Maroc : la demande interne a stabilisé la situation économique, selon le CESE

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Au Maroc, pas moins de 120 000 emplois ont été perdus entre 2015 et 2016 dans les secteurs de l'agriculture, des forêts et de la pêche.
Au Maroc, pas moins de 120 000 emplois ont été perdus entre 2015 et 2016 dans les secteurs de l'agriculture, des forêts et de la pêche. (Crédits : Pixabay)
Stabiliser la demande intérieure, lutter contre la volatilité des revenus dans le rural, la modernisation de l’halieutique ou encore améliorer la gestion hydrique ; telles sont les principales recommandations du Conseil économique, social et environnemental au gouvernement marocain.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) marocain vient de publier son rapport annuel sur la situation générale du Royaume en 2016. Au niveau économique, le conseil a rappelé les «faibles performances» enregistrées l'année dernière, avec un ralentissement notable de la croissance du PIB, passant de 4,5% en 2015 à 1,2% en 2016. Une situation qui confirme selon le CESE, la «vulnérabilité de l'économie marocaine aux aléas climatiques».

Forte dépendance au secteur agricole

La croissance «modérée» de la valeur ajoutée non-agricole, passant de 1,8% à 2,2% entre 2015 et 2016 est un autre exemple de la dépendance de l'économie à l'agriculture. «La médiocrité» de la campagne agricole de l'année dernière a causé une perte de près de 120 000 emplois entre 2015 et 2016 dans les secteurs de l'agriculture, des forêts et de la pêche.

Une situation qui a poussé le CESE à alerter sur le «taux d'activité» de la population en âge de travailler qui s'est replié à 46,4%, avec une dégradation notable du taux d'activité des femmes qui se situe à 23,6%, dont 16,6% dans le milieu urbain. Le taux d'activité masculin, lui, arrive à plus de 70%. Le CESE a également recommandé au gouvernement «d'éviter l'érosion de la demande domestique», sachant que cette dernière a permis en partie de stabiliser la situation économique en 2016.

Maintenir la régionalisation

Le Conseil appelle ainsi à la mise en place de mécanismes de réduction de la volatilité des revenus du monde rural, via le financement de portefeuilles de projets non-agricoles en milieu rural «de nature à créer des emplois et une demande locale durant les mauvaises campagnes». Le Conseil a également évoqué l'intégration et l'optimisation de l'économie bleue, notamment en termes de diversification et R&D.

Au niveau social, le CESE a recommandé d'assurer une adéquation économique entre les zones rurales et urbaines et une territorialisation efficiente des stratégies d'inclusion sociale via la régionalisation. Une décentralisation que le Royaume mène depuis plus de 20 ans et que le Conseil appelle à étendre à l'éducation, notamment en termes de financements et de gestion. La santé devrait également subir une répartition territoriale équitable, en plus de revoir ses mécanismes de financements et sa gestion du personnel soignant.

Côté environnement, le CESE a salué les efforts gouvernementaux en termes de gestion de l'eau, de valorisation des déchets ménagers et en énergies renouvelables. Il n'empêche que le Conseil rappelle à l'Exécutif «la nécessité» d'accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour le développement durable, de renforcer les efforts en matière de gestion des ressources hydriques et à considérer les risques climatiques dans la planification urbaine.

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