Donald Trump : « l’Afrique a un énorme potentiel commercial »

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(Crédits : LUCAS JACKSON)
En marge de la 72e Assemblée générale annuelle ordinaire des nations unies qui se tient à New York, le président américain a reçu le temps d’un déjeuner, plusieurs chefs d’Etats africains triés sur le volet. L’occasion pour Donald Trump de livrer quelques détails sur sa vision du continent ainsi que sur les défis auxquels l’Afrique doit faire face. Et c’est loin de ce qu’il pensait avant son arrivée à la Maison Blanche…

Donald Trump, l'africain ! La métaphore est certes un peu exagérée mais c'est un peu l'image qu'a voulu véhiculer le président américain lors de la réception qu'il a donné, l'instant d'un déjeuner le mercredi à New York, plusieurs chefs d'Etats africains en marge de la 72e session de l'AG des nations unies. Le locataire de la Maison Blanche a profité de l'occasion pour prononcer un discours dans lequel il a vanté le potentiel économique du continent dont les opportunités de croissance intéressent les hommes d'affaires américains. « L'Afrique représente d'importantes parts de marchés » s'est même laissé dire Trump.

«L'Afrique a un potentiel exceptionnel pour les affaires. J'ai beaucoup d'amis qui vont dans vos pays pour essayer de devenir riches. Je vous en félicite. Ils dépensent beaucoup d'argent. (...). Et pour les entreprises américaines, c'est vraiment devenu un endroit où elles doivent se rendre, elles veulent s'y rendre».

L'évènement, la réception des chefs d'Etat africains certes triés sur le volet, est en soi une grande avancée pour le président américain lorsqu'on se réfère à ce qu'il pensait du continent il y a quelques temps encore. En tout cas, son discours a été aux antipodes des déclarations tonitruantes imbibées de préjugés qu'il a tenu durant sa campagne électorale et qui a fait les choux gras de la presse africaine et internationale. Cette fois, c'est un Trump bien au parfum des faits et des réalités africaines qui a fait face à ses invités du jour.

Un air de discours de politique africaine

C'est assez rare d'ailleurs que le promoteur du « America first » s'intéresse au continent, ce qui fait que son allocution a pris l'air d'un vrai discours de politique africaine qu'entend mettre en œuvre l'administration Trump. Le nouveau locataire du Bureau ovale  a saisi l'occasion pour mettre en exergue les défis auxquels fait face actuellement le continent, distribuant au passage les bons et les mauvais points. « En Afrique, les gens souffrent des conflits. En Centrafrique, au Congo, en Libye, au Mali, en Somalie et au Soudan du Sud notamment, ils vivent des moments très difficiles et très dangereux » a rappelé Trump qui semble avoir bien assimilé le discours qui sied à l'occasion en pareille circonstance, c'est-à-dire à chaque fois qu'un leader d'une puissance occidentale évoque la situation du continent.

« Des groupes terroristes, comme l'Etat islamique, les Shebab, Boko Haram, et Al-Qaïda menacent la paix africaine. Les Etats-Unis sont fiers de travailler avec vous pour éradiquer leurs refuges, pour couper leurs finances et pour discréditer leur idéologie dépravée » a fait part le président américain. Dans ce cadre, Trump a fait une première annonce, celle d'envoyer prochainement une mission de haut niveau en Afrique et qui sera conduite par Nikki Haley, l'ambassadrice des USA à l'ONU. Avec comme principal objectif d'aider les pays africains à résoudre les conflits qui plombent le développement du continent et assombrissent les perspectives de croissance.

Le président américain n'a pas donné plus de détails sur les pays que la mission va visiter mais en suivant son regard, on en a une petite idée en plus d'en savoir un peu plus sur les pays actuellement sous surveillance de l'administration Trump.

 «  Nous suivons attentivement et sommes profondément préoccupés par la violence en cours au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo. Des millions de vies sont en danger et nous continuons de fournir une aide humanitaire. Mais de vrais résultats pour arrêter ces catastrophes nécessitent un processus de paix dirigé par des Africains et un engagement réellement sincère de toutes les parties concernées ».

Pour le président américain, autant il est urgent de veiller à prévenir ces conflits mais plus importants est encore de veiller à les prévenir. « Je sais que vous travaillez durement sur cela. Pour vous aider dans vos efforts, j'envoie l'ambassadrice Nikki Haley en Afrique pour discuter des conflits et de leur résolution, et plus important, de la prévention »  a annoncé Donald Trump.

Le discours de Trump est certes loin de lever les inquiétudes que suscite son arrivée à la présidence américaine ainsi que celles engendrées par sa volonté de couper certaines aides budgétaires ou appuis américains dont bénéficient plusieurs pays du continent (USAID, opération de maintien de la paix et autres). Cependant, l'ancien homme d'affaires semble avoir tout du moins tempéré ses préjugés sur l'Afrique.  En tout cas, c'est un discours qui se veut rassurant qu'a prononcé brièvement Donald Trump et qui prouve que quoiqu'on dise, l'Afrique est également au cœur de la politique internationale du nouveau chantre de l'unilatéralisme.

Vu d'Afrique et d'ailleurs

Comme il fallait s'y attendre, l'allocution du président Trump a été particulièrement disséqué en Afrique et ailleurs. Les médias internationaux s'en sont donnés à cœur joie en relevant comme d'habitude quelques approximations comme lorsqu'il prononçait « Nambie » en référence à la Namibie. Donald Trump encensait pourtant ce pays dans lequel, « le système de santé est devenu progressivement autonome».

En Afrique, c'est d'autres aspects de cette rencontre qui ont été décortiqués par l'opinion et particulièrement sur les réseaux sociaux. Les chefs d'Etat conviés pour le déjeuner ont été triés sur le volet puisque sur la quarataine de présidents ou chef de délégations africaines présente à New York, seuls quelques uns ont pris part au déjeuner. «Je suis ravi de présider ce déjeuner qui rassemble les leaders de la Côte d'Ivoire, de l'Ethiopie, du Ghana, de la Guinée, de la Namibie, du Nigeria, du Sénégal, de l'Ouganda et de l'Afrique du Sud. En particulier, je veux remercier le président Condé, qui représente l'Union africaine » a annoncé Trump à l'entame de son discours présentant ainsi ses hôtes du jour.

En Afrique, l'absence de certains présidents à ce déjeuner a été perçue plutôt comme une manière pour le président américain de ne pas se compromettre avec des dirigeants dont la gouvernance à la tête de leurs pays respectifs est sujette à caution.

La Maison blanche n'a en tout cas pas précisé les critères sur lesquelles elle s'est basée pour sélectionner les invités du président Trump, ce qui n'a pas empêché les interprétations, parfois légitimes et assez souvent tendancieuses, de foisonner particulièrement sur les réseaux sociaux.

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