Libye : Sassou Nguesso réunit à son tour Haftar et Serraj, à Brazzaville

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Denis Sassou Nguesso, le président du Congo, préside le comité de haut niveau de l’Union africaine.
Denis Sassou Nguesso, le président du Congo, préside le comité de haut niveau de l’Union africaine. (Crédits : © Anis Mili / Reuters)
La capitale congolaise va abriter le 9 septembre prochain, un sommet sur la crise libyenne organisé sous l’égide du comité de haut niveau de l’Union africaine (UA) que préside Denis Sassou Nguesso. Les principaux protagonistes de la crise libyenne ainsi que les représentants des pays voisins ont confirmé leur présence à cette nouvelle rencontre qui fait suite à celle organisée par le président français Emmanuel Macron en Août dernier. Des médiations qui se suivent et se ressemblent alors que sur le terrain, la situation reste toujours tendue.

Tout le monde au chevet de la Libye ! La crise politique et sécuritaire que traverse l'ancienne « Jamahiriya » depuis 2011 sera de nouveau au menu d'un sommet, celui du comité de haut niveau de l'UA sur la Libye que préside le chef d'Etat congolais, Denis Sassou Nguesso.

Le 9 septembre prochain à Brazzaville, le médiateur attitré de l'organisation continentale entend également réunir à son tour, les principaux protagonistes de la crise libyenne. Comme l'a fait début août dernier à La Celle Saint-Cloud en région parisienne le président français Emmanuel Macron, le président congolais ambitionne de réunir autour d'une même table le président du Conseil libyen Fayez El Serraj et le chef de l'armée nationale libyenne Khalifa Haftar.

A en croire l'agence officielle libyenne de presse (LANA), les deux personnalités ont confirmé leur présence à Brazzaville tout comme plusieurs membres du gouvernement intérimaire du pays et des représentants du Parlement reconnu par la communauté internationale.

Le sommet devrait également enregistrer la participation des autres pays membres du comité notamment le Niger, la Mauritanie, l'Afrique du Sud et l'Éthiopie ainsi que celle des pays voisins de la Libye (le Tchad, le Soudan, l'Égypte, la Tunisie et l'Algérie).

Les minces chances de la médiation africaine

C'est la troisième rencontre du genre qu'organise le comité mis en place par l'UA lors de son sommet des chefs d'Etat de juillet 2016 à Kigali au Rwanda, pour une médiation africaine dans le conflit libyen. En janvier dernier à Brazzaville, il a été convenu d'intensifier les efforts afin de promouvoir le dialogue libyen dans le cadre de la mise en œuvre de l'Accord de décembre 2015 signé à Skhirate au Maroc, mais depuis et en dépit des tentatives du président congolais, qui s'est par exemple rendu à Alger en Août dernier, la médiation africaine a presque été éclipsée.

Entre temps en effet, plusieurs autres médiations sont entrées en scène notamment celle du nouveau président français qui a en plus de réunir les deux principaux acteurs de la crise autour d'une table, leur a fait signer un engagement pour une sortie de crise pacifique.

A la veille du sommet de Brazzaville, le chef de la diplomatie française était d'ailleurs en visite en Libye. Ce lundi 4 septembre, Jean-Yves Le Drian s'est rendu à Tripoli mais aussi à Tobrouq, siège du parlement ainsi qu'à Benghazi et Misrata où il a multiplié les rencontres avec différentes personnalités du pays. « Notre objectif, c'est bien la stabilisation de la Libye, dans l'intérêt des Libyens eux-mêmes, mais aussi dans l'intérêt des pays voisins dont nous faisons en quelque sorte partie », a rappelé le ministre français des affaires étrangères à la fin de son séjour.

Dans le sillage des déclarations faites il y a quelques jours par le président français lors de la présentation des grands axes de sa politique étrangère, Le Drian n'a pas manqué de préciser que la stabilisation de la situation « passe par l'application des déclarations de la Celle Saint-Cloud qui prévoit notamment l'amendement de l'accord de Skhirate et la tenue d'élections ».

La présidence française tient donc à sa médiation qui ne fait aucune mention à celle menée par l'Union africaine, qui a visiblement poussé le chef d'Etat congolais à réactiver sa facilitation.

A Brazza, tout porte à croire que de nouveaux engagements seront encore pris dans le même esprit de résolution de la crise libyenne qui menace de déstabiliser toute la région. Cependant trop de médiateurs risquent de plomber le processus. En Août dernier, les dirigeants des principales tribus de la Libye ont de leur coté sollicité le président tchadien Idriss Déby pour... une médiation ! Sans oublier celles menées par d'autres pays voisins comme l'Egypte, la Tunisie et même l'Algérie de manière certes moins officielle mais qui tend à compliquer davantage le "chaos libyen".

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