement des capacités et la mise en œuvre de l'infrastructure de services nécessaires au déploiement de kits solaires à grande échelle. Il s'agit ainsi de préparer le marché pour le secteur privé».

L'engagement de la BAD n'est pas circonstanciel. Il s'inscrit plutôt dans la stratégie décennale 2013-2022 de l'institution en matière de croissance inclusive, de croissance verte et de soutien à l'investissement privé et surtout dans la politique énergétique de l'institution multilatérale. L'investissement contribue aussi au Nouveau partenariat sur l'énergie pour l'Afrique en démocratisant l'accès à l'énergie sur le Continent.

Près de 60 milliards de Fcfa attendus

Lancé au mois de juin dernier par le chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé, le projet Cizo nécessitera au total 69 milliards de francs CFA. D'après un communiqué de la présidence togolaise, l'Etat devrait débloquer pour sa part 8,7 milliards de francs et mobiliser la différence auprès des investisseurs privés. Le SEFA ouvre ainsi la voie et l'Etat togolais devrait s'attendre à l'intervention d'autres acteurs du secteur privé.
Porté par le gouvernement togolais, le projet Cizo (en guin, langue du sud-Togo, «allumer»), vise à permettre, à l'horizon 2022, à plus de 2 millions de citoyens (soit environ 300 000 foyers) d'accéder à l'électricité par la fourniture de kits solaires individuels à coûts abordables. Les kits en mode Paygo sont destinés aux zones rurales éloignées du réseau et faiblement peuplées, en s'appuyant sur des technologies de paiement par téléphonie mobile. L'équipement installé permet à chaque ménage de charger cinq lampes, une télévision et une radio sur une batterie de 12 volts. Le 19 juillet dernier, le Togo avait signé un accord avec la compagnie britannique Bboxx, spécialisée dans les énergies renouvelables, pour la fourniture des équipements en question.

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a écrit le 14/08/2017 à 11:25 :
Si l’on n’installe pas du solaire en Afrique, avec ses taux d’irradiation solaire qui atteignent les 2000 KWh/m2 par an (contre 1300 dans le sud de la France), je ne vois pas où on pourrait en installer.

Le projet CIZO est représentatif, même si 1 Million de dollars cela parait bien peu vu les objectifs du nombre d’installations à réaliser. D’après un autre site d’information, BBOXX diffuserait 200 systèmes par jour, de puissances modestes mais pour le moment adaptés aux besoins et aux moyens et avec des possibilités de développement sur une grande partie du continent Africain. Le concept se généralise et va représenter un marché de masse.

Il serait intéressant de savoir si ce sont les retombées du projet Energie pour l’Afrique, pour lequel Jean Louis Borloo avait réussi à mobiliser les medias et des chefs d’Etat ?
Apparemment moins les entreprises Françaises, puisque dans ce cas c’est une société britannique qui montre l’exemple. Engie serait actionnaire de la société ? à vérifier. En tous cas ils ont étendu leur modèle aux mini-grids et autres systèmes décentralisés, car indéniablement le besoin existe et c’est aux fournisseurs de s’adapter aux besoins et aux ressources disponibles et non l’inverse.

La Banque Mondiale estime que 62 % des Africains de la région sub-saharienne habitent dans des zones rurales, avec donc peu de chances d’avoir un jour accès aux réseaux électriques. Pour exemple en Cote d’Ivoire la consommation annuelle moyenne d’électricité est à seulement 240 kWh par habitant – (source www.energies-renouvelables-afrique.com)
Malgré tout, le réseau est au cœur du système, pas le réseau électrique, le réseau de communication. Ce qui est devenu important c’est les datas et le maillage, même si c’est parfois du cellulaire en 2G et 3G.
Autres exemples de développement et de plateforme de paiement mobile et d’équipements off-grid au Kenya, en Tanzanie, au Rwanda et en Cote d’Ivoire où EDF s’est associé avec un partenaire Off Grid Electric pour proposer des équipements solaires off grid.
Autre article intéressant sur le développement de ces technologies en Afrique : http://www.jeuneafrique.com/17398/economie/les-20-id-es-qui-vont-faire-bouger-l-afrique/

Reste que le marché est très diffus et très concurrentiel, puisque ce genre d’installation est à la portée de tous. Quid des marges ?
L’offre de base actuelle de BBoXX semble simple, avec 1 batterie de 12 V, des appareils en 6 ou 12 V et un module photovoltaïque de 50 W. C’est une puissance faible mais d’un prix de revient qui ne devrait se situer au alentours de 300 $ (estimé à la louche). Le système de monitoring, avec l’usage des payements mobiles par l’intermédiaire d’un réseau cellulaire doit certainement coûter assez cher. L’offre est facilement évolutive avec une montée en puissance, ou le passage en courant alternatif et aux appareils standards en 240 V (puissance de 1,5 KW, avec régulateur, convertisseur, etc…).

Rien de révolutionnaire quand aux technologies utilisées, mais de la simplicité et des équipements devenus lowcost.
La plus part des équipements sont des technologies utilisées en France (et ailleurs) depuis plus de 30 ans pour des sites isolés, sauf qu’ici nous sommes plus proches d’installations à plus de 20 K€.

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