Nigéria : l'indemnisation des victimes de la guerre du Biafra ordonnée par la justice

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(Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
La Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest a condamné le Nigéria ce lundi à dédommager les victimes de la guerre du Biafra. Des centaines de plaignants avaient porté plainte en 2012. Ils viennent d’obtenir gain de cause. Détails.

Suite et fin d'une longue bataille juridique. Les centaines de victimes de mines antipersonnel qui avaient porté plainte contre le Nigéria devant la Cour de la CEDEAO en 2012, suite aux ravages des explosifs de la guerre civile du Biafra (6 juillet 1967 - 15 janvier 1970), ont obtenu gain de cause.

La Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest, principal organe judiciaire de la Communauté d'intégration ouest-africaine, a sommé ce lundi, 30 octobre, l'Etat fédéral à payer 244 millions de dollars de dommages et intérêts aux plaignants pour son « incapacité » à déminer les zones affectées par la guerre du Biafra.

Ainsi, renseigne l'Agence Ecofin, le gouvernement fédéral devra débourser 139 millions de dollars pour indemniser les victimes de la guerre et 105 millions de dollars pour aider les autorités des zones affectées à reconstruire les infrastructures endommagées notamment la construction d'écoles, de tribunaux, d'églises et de mosquées. Ce qui fait un total de 88 milliards de nairas.

Au total, onze états qui constituaient le Biafra, sont concernés par cette décision. D'après le procès-verbal, l'indemnisation sera versée à quelque 500 survivants qui ont eu à faire face au « danger inhérent causé par les explosifs qui ont été abandonnés » après la guerre.

La tension reste vive

En plus de du paiement des pénalités, le tribunal a ordonné au gouvernement fédéral nigérian, d'entamer le processus de déminage de la région sous un délai de 45 jours. Alors que cette décision de justice vient de tomber après cinquante ans « de souffrance », les mouvements armés séparatistes font toujours parler d'eux. Ils accusent le pouvoir du président Muhammadu Buhari, musulman originaire du nord, de répression violente.

Lors de la dernière célébration d'indépendance du Nigéria, fin mai, les principaux groupes indépendantistes tels que le Mouvement pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob) et le Mouvement pour la réalisation de l'Etat souverain du Biafra (Massob) ont appelé les populations du Sud et du centre du Nigéria à une journée ville morte pour commémorer la création de la République du Biafra, le 30 mai 1967. Si aujourd'hui ces groupes ont décidé de faire taire leurs armes, Ils réclament toujours la tenue d'un référendum d'autodétermination.

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