Botswana : la visite programmée du Dalaï-lama froisse Pékin

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(Crédits : B. RENTSENDORJ)
La visite annoncée pour le mois prochain du Dalaï-lama au Botswana n’est pas du goût de Pékin. La Chine est un important partenaire économique du pays et si elles ont décidé la venue du guide spirituel tibétain, les autorités botswanaises restent divisées sur l’accueil qui lui sera réservé.

Il fallait s'y attendre et c'est  à travers le ministère des Affaires étrangères que la Chine a fait savoir sa position sur la visite que devrait effectuer le mois d'Aout, le Dalaï-lama au Botswana. Dans des déclarations à la presse locale et rapportées par Reuters, Pékin a avertit les autorités Botswanaise sur les conséquences de cette visite. « Nous espérons que le pays concerné peut clairement reconnaître l'essence de qui est le Dalaï-lama, respecter sérieusement les principales préoccupations de la Chine et prendre la bonne décision sur cette question » a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang. Le diplomate chinois n'a pas manqué de rappeler que Pékin s'oppose à tout fonctionnaire étranger qui rencontre le guide spirituel des tibétains, accusé d'être « un séparatiste  qui s'abrite sous le manteau de la religion pour mener des activités contraires aux intérêts chinois ».

Visite sur fonds de polémique

La balle est donc désormais dans le camp des autorités botswanaises qui vont devoir se prononcer sur cette visite qui risque de froisser la Chine, un des plus importants partenaires commerciaux mais aussi économiques du pays. Pékin a beaucoup investit et dans plusieurs domaines dans ce pays d'Afrique australe et la visite du Dalaï-lama ne manquera pas de provoquer des incidences dans les relations avec la Chine.

Depuis l'annonce de la visite, la pression s'est accentuée sur Gaborone provoquant ainsi une vive polémique dans le pays. Officiellement, le Dalaï-lama devrait assister à une conférence spirituelle à Gaborone, du 17 au 19 août, à l'invitation d'une association à but non lucratif appelée « Mind and Dialogue », organisatrice de l'événement « Ubuntu » au cours duquel il va prendre la parole.

Il devrait profiter de cette visite pour rencontrer le président botswanais Ian Khama selon le gouvernement qui a confirmé que le Dalaï-lama  recevra « les honneurs habituels réservés aux dignitaires en visite dans le pays ».

En début de semaine pourtant, le cabinet du président Khama a fait savoir que les informations faisant état d'une rencontre entre le président et le Dalaï-lama «n'étaient pas fondées ».

Selon la radiodiffusion d'Etat du Botswana, le voyage du Dalaï-lama dans le pays ne sera pas considérée comme une visite officielle par Gaborone. Pour les autorités botswanaises, le séjour du leader tibétain n'est en aucun cas une visite d'Etat.

Ce n'est pas la première fois que la visite dans un pays du continent du Dalaï-lama provoque des remouds avec Pékin. A plusieurs reprises déjà, Pékin a fait avorter des visites qu'ils devaient effectuer en Afrique du Sud.
Le Dalaï-lama,  prix Nobel de la paix en 1989, a confirmé sa présence au Bostwana pour le mois prochain ajoutant qu'il est « impatient et fier de rencontrer ses frères ».

La pression de Pékin risque pourtant de contrecarrer la visite qui est avant tout un coup d'éclat diplomatique pour le Dalaï-lama qui vit depuis des années en exil en Inde.

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