Alassane Ouattara : « les flux migratoires intra-africains sont supérieurs à ceux entre l’Afrique et l’Europe »

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(Crédits : DR)
En visite au Parlement européen où il a prononcé une allocution devant la plénière, le chef d’Etat ivoirien a plaidé pour une prise en charge coordonnée des principaux défis auxquels sont confrontés actuellement les pays africains. Pour Alassane Ouattara, la gestion des flux migratoires concerne également l’Afrique où les flux migratoires intérieurs sont plus importants que ceux observés dernièrement entre le continent et l’Europe. Aux défis communs, des solutions communes donc pour le président de la Côte d’Ivoire, dont le pays accueillera dans quelques mois le sommet Afrique-Europe.

« Les mouvements migratoires intra africains sont nettement supérieurs, en nombre, à ceux que l'on observe entre l'Afrique et l'Europe » a fait remarquer aux parlementaires européens, le président ivoirien Alassane Ouattara. Intervenant devant la plénière du parlement européen où il était en visite mercredi 14 juin dernier à Strasbourg, il a pris l'exemple sur son pays qui accueille un important contingent de ressortissants étrangers en majorité issue de la sous-région et qui participent à l'économie du pays.

« La Côte d'Ivoire accueille près de 5,5 millions de ressortissants étrangers, pour une population totale d'environ 24 millions d'habitants, soit 26 %. Les transferts de cette diaspora africaine vers leur pays d'origine représentent chaque année près de 1% du PIB de la Côte d'Ivoire ».

 « Mon pays continuera de faire preuve de solidarité envers toutes ces populations » a rassuré le président ivoirien estimant toutefois qu'il est important « qu'il soit soutenu afin de continuer à créer des emplois lui permettant de demeurer une terre d'accueil et d'hospitalité ».

Défis communs

A la tribune du Parlement européen, Alassane Ouattara s'est fait le porte-voix du continent en tenant un véritable plaidoyer en faveur de la mobilisation des investissements en faveur des pays africains, afin notamment de les accompagner à atteindre leurs objectifs de développement. « L'avenir de l'humanité dépendra des politiques, des actes et des programmes que nous définirons ensemble, dans nos pays, nos continents et à l'échelle mondiale » qui a par la suite tenu à relever « les trois défis majeurs qui auront un impact important sur l'avenir de notre planète et sur les relations entre l'Europe et l'Afrique ». Il s'agit du réchauffement climatique, de l'expansion démographique en plus des flux migratoires qui cristallisent actuellement les enjeux européens.

Les défis posés par les flux migratoires non régulés et l'emploi des jeunes imposent selon le chef d'Etat ivoirien, « d'agir dans la durée et sur l'ensemble des facteurs à l'origine de cette situation ». S'il est urgent de ramener la paix et la sécurité dans la bande sahélo-saharienne et d'encourager une solution politique consensuelle au conflit en Libye pour contenir les flux actuels, Ouattara a souligné que  « les conflits et la criminalité organisée n'expliquent pas à eux seuls les mouvements migratoires constatés au cours de ces dernières années vers l'Europe ».  A ces facteurs, « il faut ajouter la pauvreté, le chômage et le déficit de démocratie dans de nombreux pays » a déclaré le président ivoirien qui a pris l'exemple dans ce sens, du nouveau partenariat entre l'Afrique et le G20 qui a été initié par l'Allemagne et qui aurait pour objectif de faciliter des investissements massifs en Afrique en vue de créer des emplois, notamment pour les jeunes. « Ceci contribuera à la réduction des flux migratoires illégaux vers l'Europe » a estimé Ouattara dont le pays est justement l'un des trois premiers bénéficiaires du programme.

 Un partenariat à renouveler

« L'Europe constitue une source d'inspiration pour le monde,  et plus particulièrement pour le continent africain », n'a pas manqué de souligner Alassane Ouattara, invitant par conséquent les pays de l'organisation à plus d'engagements en faveur du continent africain. « Au moment où l'on observe, hélas, un repli identitaire dans plusieurs régions du monde, je suis convaincu que, ici dans cette noble assemblée, vous saurez puiser en vous, l'énergie nécessaire à la poursuite de l'esprit de solidarité, d'ouverture et de paix prôné par vos devanciers » a-t-il ajouté en référence aux pères fondateurs de l'organisation communautaire.

La Côte d'Ivoire accueillera en novembre prochain le sommet Afrique-Union Européenne qui se tiendra à quelques encablures de l'expiration, en 2020, de l'Accord de Partenariat de Cotonou (APC). L'occasion donc pour les deux parties de  réfléchir à un nouvel accord qui devrait permettre de nouvelles relations «  franches, basées sur la confiance mutuelle et l'appropriation nationale ».

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Commentaires
a écrit le 15/06/2017 à 19:43 :
Que l'Afrique limite sa démographie galopante qui est l'origine d'une grande partie de ses problèmes économiques, politiques, écologiques et ethniques, une meilleure gouvernance sans corruption massive et dictature, une association plus complète entre pays africains comme l'Europe l'a fait après 1945 .
Réponse de le 16/06/2017 à 9:11 :
On ne limite pas la démographie en un instant. Il y a un lien profond entre amélioration des connaissances de chacun et freinage démographique.
L'association entre pays africains est en route depuis longtemps et marche presque aussi bien qu'entre pays européens mais comme tout ce qui marche bien, vous n'en entendez pas parler.
Corruption ? oui gros problème, mais largement entretenu par le commerce international

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