Le Franc CFA « se porte bien » selon Ouattara

 |   |  602  mots
(Crédits : DR)
Le président ivoirien vient une fois encore de réitérer son soutien au franc CFA alors qu’un débat enflamme l’opinion africaine depuis quelques temps sur le maintien ou le retrait de cette monnaie héritée de la période coloniale. Réagissant en marge du sommet extraordinaire des dirigeants de l’UEMOA qui s’est tenu lundi à Abidjan, Alassane Dramane Ouattara a mis en avant la situation économique et financière qui prévaut dans l’espace communautaire pour soutenir la pertinence du Fcfa. Au passage, le président en exercice de l’UEMOA écarte toute dévaluation de cette monnaie.

Ce n'est pas nouveau, mais à l'heure où le débat s'amplifie davantage dans l'opinion africaine, régulièrement évoqué par plusieurs chefs d'Etat ainsi que des économistes de renom, la sortie médiatique du chef d'Etat ivoirien va encore faire des vagues. En marge du sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UEMOA qui s'est tenu ce lundi à Abidjan, Alassane Dramane Ouattara, président en exercice de l'organisation sous-régionale, a encore martelé que « le franc CFA est une monnaie saine et est entre de bonnes mains ».

« Notre constat est que le CFA se porte bien et la preuve est qu'il dispose de 5 mois d'impression de réserve alors que la norme est de 3 mois ».

Alassane Dramane Ouattara

Économiste et ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'ancien cadre du FMI n'a pas manqué de mettre en avant la situation économique et financière qui prévaut au sein de la zone UEMOA pour étayer ses arguments. « La zone franc est bien gérée avec des réserves en devises très importantes, une croissance forte, une maîtrise de l'inflation et du déficit budgétaire », a déclaré à la presse le président ivoirien ajoutant également que « la dette extérieure est bien gérée avec une monnaie saine ».

Conjoncture favorable

Ce n'est pas la première fois que le président ivoirien prend la défense du Franc CFA qui est perçu comme un facteur de stabilité financière pour les 15 pays membres dont les 8 pays de l'UEMOA. Cette fois pourtant, devant l'ampleur que prennent les débats sur le continent ainsi que la position de certains chefs d'Etat de la sous-région, une décision était fortement attendue de la part de la Conférence de l'UEMOA par rapport à cette question.

Surtout que la prochaine réunion des ministres des finances des pays membres de la « Zone franc » est prévue dans quelques jours à Abidjan. La France qui garantit la parité fixe de cette monnaie est allée jusqu'à se déclarer « ouverte à toutes les propositions des pays membres ». Cette fenêtre d'opportunité perçue par certains se referme donc car  il va sans dire avec cette posture, la question risque de ne pas être au menu de l'ordre du jour de la rencontre des ministres.

La conjoncture économique assez favorable conforte ainsi le président ivoirien dans son plaidoyer et Ouattara a même qualifié « d'informations fallacieuses », les rumeurs faisant état d'une éventuelle dévaluation de la monnaie commune. « Malgré́ une conjoncture internationale difficile, les Etats membres de notre espace enregistrent de bonnes performances économiques ». Avec un taux de croissance économique de 6,8% en 2016, l'UEMOA affiche un taux de quatre fois supérieur à la moyenne de l'Afrique sub-saharienne (1,6 %) n'a pas manqué de relever le président ivoirien pour qui « ces résultats encourageants sont le fruit des politiques économiques cohérentes ».

Selon les données détaillées par le ministre de l'Economie et des finances du Sénégal, Amadou Ba, président du conseil des ministres des finances de l'UEMOA, le taux d'inflation dans la région a été maîtrisé aux alentours de -2% et en 2017, la croissance du PIB devrait atteindre 6,8%. De bonnes perspectives donc pour l'espace sous-régional de 90 millions d'habitants même si les pays membres doivent désormais faire face à l'amplification des risques sécuritaires qui engendrent de nouvelles dépenses budgétaires. Pour le président ivoirien, ces dépenses parfois non programmées s'inscrivent également dans le cadre de la poursuite des objectifs pour le développement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/08/2017 à 19:37 :
Mais Ouatarra n est pas compte parmis les africains de gens sans soucis d avenir pour l Afrique il est pour la destruction de l Afrique donc son oppinion ne compte en aucun cas!
a écrit le 11/04/2017 à 20:44 :
Le président Watara ne nous surprend guère. Mais qu'il sache qu'il n'est ni intellectuel ni économiste que les économistes francofones qui font des analyses et propositions pertinentes sur l'origine,la nature,la relation entre le francs CFa et le trésor français. Comme le dit un proverbe africain:"le paysan reste le seul propriétaire de son grenier"merci
Réponse de le 12/04/2017 à 7:50 :
Alassane Ouattara au delà de ses gros diplômes et autres obtenu aux USA,il a été cadre au FMI, banque mondiale, gouverneur de la banque centrale de l'Afrique de l'ouest, premier ministre de la CI,président de la république de la CI,quand il parle il sait de quoi il parle.
a écrit le 11/04/2017 à 19:48 :
Il a fini de verser le sang des ivoirien maintenant c'est le CFA qu'il soutient maintenant, il paye les burkinabé avec l'argent ivoirien sa sufi pas?
a écrit le 11/04/2017 à 15:33 :
Banque Mondiale:
"Avec une croissance de 3,7 % en 2016, l’Afrique subsaharienne francophone continue à afficher les meilleures performances du continent."
Contre 4% en 2015. Et une moyenne de 4,6 % sur la période 2012-2016.
-
C’est la République Démocratique du Congo (en guerre totale), premier pays francophone du monde, qui a planté les résultats 2016. Son PIB n’a progressé que de 2,7 % en 2016, après avoir augmenté de 8,0 % en moyenne annuelle sur la période 2012-2015.
-
« Pour la troisième année consécutive, et pour la quatrième fois en cinq ans, l’Afrique subsaharienne francophone a réalisé les meilleures performances économiques du continent, selon les données fournies par le rapport Perspectives économiques mondiales, publié en janvier par la Banque mondiale. Cet ensemble de 22 pays a enregistré une croissance globale de 3,7 %, tandis que le reste de l’Afrique subsaharienne affichait un taux de 0,8 %. »
-
« En zone CFA, ensemble réunissant 13 pays francophones ainsi que la Guinée-Bissau (lusophone), le taux de croissance est demeuré à peu près inchangé, à 3,9 % (3,8 % en 2015). En Afrique de l’Ouest, les pays francophones de l’espace UEMOA ont enregistré une progression globale supérieure à 6 % pour la quatrième fois en cinq ans (6,3 %). Si la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont réalisé les meilleures performances (resp. 7,8 % et 6,6 %), la croissance a continué à être robuste dans les autres pays, notamment au Mali où elle s’est établie à 5,6 %, après avoir été de 6,0 % en 2015 et de 7,0 % en 2014. Au sein de l’UEMOA, qui compte huit pays membres (dont la Guinée-Bissau), le Bénin a été le seul pays francophone à connaître une hausse du PIB inférieure à 5 % (4,6 %). Sur l’ensemble de l’Afrique, 9 des 13 pays ayant enregistré un taux supérieur ou égal à 5 % étaient francophones, dont trois situés hors UEMOA : la Guinée (5,2 %), le Cameroun (5,6 %) et Djibouti (6,5 %, soit plus de 6 % pour la troisième année d’affilée). »
-
Et le Gabon 3,2 %.
-
l’Éthiopie 8,4 %
Tanzanie 6,9 %
Rwanda 6,0 %
Kenya 5,9 %
Angola, Afrique du Sud et Zimbabwe 0,4 %
Gambie 0,5 %
Nigéria -1,7 %
Soudan du Sud -13,1 %
Réponse de le 12/04/2017 à 6:39 :
Au regard de ces résultats devons nous donner raison à Alassane. Ouattara????
Si l'Afrique connaît une stabilité économique mais la question qui mérite d'être posé: est -ce l'Afrique peut-elle financer son propre développement????

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :