Ces deux pays africains sont les seuls à prendre position sur la Catalogne

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Des manifestants en faveur de l'intégrité territoriale espagnole qui répondent aux manifestations des séparatistes catalans
Des manifestants en faveur de l'intégrité territoriale espagnole qui répondent aux manifestations des séparatistes catalans (Crédits : Reuters)
C’est une actualité que les gouvernements africains suivent de loin, sans commentaire. Loin des rives du Continent, la volonté de la Catalogne de faire sécession de l’Etat central espagnol suscite peu de réactions outre-méditerranée. Mais deux pays africains ont clairement pris position dans la crise ouverte entre Madrid et la région catalane qui souhaite s’émanciper. Voici ces pays et des pistes sur leurs motivations

Même avec la mondialisation de l'information, les gouvernements africains, si prompts à émettre des communiqués de soutien à des partenaires, ont cultivé un mutisme diplomatique sur la crise en Catalogne. Et pourtant, en Afrique, la volonté de cette région de devenir une communauté autonome de l'Etat central, a suscité des reactions et des prises de positions assez inattendues pour certaines.

Au-delà du bon voisinage

Dans le voisinage immédiat de l'Espagne, le Maroc a été le premier pays africain à réagir à cette indépendance réclamée à Madrid par la Catalogne via l'oragnisation, le  1er octobre dernier, d'un référendum d'autodétermination largement approuvé mais jugé illégal par le pouvoir central. Dans une rhétorique assez acerbe, le royaume nord-africain a dénoncé le caractère unilatéral de la décision de la Catalogne et apporté son soutien à l'Espagne.

Dans un communiqué daté du 11 octobre, le Maroc, «rejette le processus unilatéral d'indépendance de la Catalogne, et exprime son attachement à la souveraineté, à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale» de l'Espagne. « Le processus unilatéral, annoncé hier, irresponsable et non viable, est porteur d'instabilité et de division non seulement en Espagne, mais dans tout son voisinage européen », ajoute le texte. Au-delà des relations de bon voisinage ce partenaire économique important à qui il apporte son soutien, Rabat reprend ici un dogme de sa diplomatie internationale.

En janvier dernier, le Maroc a réintégré l'Union africaine (UA) qu'elle avait quitté en novembre 1984 après l'admission de la pseudo « République arabe sahraouie démocratique » (RASD). Une entité autoproclamée par le mouvement séparatiste du Polisario et non reconnue par l'ONU. Difficile donc d'imaginer que le Maroc adopte une autre ligne que le soutien à l'« intégrité territoriale de l'Espagne ».

Le communiqué surprenant du chantre de la diplomatie du consensus

Pour d'autres raisons mais dans la même ligne, le Botswana s'est fendu d'un surprenant communiqué de condamnation de l'auto proclamation de l'indépendance de la Catalogne -entre temps suspendue pour négociations-. Dans son communiqué, Gaborone « regrette la signature illégale d'une déclaration d'indépendance unilatérale par la région espagnole de Catalogne ».

« Conformément aux principes du droit international, la déclaration d'indépendance de toute section d'une société donnée devrait être obtenue par un règlement négocié. C'est pourquoi le Botswana ne reconnaît pas le Kosovo. En tant que pays soucieux de l'unité, le Botswana ne reconnaîtra donc aucun pays qui a atteint ou accédé à l'indépendance par une déclaration unilatérale »

Autrefois baptisé Protectorat du Bechuanaland de la Grande-Bretagne, le Botswana est détaché de l'Union de l'Afrique du Sud en 1964 lorsqu'après négociations et un processus démocratique, l'ex-puissance colonisatrice reconnaît son gouvernement autonome. Il devient véritablement un pays indépendant avec les premières élections de septembre 1966, avec l'élection Seretse Khama, l'artisan de l'indépendance du pays. Depuis, le pays prône la diplomatie du consensus et du pacifisme.

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