Liberia : « casting de rêve » pour la course à la succession d’Ellen Sirleaf

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Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia depuis le 16 janvier 2006 et co-récipiendaire du prix Nobel de la paix en 2011.
Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia depuis le 16 janvier 2006 et co-récipiendaire du prix Nobel de la paix en 2011. (Crédits : Reuters)
La Commission électorale libérienne (NEC) a publié, lundi 31 juillet, la liste des candidats autorisés à se présenter à la présidentielle d’octobre prochain. Ils sont 20 prétendants à briguer la succession d’Ellen Johnson Sirleaf, parmi lesquels l’ancienne gloire du foot africain Georges Weah, mais aussi l’ex-chef de guerre Prince Johnson et un mannequin, MacDella Cooper, la seule femme de la liste. La campagne électorale est donc lancée et les candidats ont désormais trois mois pour convaincre les électeurs.

Ils sont 20 candidats autorisés par la Commission électorale nationale libérienne à briguer la succession de la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf lors de l'élection présidentielle du 10 octobre prochain. La liste a été rendue publique ce lundi 31 juillet par le président de la National élections commission (NEC), Jerome Korkoya, qui a également annoncé le top départ de la campagne électorale pour le scrutin présidentiel et l'élection des représentants qui siégeront au prochain parlement.

Au total, 928 candidatures présentées par les partis politiques et 98 candidatures indépendantes sont en lice pour le double scrutin du 10 octobre, dont 20 candidats pour le fauteuil présidentiel et autant à la vice-présidence du pays pour compléter les listes.

Casting de rêve pour la succession d'Ellen Sirleaf

La succession de la présidente sortante s'annonce donc assez serrée. Après deux mandats, la prix Nobel de la paix va donc passer la main dans un scrutin qui s'annonce ouvert, même si quelques candidatures font office, pour diverses raisons, de favoris à la course à la magistrature suprême du pays.

L'un des candidats les plus en vue, du fait de sa notoriété, mais aussi pour avoir été déjà candidat à deux reprises, est l'ancienne gloire du football africain George Weah. L'actuel sénateur, seul Ballon d'or africain du Continent à ce jour, se présente pour la troisième fois consécutive en composant son ticket avec Jewel Taylor, sénatrice et également ex-Première Dame du pays à l'époque du règne de son ancien mari, Charles Taylor (1997-2003), lequel purge depuis 2012, une peine de 50 ans de prison pour crime de guerre et crimes contre l'humanité. Après avoir échoué à battre la présidente Searlef au second tour, Georges Weah, qui a fait les beaux jours du PSG et de l'AC Milan, croit son heure venue et entend bien, cette fois-ci, s'asseoir sur le fauteuil présidentiel.

Il devra pour ce faire compter avec l'actuel vice-président du pays, Joseph Boacai, lequel bénéficie du soutien de la présidente sortante, ce qui constitue un argument de taille, même si la coalition des partis de l'opposition risque de contrecarrer ses plans.

Sans figurer parmi les favoris, la  candidature de l'ancien chef de guerre, Prince Johnson, ne manque également pas de détonner dans ce casting des plus hétéroclites pour la présidence libérienne. Actuellement sénateur, il s'est rendu célèbre à travers la tragique vidéo qui le montrait avec une canette de bière pendant que ses éléments décapitaient à mort, le 9 septembre 1990, l'ancien président Samuel Doe.

L'unique femme de la liste des candidats à la présidence, MacDella Cooper, est un ex-mannequin qui s'est par la suite convertie dans les affaires et l'humanitaire avec une fondation qui vient en aide aux enfants défavorisés.

Enfin, toujours parmi les candidats les plus en vue, des hommes d'affaires notamment l'ancien dirigeant de Coca Cola Afrique, Alexander Cummings, et Benoni Urey, magnat de la téléphonie mobile.

Campagne électorale marathonienne

La campagne électorale est ouverte depuis ce 31 juillet. Les candidats ont donc trois mois pour essayer de convaincre les électeurs. Un marathon qui risque d'essouffler la plupart des candidats d'autant que la campagne n'est pas sans risques. Le Liberia qui a connu une guerre civile entre 1989 et 2003 avec près de 300 000 morts a connu quelques violences lors des dernières élections. Il s'agit d'ailleurs du premier scrutin post-civil qui sera organisé sans la supervision de l'ONU et de ses Casques bleus qui ont fini leur mandat en juin 2016.

C'est pour cette raison qu'à l'ouverture de la campagne, le président de la NEC, Jerome Korkoya, a rappelé aux candidats et aux partis politiques leurs engagements matérialisés par un mémorandum d'entente en mai dernier, sur «l'organisation d'élections pacifiques».

Selon la NEC, plus de deux millions de Libériens se sont inscrits sur les listes électorales. C'est la première fois de son histoire démocratique que le pays organisera une alternance à la tète de l'Exécutif. Un scrutin à plusieurs enjeux pour ce pays anglophone parmi les plus pauvres de l'Afrique de l'Ouest.

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